Héraclès et Gérard Bertrand : rendez-vous dans dix ans

Publié le 17 septembre 2019

La cave d'Héraclès a accueilli Gérard Bertrand, pour valider le partenariat décennal, qui lie le négociant et la première cave coopérative bio de France.

Pour entériner leur collaboration, le caveau d'Héraclès et Gérard Bertrand ont signé un partenariat sur dix ans, destiné à produire et commercialiser une majorité de vins bio, voire sans sulfites, issus de la plus grande coopérative bio de France.

Ils comptent viser "l'excellence". Rien de moins. Le 6 septembre, pour sceller leur dizaine d'années de relations "vendeur/acheteur", la cave d'Héraclès et les vins Gérard Bertrand se sont engagés dans un partenariat "en faveur de la biodiversité". D'un côté, les équipements neufs de la nouvelle structure de Codognan, première coopérative bio de France, et de l'autre, la force de frappe du négociant, vont contractualiser des volumes pour les dix ans à venir. 

Biodiversité, biodynamie et exemplarité

En mutualisant leurs compétences et leurs moyens respectifs, à la vigne comme au chai, les deux partenaires veulent illustrer les efforts mis en œuvre en Occitanie pour garantir l'état des sols, des cours d'eau, et tout ce qui a trait à la préservation de la biodiversité. "Il fallait aller encore plus loin" dans les pratiques de deux parties, pour Gérard Bertrand qui estime que "la viticulture doit être exemplaire". Tournés vers le bio "depuis 25 ans", les vignerons de la cave d'Héraclès sont des "pionniers", fait valoir Jean-Fred Coste, président de la nouvelle cave, devenue un modèle de site connecté, depuis sa sortie de terre en août 2018. En associant les expertises techniques des deux structures, Héraclès et les vins Gérard Bertrand convoitent une filière vin penchant vers "la naturalité". Pariant sur le virage d'une réduction massive de l'usage des intrants par les conventionnels, le négociant, à la tête de 15 châteaux et domaines en biodynamie (920 ha), voit ce partenariat comme un "vecteur de changement".

70 % des volumes d'ici deux ans

Engagé dans les vins sans sulfites en 2011, et dans l'accompagnement des vignerons en conversion, via le label Cab de Sudvinbio, qui couvre déjà 7 000 ha convertis en 2018, Gérard Bertrand salue la "prouesse". Les vins vegan (sans intrants d'origine animale) et BeeFriendly (label protégeant les abeilles et les pollinisateurs) sont aussi inclus dans la démarche. Le cahier des charges se base sur quatre axes techniques : un transfert d'expertise sur la conduite des vignes, un accompagnement lors des vendanges, un suivi des vinifications pour "se concentrer sur des vins Premium", et un partenariat économique.

Le contrat engage les partenaires quant aux volumes et prévoit des "primes qualitatives", présente le négociant languedocien. Les 50 000 hl seraient rapidement atteints selon Gérard Bertrand. "En cas de belle récolte", le potentiel pourrait atteindre les 90 000 hl, indique Jean-Fred Coste, qui prévoit "70 % des volumes contractualisés d'ici deux ans".

A ce jour, plus de 20 000 hl étaient fournis par Héraclès au négociant. Grâce à la récente fusion de la cave avec la coopérative de Lédenon, Héraclès compte 150 ha supplémentaires, portant à 1 000 ha la superficie totale. 

Pour garantir des vins de qualité "d'une année sur l'autre", Gérard Bertrand s'engage à "respecter les mercuriales". Jean-Fred Coste accueille cette contractualisation comme "une sécurité pour nous" à un prix référencé, s'appuyant sur la force du partenariat, même en cas d'une hypothétique demande à la baisse en bio, malgré une production constante.

Trois gammes communes

D'après les perspectives présentées par Gérard Bertrand*, la consommation de vins bio par les ménages français évolue et augmente (de 249 M€ en 2007 à 959 M€ en 2017) et les projections mondiales tablent sur 87,5 millions de caisses (de 12 bouteilles) en 2022, dont 68 millions consommées en Europe. D'où l'intérêt, pour le propriétaire, de se positionner en misant sur la conversion.

En IGP ou AOP, bio, vegan, sans sulfites ou Cab, les cuvées Autrement, Naturae et Change (issue de vignes en conversion) sont destinées au marché français et à l'export.  Avec une dominante de blancs (40 %), les rosés et les rouges se partageant les 60 % restants, la production de la cave d'Héraclès en bio (56 000 hl, sur 70 000 hl en production, en 2018), sera commercialisée par Gérard Bertrand, qui prévoit, pour ses surfaces, "50 % de bio d'ici 2023".

Philippe Douteau

* Source : Agence bio / ANDi, Agreste recensement agricole, 2018.


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