Hérault : Serrage de boulons partout pour 2022

Publié le 25 janvier 2022

Kléber Mesquida : "Lors de l’épisode de gel d’avril dernier, nous avons apporté une aide de 5 M€ aux agriculteurs impactés par le gel, soit un montant égal à celui apporté par la Région qui réunit pourtant 13 départements." © CD34

Le 13 janvier, le président du Département, Kléber Mesquida, a présenté ses vœux à la presse. Si le budget 2022 sera contraint, la collectivité s’engage à continuer d’investir dans les équipements publics et à soutenir l’agriculture.

Sans surprise, le budget du Département a été fortement impacté par la crise Covid. Selon la Cour régionale des comptes, la crise sanitaire a eu un impact de 140 millions d’euros (M€) sur le budget départemental de 2020, du fait d’une augmentation des dépenses et d’une perte de recettes. Entre les dépenses sur le plan social, notamment avec l’augmentation des bénéficiaires du RSA (impact de 28 M€) en raison des difficultés rencontrées par de nombreuses activités économiques, les aides pour l’achat de masques et de gel hydroalcoolique, ainsi que le soutien direct apporté aux entreprises et filières agricoles, la capacité d’autofinancement du Département a fondu comme neige au soleil dans le budget 2021.

"Nous avons été amenés à ne plus rien faire en matière de travaux pour les établissements scolaires, les routes, et à ne plus pouvoir donner de subventions aux communes. Alors, pour pouvoir continuer à investir, il nous a fallu emprunter. Nous avons donc fait un emprunt de 175 M€ sur le budget 2021, car les communes ne peuvent engager de travaux sans l’aide financière du Département, et on s’exposait au risque que les entreprises licencient et que les salariés viennent gonfler les rangs des bénéficiaires du RSA. 175 M€, c’est un fort montant, mais que nous assumons", justifie le président, Kléber Mesquida.

Si la situation économique ne s’est pas arrangée pour autant en 2021, et que les dépenses sociales n’iront sans doute pas à la baisse, cette année a cependant réservé une "bonne surprise dans les recettes, grâce aux droits de mutation dans l’immobilier ancien", dit-il. Ainsi, les 140 M€ perdus en 2020 ont été en grande partie récupérés grâce à ces droits, "mais ceci est conjoncturel et pas structurel", ajoute-t-il. Sans compter que l’État a décidé de faire des péréquations sur ces droits de mutation afin d’en redistribuer une partie aux Départements qui n’ont pas autant de recettes. "Dans cette péréquation, l’État va nous ponctionner 20 M€. C’est une double punition : on nous prive d’une partie des recettes de l’impôt alors que nos charges augmentent", s’énerve le président. Conséquence : le budget primitif 2022 va être des plus contraints, imposant au président de "serrer les boulons partout. Je serai sévère sur tous les engagements, car il nous faut être en plus rigoureux". Toutefois, le Département s’engage à continuer à investir dans les équipements publics et autres projets qu’il soutient.

Priorité à la solidarité et à l’écologie

Parmi les projets du mandat, dans le cadre du plan ‘France Très Haut Débit’, le plan ‘Hérault numérique‘ a permis le raccordement de 140 000 prises sur les 230 000 des 286 communes concernées, soit un investissement de 384 M€, dont 33 M€ pris en charge par le Département, la Région et l’État. La solidarité passera aussi par un programme numérique éducatif à destination des collégiens, des soutiens pour les jeunes en situation de précarité (contrat d’accompagnement personnalisé CAP’J 34)...

Et parce que la solidarité passe par l’accès au bien manger, le Département accompagne la fourniture de produits bio et labellisés dans les cantines qu’il gère. "On est aujourd’hui à près de 60 % de produits bio, labellisés et de proximité. Notre objectif est d’atteindre les 100 % d’ici la fin du mandat. C’est de la sorte que nous favoriserons l’agriculture locale, et que nous accompagnerons les agriculteurs dans des pratiques durables pour produire des aliments toujours plus sains", défend Kléber Mesquida. Autre objectif : améliorer la santé publique. Autrement dit, exit les produits ultra-transformés, cap sur les produits biologiques, locaux et labellisés (Appellation d’origine contrôlée, Appellation d’origine protégée, Indication géographique protégée et Label Rouge). 

L’autre ambition du Département est, dans ce cadre-là, de poursuivre les actions éducatives pour changer les habitudes alimentaires des nouvelles générations (consommer de saison, respecter ses besoins nutritionnels, cuisiner). Il s’agit également de mettre fin au gaspillage alimentaire. D’ores et déjà, entre 2015 et 2020, celui-ci a été réduit de 30 % dans les cantines du Département, "et le travail continue", affirme Kléber Mesquida. L’idée est aussi de continuer à proposer des menus végétariens équilibrés. Enfin, au travers de cette démarche, le Département cherche à réduire le coût environnemental d’un repas, qui a déjà baissé de 35 % entre 2015 et 2020.

Soutien à l’agriculture et à sa résilience

Outre sa politique de préservation des espaces naturels sensibles, pour laquelle le Département a déjà préempté 8 600 hectares, "nous allons continuer à faire de la préemption pour former de grands îlots que l’on mettra à la disposition des agriculteurs et des éleveurs". Ainsi, que ce soit dans les épisodes de sécheresse, de grêle ou de gel, le Département a systématiquement débloqué des fonds pour venir en aide aux agriculteurs. "Lors de l’épisode de gel d’avril dernier, et bien que nous étions dans une période où le budget était déjà restreint, nous avons apporté une aide de 5 M€ aux agriculteurs impactés par le gel, soit un montant égal à celui apporté par la Région qui réunit pourtant 13 départements", rappelle-t-il.

À plus long terme, le Département apporte aussi des financements pour soutenir les agriculteurs dans de nouvelles pratiques face au changement climatique. Ainsi, il y a déjà 6 ans, la collectivité a accompagné les agriculteurs dans la mise en place de la confusion sexuelle. "De 200 ha souscrits au début, et aidés durant 3 ans, nous sommes aujourd’hui à 14 000 ha", indique-t-il.

Mais le "gros morceau" dans l’adaptation de l’agriculture au dérèglement climatique est incontestablement son plan ‘Hérault irrigation’, doté de 310 M€. Son objectif ? Irriguer près de 8 000 ha de vignes, grâce aux travaux de BRL, soutenus par le Département, tout en préservant la ressource, et en innovant avec la plantation de cépages résistants moins gourmands en eau et en produits phytosanitaires, afin de faire des économies d’eau et engendrer moins de pollution des nappes phréatiques. Autre piste : épandre du fumier pour conserver l’humidité du sol et réduire l’arrosage... 

Dans le cadre de ce plan, quand les terres ne pourront pas être raccordées aux canalisations de BRL, car cela serait trop cher, ou trop loin des points de raccordement, ou trop difficile sur le plan technique, le Département envisage la création de 9 retenues hivernales. "Ces retenues sont très attendues par la profession viticole, pour irriguer les vignes en été. C’est capital, car la viticulture est le deuxième revenu économique du département. Mais avant de se lancer, il faut regarder en aval si celle-ci en a l’utilité. Par ailleurs, il faudra trouver ou créer des ASA (association syndicale autorisée), qui soient intéressées par la gestion de ces retenues. Nous en sommes donc encore au stade de l’étude", conclut-il. Enfin, toujours dans ce plan d’irrigation, de nouvelles pistes sont étudiées telles que le projet pilote de recyclage des eaux usées expérimenté par Hérault Ingénierie et l’entreprise Écofialie, à Saint-Jean-de-Cornies. 

Florence Guilhem


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