Hérault : Des milliers d’hectares brûlés et un recensement en cours

Publié le 09 juillet 2019

Pierre Pouëssel est venu constater les dégâts dans les vignes de la cave coopérative Terroirs de la Voie Domitienne, en présence de Boris Calmette, de Jérôme Despey, président de la Chambre d’agriculture de l’Hérault et de plusieurs élus.

Lundi 1er juillet, c’était l’effervescence dans le département. Après une réunion de la cellule de crise climatique le matin, Jérôme Despey, président de la Chambre d’agriculture de l’Hérault, avait donné rendez-vous au préfet et aux élus dans les vignes littéralement grillées par le coup de chaleur du 28 juin.

Les baies sont noires et les feuilles séchées alentours, c’est ce spectacle, que le préfet de l’Hérault, Pierre Pouëssel, les services de la DDTM et quelques élus étaient venus constater ce lundi 1er juillet, à l’invitation de Jérôme Despey, le président de la Chambre d’agriculture du département. C’est d’abord dans les vignes de la cave coopérative Terroirs de la Voie Domitienne, à Cournonsec, que Boris Calmette son président, entouré de Jérôme Despey, des représentants de toutes les OPA et des élus du département : la députée Patricia Miralles et le sénateur Henri Cabanel, ont constaté les dégâts et demandé de l’aide aux services de l’Etat. La cellule de crise avait dès le matin mis en place un recensement des dégâts sur internet et activé un numéro d’appel d’urgence : 04 67 20 88 17.

Si les dégâts en vignes sont fortement ciblés sur l’Est du département avec un épicentre autour du Vidourle, Luc Cauquil, directeur des Vignerons indépendants de l’Hérault rapportait que des cas de grillures étaient aussi recensés dans le Saint Chinianais ou encore le Faugérois. Ils concernent aussi d’autres filières agricoles comme l’horticulture, l’arboriculture, le maraîchage, les grandes cultures et l’élevage. Ces filières sont en cours d’expertise par les services de la Chambre d’agriculture.

Des dégâts sur un tiers du vignoble

“Je n’ai jamais vu ça”, a déclaré Jérôme Despey dans les vignes du domaine Mujolan, où 20 à 40 % du vignoble est impacté. “Plus d’un tiers du département a subi des dégâts allant de 10 à 100 % selon les endroits. La viticulture n’est pas la seule touchée, les cultures spécialisées le sont aussi, comme l’arboriculture, le maraîchage et l’horticulture. Ainsi, les pommiers sont frappés par cette canicule, les abricotiers, les melons, l’élevage, l’apiculture, et deux exploitations de volailles sont également recensées dans le département.” En viticulture, fortement touchée, “nous ne sommes pas habitués à de telles conditions. Les cépages ancestraux, comme le carignan, n’ont pas résisté, et nous avons noté une fragilité des baies en formation, et une fragilité du développement au niveau de la vigne”, a ajouté Jérôme Despey. Parmi les dispositions, il a martelé qu’il était important d’être aux côtés des agriculteurs. “Pour certains, c’est une suite d’aléas. Après le gel, la grêle, la sécheresse, ils n’ont pas été épargnés. Il faut que l’on comprenne par les éléments de la recherche comment on peut évoluer et voir ce qui s’est réellement passé notamment là où les vignes ont eu des capacités de résistance avec l’irrigation. La gestion de l’eau est ici primordiale, car nous devons protéger nos potentiels de production.” A un mois et demi des vendanges, il estime qu’il faut mobiliser les différents outils, car “nous savons déjà que nous allons avoir des pertes de fonds”. “Il va falloir gérer l’urgence, le court terme. Il y a aussi la question de la moyenne olympique... Car, quand on aligne les sinistres, cette moyenne olympique va être un désastre pour les viticulteurs”, a déclaré de son côté, Boris Calmette. Sophie Noguès, présidente de la FDSEA 34 a demandé l’exonération de taxe sur le foncier non bâti, l’allègement des charges, une année blanche auprès des établissements de crédit, l’utilisation du fonds de solidarité du Conseil départemental et le déclenchement de l’exonération de cotisation MSA. “Nous devons accompagner les agriculteurs jusqu’à la récolte”, a indiqué Camille Banton, présidente des Jeunes agriculteurs. “Les cinq dernières années ont enregistré de petites récoltes. Nous avons aussi soulevé le sujet de l’irrigation pour limiter les dégâts.”

Anne-Solveig Aschehoug


A Villeveyrac, les melons ont littéralement grillé et sont non commercialisables.

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