Gard : la “foncière”, c’est leur affaire

Publié le 08 juin 2021

Installé depuis deux ans à Quissac, Dimitri Liorit fait partie des jeunes agriculteurs qui ont reçu une aide à l'installation par la Safer. Échanges sur son exploitation avec Mickaël Fourel, Michel Allemand et Magali Saumade. (© Ph. Douteau)

La Safer Gard a profité de la signature d’une convention avec le Département et la Chambre d’agriculture, pour remettre à des jeunes agriculteurs un chèque en guise de coup de pouce à l’installation.

D’une pierre deux coups. Avant de signer et valider le partenariat foncier destiné à limiter les pertes des terres agricoles gardoises, concrétisé par la création de la Scic ‘Ecoterre’, dont la Chambre d’agriculture, le Département et la Safer Occitanie sont les actionnaires, la Safer Gard a remis à des adhérents du syndicat des Jeunes agriculteurs récemment installés, un chèque de 2 000 €.  

Soutien et incitation à l’assurance

Votée à l’unanimité par le conseil d’administration de la Safer Occitanie, l’aide sur fonds propres est destinée à ces sept jeunes bénéficiaires de la DJA (dotation Jeunes agriculteurs) “pour s’installer plus sereinement”, selon les mots de Michel Allemand. Le président du Comité technique départemental du Gard a salué l’initiative du président de la Safer Occitanie, Dominique Granier, d’avoir mis en place ce coup de main pour les nouveaux vignerons et éleveurs installés. Une fierté pour l’ancien président de la Chambre  d’agriculture qui a contribué à instaurer ce dispositif dans les 13 départements, afin “d’éviter les guéguerres entre Pierre et Paul au sujet du foncier, et d’inciter les jeunes à s’assurer”. Ainsi, outre les 2 000 € par dossier, comprenant la prise en charge des frais d’enregistrement chez le notaire, une rallonge de 1 000 € a été accordée en complément pour “prendre en charge les frais d’assurance”, note Mickaël Fourel, directeur départemental. L’enveloppe supplémentaire, en guise d’incitation, fait notamment suite aux dégâts du gel sur les cultures, “à condition qu’ils s’assurent”, précise Dominique Granier.

Sept Jeunes agriculteurs aidés en 2020 

Parmi ces nouveaux agriculteurs fraîchement installés, sept dossiers ont été retenus. Notamment celui de Dimitri Liorit, installé depuis deux ans à Quissac, avec son associé Vincent. Leur GFA ‘Bagne Loup’ produit du lait et des fromages bio de brebis, et va se diversifier avec des poules pondeuses. “L’installation est compliquée, surtout dans les secteurs où il n’y a pas beaucoup d’élevage, mais l’exploitation se développe comme on souhaite.” Mathieu Pastouret, viticulteur à Bellegarde, a remercié la Safer pour “l’accompagnement, les appuis et les conseils, dans ce parcours du combattant”. 

Jonathan Altier, coopérateur à la coopérative de Bourdic, Romain Viala, Rémi Jouvenel, viticulteurs, et Florence Parker, maraîchère, sont les autres bénéficiaires. 

“Préparer le foncier de demain”

“Cette foncière, Michel, tu l’as voulue”, a lancé Dominique Granier au président du Comité technique départemental du Gard. Dans l’optique de “préparer le foncier de demain”, le coût reste le frein majeur à l’installation. Entre l’achat de vignes, de terres, et les compensations environnementales, il faut bien trouver un équilibre viable. D’où le principe de la compensation agricole mis en place. “La perte des terres agricoles, ça suffit !” a clamé Michel Allemand, en s’appuyant sur le dispositif gardois d’1 ha consommé pour 1 ha compensé. À l’issue de longs débats et de convergence des expertises juridiques de la Safer et de la Chambre d’agriculture, le Comité technique a donc mis sur pied une Scic à trois actionnaires, ‘Ecoterre’. “L’agriculture durable” en dépend, selon Dominique Granier. “Une foncière régionale se monte, mais ça n’empêche pas d’en faire une dans le Gard.” 

Philippe Douteau


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