Gard : L’IFV recentre ses priorités

Publié le 24 août 2021

Pour Jean-Pierre Van Ruyskensvelde, directeur de l’IFV, l’idée est de faire de ce site un exemple “de responsabilité sociétale“. Sur 10 ha, ce centre sera “une vitrine pour les scientifiques“, prévoit son président, Bernard Angelras (@ Ph. Douteau)

Sur 10 ha au domaine de Vallongue, l’IFV prévoit d’implanter un futur centre de pré-multiplication sous serres photovoltaïques et de recherche dédié au matériel végétal ancien et résistant aux maladies et à la sécheresse. Entrée en production prévue à l’horizon 2023.

Le projet est doublement ambitieux. En décidant de modifier le cahier des charges relatif à la pré-multiplication pour produire le matériel de base en vue d'implanter les vignes-mères de greffons ou de porte-greffes chez les pépiniéristes, le conseil d'administration de l'Institut de la vigne et du vin (IFV) a choisi le site du domaine de Vallongue, à Nîmes, pour y établir prochainement un site sous serres de 4 ha sous panneaux photovoltaïques et en verre, à côté desquels se tiendra un conservatoire consacré à la préservation de la diversité végétale, fondée sur "les outils génétiques de demain", prévoit le directeur de l'IFV, Jean-Pierre Van Ruyskensvelde. 

Sécuriser la production de plants de vigne 

Le projet de l'IFV, attendu pour 2023 après une phase de travaux prévue en 2022, va prendre vie en partenariat avec Nîmes Métropole, propriétaire du domaine de Vallongue, dont les 375 ha de bois et de terres céréalières accueilleront le projet centre de recherche. Il s'agira tout d'abord de "sécuriser la production de plants de vignes et la création variétale dans un contexte sanitaire à risque", note Bernard Angelras, président de l'IFV et vice-président de Nîmes Métropole, délégué, entre autres, à l'environnement. Le lieu retenu, en partie occupé par un éleveur, conviendrait au futur centre, en raison de l'absence de culture de vignes depuis longtemps et éloigné le plus possible d'autres vignobles, pour protéger la production des insectes et maladies environnants. 

Alors qu'un projet similaire est en cours sur le V'Innopôle Sud-Ouest de l'IFV, à Lisle-sur-Tarn, l'institut collabore avec les interprofessions et OPA locales pour mener à bien les démarches de pré-multiplication à venir. Il aura fallu plus d'un an de réunions techniques et de rapports d'expertise pour mettre en œuvre la délégation de la fonction de pré-multiplication avec ces "porteurs historiques", explique Jean-Pierre Van Ruyskensvelde. Un appel à manifestation d'intérêt a été lancé auprès d'opérateurs photovoltaïques pour sélectionner les serres sur 4 ha, dont la moitié sera composée de panneaux photovoltaïques et l'autre de panneaux de verre, consacrées aux greffons et aux porte-greffes de plein champ. Les discussions sont encore à l'étude afin de "minimiser les coûts" pour "amortir les investissements par la vente d'énergie et développer nos activités", annonce le directeur de l'IFV, dans la logique d'une "éco-métropole" voulue par la collectivité, ajoute Bernard Angelras. 

Un conservatoire de diversité viticole 

"Aujourd'hui, l'IFV représente 40 % de la pré-multiplication du catalogue", déclare le directeur. Raison de plus pour "assurer la complétude du parc" et implanter un conservatoire consacré à la diversité et la préservation de la biodiversité "grâce au marqueurs génétiques", insiste Jean-Pierre Van Ruyskensvelde. Actuellement, le centre de l'Espiguette compte 2 700 génotypes générés résistants aux maladies, et l'IFV investit dans la sélection clonale, soit environ 4 000 introductions sur les 20 000 clones recensés en France, "même si tous les clones ne sont pas retenus". À ce titre, l'IFV travaille de concert avec l'Inrae dans le cadre de programmes d'amélioration de la vigne, via le marquage génétique. 

Le but affiché est d'aller puiser cette diversité dans les vieilles vignes pour mieux conserver du matériel végétal ancien, qu'il s'agisse de cépages résistants, oubliés ou étrangers, essentiellement du bassin méditerranéen (Espagne, Grèce), et d'introduire des gènes de résistance à l'oïdium, au mildiou, dans l'espoir d'aboutir à une combinaison entre barrière aux maladies et à la sécheresse. "Aujourd'hui, la difficulté consiste à repérer, dans le génome, les gènes caractéristiques de cette tolérance à la sécheresse, à la température ou d'un potentiel aromatique", indique le directeur de l'IFV. Par croisements, le ou les cépages de demain seront le fruit de cette diversité, qui permettra de "déterminer des gènes d'intérêt"

Philippe Douteau


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