Gard - Hérault : les Cuma, ces outils adéquats

Publié le 23 novembre 2021

En 2020, 50 dossiers ont bénéficié de subventions régionales (232 000 €), 37 dossiers du Département (70 000 €), 50 dossiers du Feader, pour 513 000 €, et 6 dossiers via le Plan végétal pour l’environnement (PVE), pour 30 800 €. © Ph. Douteau

Après deux ans sans assemblée générale publique, la fédération départementale des Cuma du Gard et de l’Hérault a renoué avec l’exercice, à Aspères, le 16 novembre. Alors que des incertitudes demeurent quant au budget Pac en 2023, les Cuma poursuivent leurs investissements de mutualisation et de soutien aux sinistrés.

Réunies au foyer rural d'Aspères, les forces vives des Cuma du Gard et de l'Hérault n'ont pas manqué de rappeler le rôle majeur des Coopératives d'utilisation de matériel agricole, et la "complémentarité des compétences", qui plus est dans une période marquée par de multiples crises. "Particulièrement heureux" de retrouver les équipes et les administrateurs, Raymond Llorens a souligné les valeurs de "mutualisme et de partage" engagées au sein du réseau, non sans en appeler aux pouvoirs publics de poursuivre ce travail de reconnaissance des groupes agricoles locaux. 

Pour la première fois, une assemblée générale s'est tenue dans le Gard, ce qui n'a pas échappé à la présidente de la Chambre d'agriculture. "On a besoin de ces références collectives en cette période compliquée, marquée par des crises sanitaires, économiques et écologiques", a déclaré Magali Saumade, assurant le soutien des Chambres aux Cuma, traversées par des "préoccupations communes". 

Investissements constants 

Malgré les particularismes, le Gard et l'Hérault partagent une "identité commune", selon Yvon Pellet, venu représenter le président du département de l'Hérault, Kléber Mesquida. Suite à l'épisode de gel d'avril, la collectivité a débloqué une enveloppe de 5 M€ à destination de l'agriculture, dont 700 000 €
pour l'arboriculture. Malgré un contexte budgétaire serré, et les impacts financiers du Covid-19 sur les comptes (estimés à 140 M€), la politique de mutualisation des coûts de matériel reste un levier "important", atteste le conseiller départemental. 

Dans son rapport d'activité couvrant les exercices 2019 et 2020, la fédération des deux Cuma a révélé des investissements maintenus, de 785 000 € (2019) et de 845 800 € (2020). "Pour 2021, les investissements sont plus ou moins identiques, avec 180 000 € supplémentaires dans le cadre du Plan de relance, soit près d'un million d'euros pour les deux départements", note Sylvain Sals, responsable de la FD Cuma 34. Sur cette période, le Gard et l'Hérault ont représenté 40 % des aides régionales votées côté ex-Languedoc-Roussillon, et 48 % des investissements. 

Outre la création de deux Cuma dans l'Hérault (Cuma BAP et des Deux fleuves), la FD Cuma a permis la valorisation de la DJA, encourageant l'installation de 35 jeunes agriculteurs depuis 2017. Grâce au dispositif d'accompagnement des projets et initiatives des Cuma (DINA Cuma), 30 dossiers ont pu être traités depuis 2016, via un financement à 90 % du coût du conseil, pour un plafond de 1 500 €.

En attendant la Pac 

Si les aides concernant les dossiers de 2018 et 2019 sont instruits ou en cours de paiement, les paiements des dossiers de 2020, eux, "sont prévus au premier semestre 2022", indique Sylvain Sals. Dans le cadre du Plan de relance 2021, les 16 dossiers présentés ont été retenus, concernant 21 matériels pour un montant de 180 000 €, soutenus de 40 à 50 %. 

Année de transition, 2022 sera la dernière campagne régie par les règles actuelles avant la mise en place de la nouvelle Pac (2023-2027). "Les devis seront à envoyer avant le 17 décembre 2021, avant l'appel à projets, de janvier à septembre", selon les modalités de 30 % de subvention en plaine, et de 40 % en zone défavorisée et de montagne. Des inconnues demeurent quant aux contours du prochain budget, bien que les Cuma d'Occitanie soient concernées par la fiche d'intervention 'exploitations agricoles et transition agroécologique', de 30,5 M€/an.
De plus, les mesures vont être simplifiées, passant de dix sur l'investissement à une fiche d'intervention. 

"On ne sait pas trop où l'on va", confie cependant le président de la FR Cuma Occitanie, Bernard Tressols, en allusion à la disposition régionale regroupant les Cuma avec les exploitations agricoles. "Mais on négocie une bonification pour tous les investissements en Cuma", de concert avec La Coopération agricole et les Chambres d'agriculture, pour "faire valoir nos mobilisations". Dans un effort d'une double démarche agroécologique, et en soutien aux filières, le président du réseau régional préférera toujours "un outil pour quinze adhérents que quinze outils pour quinze particuliers". Et malgré les baisses budgétaires des collectivités, notamment de la Région, "on développera aussi des ateliers de transformation et de commercialisation au niveau national pour plus de diversification", prévoit Bernard Tressols, envisageant de nouveaux statuts, "pour plus d'amplitude". 

Philippe Douteau


Le président des FD Cuma Gard et Hérault, Raymond Llorens, et Guilhem Vigroux, secrétaire général de la Chambre d’agriculture de l’Hérault, à Aspères, le 16 novembre. © Ph. Douteau

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