Gard : Didier Guillaume promet une “solidarité totale de l'Etat"

Publié le 16 juillet 2019

Le 5 juillet, Didier Guillaume a rendu visite aux sinistrés gardois, accompagnés par les représentants syndicaux. Il a assuré les agriculteurs de l'exonération de la TFNB et le décalage des cotisations sociales.

Trois jours après le passage en revue des dégâts par le préfet Didier Lauga, le ministre de l'Agriculture et de l'Alimentation, Didier Guillaume, était attendu de pied ferme, pour constater de ses propres yeux la désolation des 550 ha incendiés, et les quelque 2 000 ha de cultures échaudés par les températures extrêmes du 28 juin. Le ministre a annoncé quelques mesures immédiates, avant de se rendre à l'inauguration du Mas des agriculteurs, à Nîmes.

Face "aux affres du temps" auxquels les agriculteurs vont devoir se confronter de plus en plus souvent, le ministre Didier Guillaume est venu auprès des agriculteurs gardois, le 5 juillet, pour, en premier lieu, leur "apporter tout mon soutien", ainsi qu'aux pompiers à qui il a rendu hommage. Mais aussi annoncer des mesures rapides et immédiates concernant l'exonération de la TFNB (voir encadré), et travailler à la refonte du système assurantiel, afin de rendre l'assurance "généralisée". Pour finir sa tournée gardoise expresse, le ministre a participé à l'inauguration du nouveau concept d'approvisionnement et de vente porté par la Chambre d'agriculture. Il s'est ensuite entretenu avec les principaux syndicats agricoles, avant de se rendre dans des exploitations héraultaises.

"On compte sur vous pour nous accompagner"

Accueilli à la cave coopérative de Montfrin, le ministre de l'Agriculture a été mis au parfum. "S'il n'y avait pas eu de cultures, ça aurait brûlé plus, comme la Californie !", a interpellé David Sève, soulignant le rôle primordial des cultures en tant que "pare-feux" face aux incendies qui ont dévasté plus de 550 ha dans le Gard, et pointant notamment du doigt le manque d'entretien des friches, comme les bords du canal d'irrigation. Le ministre s'est prévalu d'avoir relancé une politique d'irrigation lors des Assises de l'eau, dans le cadre de la loi EGAlim, propre à la mise en place "de nouveaux captages et de retenues multi-usages pour touts les territoires".

Raison de plus, pour Jean-Louis Portal, de déployer des moyens "pour aider à redémarrer". Le secrétaire général de la Chambre d'agriculture du Gard a enjoint le ministre à "mettre le paquet pour nous accompagner". Entre les coups de gel et de grêle, les agriculteurs attendent des solutions concrètes ; d'autant que "tous ne sont pas assurés" et que "les assurances ne couvrent pas tout", estime Jean-Louis Portal.

Soutien aux jeunes, et aux anciens

"La solidarité de l'Etat sera totale", a promis Didier Guillaume, lors de son passage sur l'exploitation d'Amélie et son frère Vincent Bonnard (Mas Baudin). Les deux jeunes agriculteurs accusent le coup et le coût de l'incendie qui a ravagé leur huilerie, les stocks de vin et tout leur matériel. Une cagnotte solidaire a été lancée sur leetchi.com par le collectif de soutien de Montfrin. Le ministre s'est engagé à ce que les jeunes "ne baissent pas les bras, et que les anciens n'arrêtent pas", alors que d'après ses prévisions, sur 450 000 agriculteurs, "100 000 partiront à la retraite d'ici dix ans". Mais sans revenus dignes de ce nom, pas de poursuite d'activité, assure le ministre, qui a glissé au passage le probable et nécessaire changement d'agriculture et de certaines cultures.

A l'écoute

A l'issue de la visite et de l'inauguration du Mas des agriculteurs, Didier Guillaume a accepté de se réunir avec les principaux syndicats agricoles, à la Chambre d'agriculture. Autour de la table, les Jeunes agriculteurs, la FDSEA, Coop de France Occitanie et les Vignerons indépendants ont pu transmettre leurs desiderata, d'une politique de stockage et de distribution d'eau, à un système assurantiel plus protecteur face aux aléas, notamment en passant par l'abaissement du seuil de déclenchement de l'assurance climatique, proposent les JA du Gard. Outre l'incitation à l'assurance multirisque climatique, les organisations agricoles ont pu demander des compensations agricoles collectives pour la préservation des terres, la garantie d'alternatives satisfaisantes avant la sorite du glyphosate, un "équilibrage" réglementaire entre les pays de l'Union européenne dans le cadre de la redevance pollution diffuse, ou encore le maintien du TODE (exonérations patronales pour les saisonniers) après 2021...

Philippe Douteau


Face aux parcelles grillées de Julien Chaptal, à Générac.

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