Groupama Méditerranée : Le risque à rééquilibrer

Publié le 26 mars 2019

Le président de Groupama Méditerranée Jean-Pierre Constant, entouré des présidents des fédérations départementales et d'élus, réunis sur le stand du groupe, au salon de l'agriculture, le 26 février.

A l'occasion du Salon international de l'agriculture, qui se tenait Porte de Versailles à Paris, du 23 février au 3 mars, Groupama était présent au hall 4 des services et métiers de l'agriculture du parc des expositions. C'était l'occasion d'évoquer l'année 2018 fortement sinistrée en région et les démarches engagées du groupe, avec le président et le directeur général de Groupama Méditerranée.

Indéniablement, l'année 2018 a été celle de la sinistralité climatique. Face à une fréquence accrue des aléas en région (grêle, sécheresse, inondations), au final, concernant les contrats multirisques sur dix ans, le groupe subit plus de sinistres qu'il n'enregistre de cotisations. C’est ce qu’a indiqué Michel Penet, directeur général de Groupama Méditerranée, lors des assemblées générales des fédérations départementales, en février, évaluant les cotisations à 18 M€, pour 20 M€ de sinistres, en 2018. La sécheresse sur bâti, un sinistre "compliqué pour nous à prévoir", doit découler d'un décret de la commune pour faire enclencher l'état de catastrophe naturelle par la préfecture. Une procédure assez longue, qui a coûté 50 M€ à l'assureur, sur les deux années écoulées. Entre la grêle sur vignes et grandes cultures, et les inondations qui ont saccagé une partie des exploitations dans l'Aude (75 M€, pour plus de 3 000 sinistres), les conséquences des sinistres climatiques pèsent lourd, en dommages et en indemnisations. Mais des partenariats et des nouveaux outils sont mis en œuvre pour palier ces creux.

Un accord cadre signé avec les VIF

Le 5 février, en conférence de presse, le vice-président de Groupama, François Schmitt, avançait le chiffre "d'un peu plus de 30 %" des surfaces en grandes cultures et en viticulture, qui seraient couvertes par l'assurance multirisques climatiques.

En région, à savoir la zone Méditerranée, Drôme et Ardèche, Groupama Méditerranée observe une progression des surfaces couvertes par l'assurance multirisques climatiques, "de 5 à 7 %", indique Michel Penet. La région compte, certes, peu de grandes cultures, hormis dans le Lauragais, et un peu d'arboriculture, et les parcelles (surtout de vignes) sont assez éclatées, parsemées. Tout de même, "les capitaux assurés augmentent un peu", se satisfait le directeur régional. Le président de Groupama Méditerranée Jean-Pierre Constant reconnaît "la difficulté, pour ce type de contrats, de s'adapter". De la grêle, du gel, "à quasiment tout ce qui peut arriver dans une année", l'assureur se donne pour mission "d'équilibrer le risque". Et de rappeler que le groupe demeurait "le seul assureur historique à construire un contrat grêle/gel", déclare Jean-Pierre Constant.

Accompagner les exploitations

Dans son élan impulsé pour 2019 aux côtés des sociétaires, et notamment des agriculteurs, Groupama a signé un accord cadre au plan national avec les Vignerons indépendants de France. Un contrat d'assurance crédit et caution qui se déclinera à l'échelle des fédérations départementales, au sein desquelles des contrats-filières pourront couvrir l'ensemble des risques des exploitations viticoles. Lesdits contrats seront adaptés à la taille de l'entreprise, couvriront les transactions avec la clientèle, et permettront de sécuriser et pérenniser le revenu et les ressour-ces du viticulteur.

Dans un même souci "d'accompagnement de l'exploitation", tel que défendu par Michel Penet, la nouvelle application d'aide à la conduite, Gari, regroupe plusieurs autres applications de veille et de gestion (données météo, gestionnaire de tâches, cotation du blé, maïs, colza). Parmi les options, des sondes fourragères connectées, de la vidéosurveillance, ainsi qu'une station météo de précision. Développée d'abord en Bretagne, et plutôt dédiée à l'élevage, la démarche de smart agriculture s’étend vers la filière viticole, appuyée par Montpellier SupAgro Fondation, que Michel Penet préside par ailleurs. Les savoirs et les outils numériques réunis et compilés par le Mas numérique, au Mas du Chapitre (à Villeneuve-lès-Maguelone), sont utiles pour "identifier les fournisseurs et les solutions intéressantes". L'application sera enrichie en solutions spécialisées et adaptées à la viticulture.

Fort de 247 agences sur la zone Méditerranée, l'assureur se félicite d'en avoir réimplanté sur des secteurs comme Lunel ou Le Grau-du-Roi, soutenus en cela par la présence et le rôle de proximité des élus sur le terrain. "En nous remontant les informations, le élus locaux assurent une dynamique de territoire", constate Jean-Pierre Constant.

Philippe Douteau


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