Gard : Un

Publié le 26 novembre 2019

Convié par la FDSEA du Gard, Jérôme Despey a salué l'engagement du syndicalisme gardois, notamment par la mobilisation en faveur du maintien du TODE, l'an dernier.

La commission viticole de la FDSEA du Gard, qui se tenait à la Chambre d'agriculture, a balayé l'actualité, au gré des interventions et des échanges, entre les voisins invités, Jérôme Despey et Guilhem Vigroux, et les vignerons, impatients de voir certaines situations administratives se débloquer.

Convié par la FDSEA du Gard jeudi 14 novembre, présidée par David Sève, Jérôme Despey a livré son analyse du marché en région, et a répondu aux inquiétudes teintées d'agacement des vignerons gardois, en prises aux casse-têtes des dossiers d'aides à la restructuration, via la téléprocédure de FranceAgriMer, Vitirestructuration. Guilhem Vigroux, président du Comité régional RQD, pour la reconversion qualité différée du vignoble dans le bassin viticole Languedoc-Roussillon, a assuré un règlement des soldes à 70 % d'ici la fin de l'année.

Des prévisions de récoltes : 11,47 Mhl en Languedoc, 2,78 Mhl dans le Gard

Attention au risque de déstabiliser les relations commerciales, a prévenu d'emblée Jérôme Despey. Fustigeant les prévisions de récoltes bien trop hâtives, établies à 48 Mhl, fournies par le ministère de l'Agriculture et de l'Alimentation dans l'été, le secrétaire général de la FNSEA et président du conseil spécialisé vin de FranceAgriMer souhaite, à l'avenir, que de tels chiffres ne soient plus communiqués si tôt dans l'année. "Ça n'a aucun sens !," a-t-il clamé, d'autant que ces prévisions sont ramenées à 42,2 Mhl (- 15 % d’après l’estimation d’Agreste au 1er novembre). 

En Languedoc, la baisse avoisine les 9 %, pour une récolte estimée à 11,47 Mhl. Fin juillet 2019, les sorties de chais s'élevaient à 11,8 Mhl, et les disponibilités étaient estimées entre 6,6 et 6,8 Mhl, dont 1,1 Mhl de stock libre, c'est-à-dire pas encore contractualisé. Le Gard enregistre une baisse de 17 %, pour une prévision établie à 2,78 Mhl.

De manière générale, la situation est vécue comme "dramatique", annonce Jérôme Despey, car elle ne correspond plus à "une récolte normale en capacité de production". Ce qui entraîne "une baisse de potentiel de production", et donc des pertes de parts de marché pour la viticulture locale et nationale, "au profit d'autres".

Le maintien des IGP

La situation guère réjouissante doit amener les producteurs et la filière à de "meilleures conditions de production". Alors que la consommation de vin n'est pas vraiment au beau fixe sur les linéaires, face à la bière artisanale, ou, plus largement, tributaire des soubresauts sociaux et médiatiques (impact des manifestations des gilets jaunes sur les commerces, agribashing), le report s'opère sur les rosés et blancs, et les vins rouges IGP, au détriment des AOP. Bordeaux en paie d'ailleurs le prix, mais, en guise de consolation, "il y a des volumes et des marchés chez nous en région", rassure Jérôme Despey. Si les transactions dans le Bordelais pâtissent du contexte morose, la résistance des IGP est la bienvenue.

à l'export, les nouvelles du front ne sont pas plus réjouissantes : taxes imposées par l'administration Trump sur les vins français (entre autres), les incertitudes planant autour du Brexit... "On n'arrivera pas à combler en totalité les pertes du marché américain", qui pèse 25 % dans les exports, prévient Jérôme Despey, qui compte sur des aides de l'Union européenne pour combler ce probable manque à gagner.

Dossiers de restructuration du vignoble : pour un droit à l'erreur

Saluant "un langage de vérité" ponctuant régulièrement les échanges avec les agriculteurs gardois, malgré les désaccords, Jérôme Despey a enjoint ces derniers à se faire accompagner dans le montage des dossiers. Pour quelque 200 €, un accompagnement dans les démarches peut éviter des pertes de plusieurs milliers d'euros, a-t-il insisté. Pour désamorcer certaines situations ubuesques pour des vignerons dubitatifs quant aux contrôles ou aux paiements des aides, le président du conseil spécialisé vin de FranceAgriMer demande au président de la République de porter un droit à l'erreur auprès de la Commission européenne dans le cadre de la Pac, et de le différencier de la fraude, qui entraîne alors des sanctions budgétaires à l'encontre de la France.

Philippe Douteau


GardFDSEA 30 Jérôme Despey Guilhem Vigroux David Sève restructuration du vignoble prévisions de récolte