Gard : Condamnation d'Intermarché : une "victoire" pour les syndicats

Publié le 09 juillet 2019

Lors d’une des actions coups de poings, des caddies avaient été remplis de Beauval, Beau Manoir, Comtesse Victoria et autres Vieux Papes trompeurs.

En condamnant en première instance une enseigne gardoise, le 25 juin, le tribunal correctionnel de Nîmes a marqué le coup, suite aux plaintes des syndicats agricoles qui dénoncent des pratiques frauduleuses dans les rayons de certains magasins. Une décision inédite en Occitanie qui pourrait servir d'exemple dans la lutte contre l'opacité quant à la provenance des vins.

En incitant les agriculteurs et les consommateurs à faire remonter les tickets de caisse témoignant de pratiques frauduleuses, pouvant induire en erreur l'acheteur sur l'origine de la bouteille ou du BIB de vin, les syndicats agricoles du Gard ont permis aux services de la Direccte (Direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi) de pointer du doigt un manque de traçabilité des produits. L'enseigne Intermarché de Milhaud a ainsi été condamnée à une amende de 15 000 € pour tromperie, et son directeur à 5 000 €, dont 3 000 € avec sursis.

Une "victoire" contre des pratiques commerciales trompeuses

La FDSEA, les Jeunes agriculteurs, la Chambre d'agriculture du Gard, mais aussi Coop de France Occitanie et le syndicat des producteurs de vin Pays d'Oc s'étaient portés partie civile au cours de cette action, qui a permis de révéler et sanctionner des étiquetages suspects en rayons, laissant le doute quant à la provenance réelle des vins, présentés comme d'origine française, mais souvent importés d'Espagne. Une "victoire" pour les JA du Gard, à l'issue de l'annonce de la condamnation par le tribunal correctionnel de Nîmes. "C'est la preuve qu'il y avait tromperie et fraude", se satisfait la présidente du syndicat, Delphine Fernandez, qui espère que cette condamnation "fasse jurisprudence".

De son côté, le président de la FDSEA 30 se félicite des résultats obtenus par la nouvelle "tactique" adoptée, plus axée sur les constats en rayons et les dénonciations des mauvais joueurs, photos à l'appui largement diffusées sur les réseaux sociaux, que sur les actions coups de poings, parfois mal interprétées par le public. Alors que la demande du made in France est de plus en plus présente chez les consommateurs, David Sève voit dans cette condamnation, une façon de "clarifier les choses".

Philippe Douteau


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