Gard : incendies en rafales

Publié le 06 août 2019

Entre le 30 et le 31 juillet, près de 500 ha ont brûlé à Générac. 190 habitants ont été évacués, et des renforts de l'Hérault, de Lozère, de Paca et des militaires de la sécurité civile de Brignoles, sont venus en aide aux sapeurs-pompiers du Gard.

Depuis mi-juillet, des vagues d'incendies ont repris dans quelques zones du département. Sur le pied de guerre, les pompiers ont circonscrit certains départs, mais n'ont pu empêcher près de 500 ha de partir en fumée à Générac. Vignes, vergers et installations d'élevage sont concernés. Les recensements étaient en cours au 31 juillet.

Après les feux du 15 juillet dans l'Est héraultais, et le lendemain à Beaucaire et Vers-Pont-du-Gard, qui ont détruit 7 ha, un regain de chaleur et de vent a relancé des feux sur le secteur beaucairois, samedi 20 juillet. Le 30 juillet, ce sont pas moins de 500 ha qui se sont embrasés sur le secteur de Générac. Entre les incendies à circonscrire, les parcelles enherbées qui favorisent la propagation et les cultures à protéger, les soldats du feu redoublent de vigilance. 

L'enherbement ne facilite pas le travail des pompiers

"Désormais, il faut mettre les moyens partout", reconnaît Michel Cherbetian. Pour le responsable des opérations du Sdis du Gard, les pompiers sont face à un "dilemme" lorsqu'il s'agit de préserver les zones agricoles. "Jusqu'alors, les zones arboricoles, les oliviers, les vignes étaient des zones d'appui, mais depuis quelques années, il n'y a plus vraiment de rupture de vecteur de la propagation du feu", constate le lieutenant-colonel. Selon ses observations, les vignes, notamment, seraient trop enherbées, contribuant à briser toute rupture de continuité en herbe. "Je ne suis pas contre le principe", précise-t-il, "mais cela pose problème, et nous pousse à revoir notre façon de travailler. Il faut mettre des moyens partout".

La proximité des haies, des herbes hautes, des cyprès et des habitations contribue ainsi à accélérer la diffusion des flammes. Deux Canadairs ont opéré 24 largages à Beaucaire, pour couvrir les 24 ha parcourus par le feu. 18 ha ont été brûlés, mais les vergers ont pu être protégés, la proximité du barrage de Vallabrègues facilitant les prélèvements en eau. Quoi qu'il en soit, "c'est la première année que l'on voit autant de feux en zones agricoles", indique Michel Cherbetian, pour qui le 28 juin dernier, reste un jour "terrible".

500 ha en fumée à Générac

Grâce à l'intervention des Canadairs, les vergers de Pierre Deydier ont pu être épargnés. "Nous n'avons pas trop été impactés", confie l'arboriculteur, soulagé que l'incendie n'ait pas non plus atteint ses 6 ha de vignes. Un demi-hectare de chaume a été brûlé, mais c'est surtout la canicule qui a causé des dommages aux cultures. "On fait les comptes pour l'instant, entre les abricotiers, les pêchers et les vignes. On jette beaucoup. Selon les rangées, c'est compliqué à évaluer." L'exploitant relève des stigmates surtout sur grenaches, un peu moins sur syrahs. Conséquemment à la chaleur prégnante, la maturité "avance doucement", voire est bloquée depuis début juillet.

Mardi 30 juillet, un nouvel incendie s'est déclaré sur Générac, mobilisant jusqu'à 500 pompiers durant la nuit, et 11 Canadairs, avec des renforts venus de Paca, de Lozère, de l'Hérault. Mercredi, Michel Cherbetian confirmait l'évacuation de 190 personnes, d'animaux, et 488 ha touchés, dont beaucoup de terres agricoles, "aux mêmes endroits". Des friches, des vignes et vergers sont concernés.

La vice-présidente du Syndicat des producteurs ovins du Gard, Fanny Tamisier, a eu vent des nombreux ravages chez les éleveurs, surtout sur les clôtures, d'autant que la nourriture manque déjà pour les bêtes, conséquence de la sécheresse. "La solidarité a joué entre éleveurs, pour évacuer les animaux en urgence", fait-elle savoir, mais quid de l'après ? Où les bêtes vont-elles aller ? "Et comment faire financièrement ?", sachant que de nombreux agriculteurs ne sont pas assurés, ni propriétaires pour la plupart, se demande l'élue référente de la Chambre d'agriculture.

Philippe Douteau


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