GAT : le rendez-vous annuel de l’élevage dans l’Hérault

Publié le 24 septembre 2019

Cécile Arrighy, directrice de la Chambre d’agriculture de l’Hérault, Jérôme Despey, son président, et Brigitte Singla, présidente de la commission élevage à la Chambre.

Derrière ces trois lettres se cache le groupe d’actions élevage mis en place par la Chambre d’agriculture de l’Hérault. Comme chaque année, celle-ci avait donné rendez-vous aux éleveurs pour faire un point d’actualité.

Nouvelle Pac, Mercosur, Ceta, aléas climatiques, agribashing, le loup, les dégâts de sangliers… N’en jetez plus ! Entre actualité internationale et actualité locale, les sujets ne manquaient pas, à Ceilhes-et-Rocozels, le 13 septembre, lors de la réunion annuelle du groupe d’actions élevage, mis sur pied par la Chambre d’agriculture de l’Hérault. A la manœuvre : Jérôme Despey, président de la Chambre d’agriculture, avec Brigitte Singla, présidente de la commission élevage à la Chambre.

Si l’élevage ne fait pas partie des cultures dominantes du département héraultais, “il a toute sa place, car c’est la complémentarité des productions qui fait l’agriculture de notre territoire”, insiste le président. Quasiment tous les types d’élevage sont représentés, bien qu’en petites quantités, sans compter la reconnaissance d’AOP pour certains produits. Et le renouvellement des générations s’opère, bien que lentement. Ce n’est pas le moment de décourager les bonnes volontés. Or, l’épée de Damoclès sur les aides Pac pourraient peser fortement sur la conservation des élevages dans le territoire. C’est donc avec la future Pac 2020, “au mieux en 2021, vraisemblablement en 2022”, indique Jérôme Despey, que les deux élus Chambre ont ouvert le bal.

Aides à l’élevage : les inquiétudes

Et les questionnements sont nombreux autour des aides pour l’élevage, particulièrement l’admissibilité aux aides Pac des surfaces des parcours pastoraux à la suite des derniers contrôles effectués dans certaines exploitations. Si les rapports ne sont pas encore finalisés, il en ressort d’ores et déjà que le système est jugé trop favorable aux éleveurs. Le système de prorata utilisé dans le calcul des aides Pac est donc, de nouveau, sur la sellette. Véritable serpent de mer, ce sujet revient régulièrement dans l’actualité. “On sent bien dans les discussions qu’il y a une volonté de remettre en cause le système de proratisation. Il est hors de question que la subjectivité des contrôles que l’on relève amène à diminuer les aides. On se bat donc pour conserver le système de proratisation, même si la méthode est imparfaite”, indique Jérôme Despey.

Et ce combat est d’autant plus essentiel que “l’éligibilité des surfaces va de pair avec les droits de base, l’ICHN (Indemnité compensatoire des handicaps naturels) et les MAE (Mesures agroenvironnementales)”, ajoute Brigitte Singla. Les zones reconnues en ICHN ayant augmenté dans l’Hérault, la vigilance sera de mise pour que les aides suivent la même courbe. Autrement dit, il faut que le montant à l’hectare soit maintenu, ainsi que la dérogation sur le taux de chargement. Pour les MAE, c’est la Région qui a les cartes en main. Outre le fait que cette dernière attendra certainement que soit arrêtée la nouvelle Pac avant de statuer sur le sujet, “quand on voit le verdissement annoncé du second pilier de la Pac, qui peut aussi toucher le premier pilier, l’inquiétude est que les mesures environnementales existantes du pastoralisme méditerranéen ne sont pas prises en compte. Conséquence : bien que le système d’élevage d’ici répond aux points de verdissement, la reconnaissance des surfaces est loin d’être acquise”, détaille la présidente de la commission élevage.

A quelle sauce sera mangé l’élevage ?

Si la plupart s’accordent à dire que des accords commerciaux internationaux sont nécessaires pour trouver des débouchés aux productions hexagonales, la crainte demeure sur les distorsions de concurrence et la qualité des produits carnés qui seront importés en France. C’est la raison pour laquelle les discussions autour des accords du Mercosur et du Ceta ont soulevé une levée de boucliers du monde agricole.

Florence Guilhem

 


HéraultElevage GAT Jérôme Despey Brigitte Singla