Hérault : Cave coopérative d’Olonzac : une année de transition à tous les niveaux

Publié le 21 septembre 2020

Denis Carretier, président de la cave d’Olonzac, a rendu un hommage appuyé à Cyr Gaudry, président durant 15 ans de la cave de Pomérols. Il a été le premier à appliquer la confusion sexuelle dans les vignes (photo : Conseil départemental 34)

Poursuivant la tournée des caves, le président du Conseil départemental de l’Hérault, Kléber Mesquida, s’est rendu aux Celliers d’Onairac, à Olonzac. L’occasion pour le président de la cave coopérative, Denis Carretier, de faire le point sur les dernières évolutions de la cave viticole et sa stratégie future.

Cette année, la cave coopérative aurait dû fêter ses 100 ans d’existence. Covid-19 oblige, les festivités sont donc reportées en 2021. Si la cave coopérative, comme toutes les autres caves viticoles du département d’ailleurs, a été quelque peu bousculée par la pandémie durant les mois de mars et d’avril, elle a connu une petite "révolution" en mai, quand elle a voté son adhésion probatoire à la cave de l’Ormarine, située à Pinet. Une adhésion effective depuis août dernier, et qui engage la totalité des volumes produits.

"Il ne s’agit pas d’une fusion. L’objectif, c’est d’être gagnant-gagnant. Grâce à cette adhésion, nous allons gagner en technicité tant en cave de vinification qu’au vignoble. Par ailleurs, nous aurons accès à la mise en bouteille, car l’Ormarine a une SAS de conditionnement. On pourra donc bâtir une politique commerciale avec des volumes conditionnés, et pas uniquement en vrac, comme ce que nous faisons depuis toujours. Enfin, cette adhésion va nous permettre de conforter des contrats annuels qui sont prévendus", détaille Denis Carretier, président de la cave coopérative d’Olonzac depuis 2000.  De son côté, la cave d’Olonzac, avec ses 80 adhérents, peut apporter à l’Ormarine une production annuelle bon an mal an autour de 90 000 hl
(2/3 de la production en Pays d’Oc IGP, et 5 % en AOP Languedoc et Minervois), des vendanges plus étirées dans le temps, ainsi que des cépages et des liens avec la grande distribution qui manquent à l’Ormarine.  Un mouvement qui s’inscrit aussi dans une transition par rapport à la répartition des couleurs de vin, en droite ligne des attentes du marché. Jusqu’ici, la cave coopérative d’Olonzac produisait 15 % de blanc, 30 % de rosé et 45 % de rouge. À partir de cette campagne, la répartition va quelque peu évoluer : 20 % de blanc, 40 à 45 % de rosé et le reste en rouge. Le volontariat et la recherche de synergie de la cave d’Olonzac a été saluée par le président du Département, Kléber Mesquida. "Olonzac est toujours en mouvement", a-t-il commenté.

Portage foncier et plantation d’arbres

En mouvement, ainsi se veut la coopérative sur la question du renouvellement des générations. Elle a signé une convention avec la Safer pour permettre à quatre porteurs de projet de s’installer, sans avancer un centime durant trois ans. Et le président de la cave de saluer, au passage, la participation du Département, partie prenante dans cette convention, en prenant à sa charge 50 % des frais financiers, impôts fonciers, taxes et frais de gestion de la Safer. "Ces portages fonciers permettent de mettre le pied à l’étrier à ceux qui veulent s’installer, mais qui n’ont pas les moyens de le faire. C’est important de les aider. En plus, cela permet d’avoir du sang neuf qui arrive à la coopérative et d’en sécuriser ses apports. Là encore, on est sur du gagnant-gagnant. Mais il faut bien sécuriser la garantie de bonnes fins avant de signer quoi que ce soit", met en garde Denis Carretier.

En mouvement l’est encore la cave, qui a proposé au Département de participer à son plan "10 000 arbres par an". "Le Département serait-il prêt à accompagner des agriculteurs qui planteraient des arbres en bordure des vignes ?", a demandé le président de la cave au président du Département. Point d’objection de la part de ce dernier. Des arbres pourront donc être livrés gratuitement, mais à condition que les demandes émanent de la commune et non de particuliers. Le Département sera tout autant aux côtés des agriculteurs, puisqu’il s’est engagé à accompagner les plurisinistrés de ces trois dernières années. Dernier geste d’accompagnement à la filière : l’aide de 700 000 €, qui sera votée en septembre pour distiller les hectolitres non vendus. 

Florence Guilhem