Gard : un nouvel abattoir envisagé

Publié le 08 novembre 2022

Un nouvel abattoir est envisagé sur l’agglomération d’Alès, plus adapté aux tonnages, et moins coûteux en travaux de rénovation tels que prévus sur l’actuel site qui devrait encore fonctionner au moins trois ans (© Alès Agglomération).

Le feuilleton de l’abattoir d’Alès est loin d’être clos. Après l’épisode estival des demandes de remises aux normes qui ont fait gonfler la note des travaux exigés, la SEM des abattoirs d’Alès deviendrait une SCIC en vue d’un nouveau site d’ici trois ans.

Le plan de relance pour la “survie et le développement” de l’abattoir d’Alès voté par la commune en mai 2021, n’en finit plus de se redéfinir. Afin de moderniser l’outil, le conseil municipal avait prévu, en décembre 2021, de transformer le site en un “pôle viande d’excellence”, suite à la constitution d’une SEM (Société d’économie mixte) regroupant les collectivités et la filière élevage gardoises. Évalués à 7 M€, les travaux de rénovation incluaient la remise à neuf de la partie abattage, et la création d’un pôle ‘viande’ dotée d’un atelier de découpe et de transformation pour la fabrication de steaks hachés. Mais, en raison de remises aux normes à la demande de la DDPP (Direction départementale de la protection des populations), cet été, la facture s’était élevée à près de 12 M€ estimée par la maîtrise d’œuvre. Entre les équipements à remettre à niveau (toiture, ventilation, frigos, écoulements) et les investissements prévus pour les remises aux normes en vue de la modernisation de l’abattoir (stabulation, épuration) portés par la SPL (Société publique locale) Alès Cévennes, “on veut sauver l’abattoir, mais pas à n’importe quel prix”, déclarait, en août, Christophe Rivenq, président d’Alès Agglomération. 

Avant la visite d’agrément de la DDPP prévue mi-novembre, la construction d’un nouvel abattoir a été mise sur la table, sous une forme juridique nouvelle.  

Un outil plus moderne et mieux adapté aux tonnages

“On était face à un dilemme”, explique Patrick Gravil. “Contraints d’augmenter les tarifs de construction 30 à 40 % pour amortir cette rénovation, ce n’était pas envisageable”, admet le président du Syndicat bovin du Gard. 

Évoquée en interne au sein d’Alès Agglomération, l’idée d’un nouvel abattoir sur le secteur a été positivement reçue par les usagers de la Semaac (Société d’économie mixte des abattoirs d’Alès Cévennes), lors du dernier conseil d’administration, début octobre. “Le conseil d’administration a décidé de partir sur un abattoir neuf, plutôt que d’investir autant d’argent sur une vieille structure”, indique Patrick Viala, président du Mas des agriculteurs et de Bienvenue à la ferme du Gard. Plus adapté en tonnage (3 500 t), le nouvel outil serait aussi plus moderne. 

Prenant pour exemple le nouvel abattoir de Gap, dont les travaux ont été évalués à environ 9,5 M€, le conseil d’administration attend le feu vert de la DDPP pour obtenir “un agrément provisoire de l’abattoir existant”, a minima de trois ans, le temps de monter et finaliser ce nouveau projet, espère Patrick Gravil. Au vu des montants prévus pour les travaux, entre les tôles à désamianter et les aérations à revoir, autant changer de lieu, et par là même, de structure juridique porteuse. 

Une structure portée par une SCIC

Prévue en deux temps, les 15 et 17 novembre prochains, la visite d’agrément de la DDPP devrait permettre de “rassurer la profession et repartir sur un projet bon pour les usagers (éleveurs, grossistes, bouchers) et les salariés”, estime le président du Syndicat bovin du Gard. 

Si le futur abattoir resterait logiquement dans l’agglomération alésienne, il serait alors porté par une SCIC (Société coopérative d’intérêt collectif) au lieu de l’actuelle SEM, et donc géré par les usagers ayant souscrit au capital. Il conviendrait alors de basculer le montant supplémentaire aujourd’hui prévu sur le futur projet, “pour convaincre les financeurs”, prévoit Patrick Viala. La demande paraît “recevable” techniquement, avance la présidente de la Chambre d’agriculture, Magali Saumade, sous réserve que l’agrément soit maintenu, “le temps de la construction”.  

L’abattoir à venir, dont les collectivités demeureraient sociétaires de la SCIC, n’est pas encore pour demain, mais “les choses avanceront un peu plus vite”, augure Patrick Gravil, qui rappelle que l’outil, à l’heure de la mise en place de PAT (Projets alimentaires territoriaux), est “reconnu d’enjeu départemental, d’où l’intérêt pour les collectivités d’y rester”. 

Philippe Douteau 


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