Gel : la cellule de crise est en place dans l'Aude

Publié le 04 mai 2021

Aux côtés de Philippe Vergnes, Thierry Bonnier présidera les réunions de la cellule de crise préfectorale pour s’assurer que les moyens exceptionnels mis en œuvre arrivent au plus tôt au bénéfice des sinistrés. © O. Bazalge

Le département de l'Aude ayant été fortement touché par l’épisode de gel du 8 avril, la cellule de crise promise par le préfet lors de ses déplacements sur le terrain a été officialisée le 22 avril. Elle se réunira à échéance régulière, dans l’objectif d’accompagner tous les agriculteurs audois sinistrés.

C’était annoncé, c’est désormais en place. La cellule de crise préfectorale, dédiée aux agriculteurs sinistrés par le gel, voulue par le préfet et les organisations professionnelles agricoles (OPA), est sur les rails depuis le 22 avril.

Présidée par le préfet Thierry Bonnier lui-même, cette première réunion a permis de  regrouper autour d’une même table (et par visio interposée), la Chambre d’agriculture de l’Aude, les représentants professionnels agricoles du département et les principaux partenaires (administrations, parlementaires, assurances, banques, collectivités...), afin d’assurer un suivi des opérations de soutien économique, de relayer les informations et de dégager des pistes d’actions coordonnées.

Cette cellule très élargie se réunira à échéance régulière (au moins une fois par mois) et veillera également à la mise en place d’un soutien psychologique, si celui-ci s’avère nécessaire. La prochaine réunion est programmée le 20 mai, toujours sous la présidence du préfet.

Celui-ci a d’ailleurs tenu à souligner la prépondérance de l’humain dans la gestion de ce type de crise et a appelé de ses vœux la mise en œuvre d’un guichet unique auquel pourraient s’adresser les sinistrés pour ne pas se perdre dans des méandres administratifs improductifs. Lui et le président de la Chambre d’agriculture de l’Aude, Philippe Vergnes, ne veulent “laisser personne sur le bord de la route en mettant l’humain au centre des préoccupations”.

Faire avancer l’accompagnement des sinistrés

Dans le département, les premiers recensements réalisés ont remonté des constatations de dégâts sur 80 % du vignoble et de la surface arboricole. En ce qui concerne le maraîchage, les grandes cultures et les cultures spécialisées, le recensement se poursuit, les dégâts n’étant pas tous visibles à ce jour. L’enquête exhaustive lancée par la Chambre d’agriculture par questionnaire auprès de tous les agriculteurs est en cours pour caractériser plus précisément les dégâts. “Nous avons déjà reçu plus de 1 300 retours, cela avance bien”, indique Marie-Hélène Forest, directrice de la Chambre d’agriculture de l’Aude. “La 1re réunion de cette cellule de crise a permis de faire un grand tour de table, où chaque acteur a pu exprimer son positionnement et ses moyens d’actions. Pour l’heure, toutes les mesures annoncées à l’occasion des visites ministérielles et préfectorales sur le terrain sont encore en attente de leur mise en œuvre progressive. Les réunions de cette cellule de crise seront ainsi le moyen privilégié de suivi et de coordination de toutes les actions et financements dont nos agriculteurs sinistrés doivent bénéficier”, développe-t-elle encore.

Pour rappel, lors de sa visite dans l’Hérault, l’Aude et les Pyrénées-Orientales le 17 avril, le Premier ministre, Jean Castex, accompagné du ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation, Julien Denormandie, a annoncé un fonds de solidarité exceptionnel mis en place pour le monde agricole et viticole et une enveloppe de 1 Md€ au niveau national.

Des mesures exceptionnelles

Ce seront les mesures d’urgence qui seront déployées prioritairement : une année blanche de cotisations, dégrèvement de taxes foncières sur le non-bâti (TFNB), mobilisation des dispositifs existants en matière d’activité partielle et de prêts garantis par l’état (PGE), et, enfin, une enveloppe d’urgence allouée aux préfets pour apporter un soutien immédiat aux exploitations les plus en difficulté. “Cette dernière annonce reste à préciser, car le préfet lui-même n’a pas encore reçu de précisions concernant cette enveloppe exceptionnelle”, précise Marie-Hélène Forest.

D’autres mesures exceptionnelles viendront également compléter ce pool d’aides d’accompagnement pour les exploitants. Les arboriculteurs seront indemnisés au titre du dispositif des calamités agricoles jusqu’à 40 % pour les pertes les plus importantes. Un soutien exceptionnel similaire sera apporté aux autres filières très touchées, mais non couvertes par ce régime de calamités agricoles, notamment les viticulteurs. La préfecture indique également que les agriculteurs assurés bénéficieront aussi du soutien de l’état, afin d’être mieux indemnisés.

Une avance forfaitaire basée sur la perte de chiffre d’affaires mensuel sera installée pour les exploitants et le fonds exceptionnel de solidarité sera ouvert aux entreprises aval des filières touchées, car elles seront impactées par l’absence de récolte à conditionner ou à transformer.

Accompagner les plus fragiles

Enfin, à plus long terme, l’enveloppe du plan de relance dédiée à l’adaptation au changement climatique sera doublée, passant de 100 à 200 millions d’euros. L’accélération des travaux de réforme de l’assurance récolte est également sur le tapis pour améliorer la couverture assurantielle des agriculteurs français.

La Région Occitanie a voté une enveloppe exceptionnelle de 5M€ et, dans sa compétence sociale, le Conseil départemental audois va consacrer 1,2 M€ aux sinistrés en grande détresse sociale. “Le Conseil départemental, la Chambre d’agriculture de l’Aude et la MSA vont travailler de concert avec des cellules d’accompagnement territorialisées. Cinq points d’accueil départementaux avec deux permanences par semaine permettront d’aider à remplir les dossiers d’aides, s’assurer que les sinistrés ne passent pas à côté de droits auxquels ils sont éligibles, et identifier d’éventuelles conséquences psychologiques. Les plus démunis sur le plan social pourront bénéficier de ce fonds exceptionnel du département pour ne pas se retrouver dans une précarité encore plus grande”, détaille enfin Marie-Hélène Forest.

Olivier Bazalge


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