Hérault : De la grêle après la chaleur

Publié le 16 juillet 2019

Jérôme Despey a décrit à Didier Guillaume l'ampleur des dégâts engendrés par la combinaison chaleur-grêle.

Didier Guillaume est également venu dans l’Hérault à la rencontre de Robert Cecchetti, producteur de pommes sur une exploitation de 70 ha, à Mudaison. Entre la chaleur extrême du 28 juin et le passage de grêle du 2 juillet, il estime avoir perdu plus de la moitié de sa récolte, qui doit démarrer dans moins d’un mois.

Avec des températures avoisinant 46°C le 28 juin pour une très faible hygrométrie, Robert Cecchetti, producteur de pommes à Mudaison, décrit un épisode “totalement inédit, jamais vu”. Comme si cela ne suffisait pas, la grêle est venue trois jours plus tard toucher certaines parcelles ne disposant pas de filets pare-grêle. “On approche 50 % à 60 % de pertes, avec la façade des arbres côté soleil couchant qui est totalement brûlée et les fruits situés sur l’autre face touchés par la grêle, tombée avec un vent inverse. Nous avons de plus du mal à estimer les dégâts, car sur les fruits qui paraissent intacts, lorsqu’on coupe, on trouve la chair brûlée à l’intérieur, comme si les pommes avaient cuit sur l’arbre”, détaille Robert Cecchetti.

Assuré pour le risque de grêle, mais pas pour la canicule, le producteur de Mudaison ne disposera pas de la trésorerie nécessaire au financement du prochain cycle d’exploitation, suite à la récolte qui doit démarrer sous un mois. “Tous nos frais d’exploitation sont engagés à l’exception des frais de cueillette. Mais il faudra malgré tout récolter, on ne peut laisser ces fruits sur l’arbre. Avec une perte de chiffre d’affaires de 50 % à 60 %, impossible de financer le nouveau cycle de production”, déplore-t-il. Sur ce secteur de l’Est de Montpellier, c’est une quarantaine de producteurs maraîchers, arboriculteurs et bien sûr viticulteurs qui ont été touchés à des degrés divers.

Le système assurantiel en question

Robert Cecchetti estime que la possible réitération d’un phénomène de canicule aussi intense n’entraîne que deux possibilités : “Soit il nous faut revoir complètement nos modes de production, soit nous devons disposer d’un système d’assurances qui reste abordable pour les exploitants et qui couvre le chiffre d’affaires en cas d’aléa de ce type.”

Le président de la chambre d’agriculture de l’Hérault, Jérôme Despey, en a profité pour détailler au ministre l’intensité des chaleurs enregistrées sur le département. “Une cellule d’urgence a été mise en place. Nous en sommes à 10 000 ha impactés à des degrés divers, 600 exploitations, à 90 % en viticulture. Le dispositif assurantiel est inadapté, avec des franchises à 25 %. Une remise à plat des assurances est indispensable. On ne peut pas laisser l’agriculture sans protection”, a martelé Jérôme Despey lors de son intervention.

Didier Guillaume entend profiter des négociations autour de la nouvelle Pac pour y intégrer le volet assurantiel, “mais il faudra conditionner les aides aux systèmes de prévention installés par les agriculteurs”, prévient-il. “Je veux être le ministre qui proposera un nouveau système de prévention et de réparation lié aux aléas”, a-t-il terminé.

Olivier Bazalge


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