Héraclès : la cave high-tech a trouvé sa voie

Publié le 21 septembre 2018

230 cuves pour une capacité de 130 000 hl (70 000 hl en production), 80 000 m3 de terrassement sur 8 ha de bassin, 1 600 m3 de béton, 370 t de charpente métallique, 14 km de tuyauterie de froid… Au total, pas moins de huit cabinets d'ingénierie ont p

Le 30 novembre dernier, en présence de Carole Delga et de Gérard Bertrand, la première cuve de la cave d'Héraclès était posée. Le 29 août 2018, les 229 autres et tout le site de cet outil "4.0", fer de lance de la viticulture bio gardoise, étaient présentés au regard admiratif de la centaine d'invités. A ce stade, 20 000 hl de blanc étaient déjà rentrés. Levée de rideau sur un projet à l'ambition extra-départementale.

La cave coopérative de demain est déjà opérationnelle aujourd'hui. Comme promis, la cave d'Héraclès, version 4.0, est sortie de terre en moins d'un an. Une prouesse technique autant qu'une course contre la montre, pour être opérationnelle dès les vendanges 2018. Inaugurée en grande pompe sur le site de Codognan, la "première cave vinicole bio de France" a attiré du monde, et attisé les curiosités, des élus locaux aux préfets, en comptant les acteurs de la production et du négoce. Avec son nouveau chai flambant neuf, "innovant et écologique", cet outil est la fierté des 68 coopérateurs du Vignoble d'Héraclès, et de tous les partenaires liés de près et de loin à ce projet pharaonique, qui trône sur un terrain de 8 ha, pour une superficie au sol de 7 000 m2.

Un site innovant, "temple" du bio

D'une capacité de 130 000 hl, pour une production de 70 000 hl, la cave nouvelle génération s'affiche comme le "Temple du vin bio". Un projet "ambitieux, un peu fou", comme l'a qualifié Denis Bouad dans son discours. Le président du Conseil départemental du Gard a salué, comme l'ensemble des partenaires invités, "l'intégration de cet outil" au décor et au territoire du second département bio de France. Et quel dispositif ! Présenté en préambule comme "l'un des sept outils innovants du Gard" par le maire de Codognan, Philippe Gras, Héraclès a bénéficié d'un alignement des planètes plutôt favorable à sa sortie de terre, en un temps record. "On a obtenu le permis de construire en juillet 2017, pour les vendanges en août 2018", s'est félicité le président de la cave, Jean-Fred Coste. Mais le projet titanesque était dans les tuyaux depuis plusieurs années. Avec l'arrivée du "fabuleux" directeur Jean-Luc Andrieu, applaudi par l'assistance, et la progression constante du marché des vins bio depuis une petite dizaine d'années, ce "temple" dédié au vin bio – la production en AB s'élève à 80 %, alors qu'elle était de 20 % en 2007 – a bénéficié de plusieurs atouts, a rappelé Jean-Fred Coste. D'une "bonne santé de la viticulture bio" d'abord, soutenue et encouragée par les voisins de la source Perrier (propriété de Nestlé Waters, aujourd'hui partenaires de la cave), qui ont permis au site de s'installer sur3,5 ha de terrain, et d'avoir trouvé un cabinet d'étude adéquat, le cabinet Elan.

Un financement multipartite

Ce mercredi 29 août, déjà "presque tous les blancs" sont rentrés, et les premières syrahs remplissent les conquets et les égouttoirs dernier cri de chez Pera Pellenc, suivies par les pinots. "On a déjà rentré 20 000 hl de chardonnay, sauvignon, syrah, et là on démarre les rouges", commente le président des Vignerons d'Héraclès. 850 ha de vignes vont donc être vendangés et transiter par le caveau. Pas moins de 15,5 M€ ont été investis dans cette cave d'envergure. Des moyens conséquents ont ainsi été mobilisés par les différents partenaires et soutiens financiers. La cave même a autofinancé le projet à hauteur de 3 M€ (dont 2 M€ de valorisation de site) et emprunté 7 M€. Soutenant ce "projet porteur dès 2014", par le financement de l'étude de faisabilité, la région Occitanie a débloqué 841 000 € de subventions et d'avance de trésorerie, a rappelé Jean-Louis Cazaubon, vice-président, représentant la présidente Carole Delga. Considéré comme un "outil exemplaire, un bâtiment rationnel, économe en énergie (…) dans l'esprit des Egalim" par le préfet Didier Lauga, accompagné par le préfet de région Pascal Mailhos, la cave d'Héraclès a bénéficié d'un engagement de l'Etat de 3,3 M€, via le fonds géré par FranceAgriMer. Une promesse d'engagement, relève Jean-Fred Coste, car pour l'instant, 1,6 M€ ont été avancés. De son côté, l'Agence Bio a déjà investi 300 000 €, sur les 500 000 € prévus. Un soutien motivé par l'adéquation du projet avec le Plan Ambition bio 2022, comme l'a souligné son directeur, Florent Guhl. "D'ici 2019, au moins 10 % des agriculteurs seront en bio." La Communauté de communes Rhône-Vistre-Vidourle a également mis 90 000 € sur la table.

 Philippe Douteau


Les invités, partenaires et collectivités ont tous salué l'envergure et l'ambition du projet. Sébastien Pons (président de la fédération du Gard de Groupama Méditerranée), Jacques Gravegeal (président du syndicat IGP Pays d'Oc), Pascal Augier (direc

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