François de Rugy à l’écoute des conchyliculteurs du bassin de Thau

Publié le 09 avril 2019

François de Rugy s’est montré sensible aux difficultés rencontrées par les producteurs et les acteurs de la préservation du bassin de Thau.

Le ministre de la Transition écologique et solidaire s’est rendu le 25 mars dans l’Hérault. Après avoir ouvert les Assises nationales des risques naturels à Montpellier, François de Rugy a rencontré les acteurs de la préservation du bassin de Thau, à Loupian.

En déplacement officiel dans l’Hérault et le Gard, à l’occasion de l’ouverture des Assises nationales des risques naturels organisées par son ministère, François de Rugy s’est rendu le 25 mars à Loupian, une commune de 2 000 habitants au bord de l’étang de Thau, dont le port regroupe 200 exploitations conchylicoles. Le ministre a donc répondu favorablement à l’appel que lui avait lancé en janvier Patrice Lafont, président du CRCM (Comité régional conchylicole de Méditerranée), dans un courrier lui exposant les difficultés croissantes rencontrées par les professionnels installés sur le bassin de Thau. “Nous souhaitions le sensibiliser aux problématiques compliquées des trois dernières années. Entre les épisodes de malaïgue, et les soucis causés par le phytoplancton, cela a été très difficile”, relate Patrice Lafont. Représentants de la profession et élus ont donc accueilli le ministre pour échanger avec lui sur les particularités de la lagune, son rôle économique et ses fragilités chroniques. Non seulement essentiel du point de vue écologique, le bassin de Thau constitue, par ailleurs, le deuxième pôle économique agricole départemental derrière la viticulture, sa production couvrant 10 % de la production nationale. Tous les acteurs de la préservation de la lagune que sont les représentants de la région, du département et des organismes d’Etat ont pu longuement présenter l’étang et son territoire au ministre. Les professionnels ont fait part de leurs attentes, leurs projets, et bien sûr leurs difficultés croissantes face aux interdictions de ventes répétées, dès que les contaminations microbiennes entrent en scène et paralysent l’activité.

 Un grand projet d’ombrières photovoltaïques pour donner de nouvelles perspectives

Les conchyliculteurs s’inquiètent de l’amalgame qui se construit lentement dans l’esprit des consommateurs à travers les interdictions successives. “Ils commencent à penser que l’étang est pollué, alors que les contaminations se produisent à cause d’évènements climatiques”, s’exaspère l’un d’eux. Les épisodes cévenols facilitent les contaminations par les eaux pluviales et les vagues de chaleur estivale diminuent l’oxygénation de l’eau (le phénomène de malaïgue), entraînant une mortalité plus importante des huîtres. Le ministre s’est ainsi montré enthousiaste lorsque Patrice Lafont et Yves Michel, président du Syndicat mixte du bassin de Thau, lui ont présenté un projet d'ombrières photovoltaïques. Positionnées sur les tables d’élevage, celles-ci présentent l’intérêt de produire une énergie “verte” qui permettrait aux exploitants de développer de nouveaux outils de lutte contre les maladies. “C’est une idée que nous avons envisagée depuis plus d’un an avec Yves Michel. Cette source d’énergie laisse présager des utilisations multiples à notre bénéfice : apport d’une assistance en oxygène en période de malaïgue, alimentation d’un système de marée artificiel, qui limiterait les nettoyages de coquillages, diminution des déchets, abandon des moteurs thermiques sur les parcs, source d’énergie renouvelable pour la population du territoire… Les perspectives sont immenses”, s’enthousiasme Patrice Lafont. Encore au stade d’idée, le syndicat mixte du bassin de Thau s’est engagé à accompagner la profession dans l’ingénierie financière de développement des essais pour faire avancer le projet. “Si nous arrivons à le mener à terme, ce serait une première mondiale en aquaculture et conchyliculture. Cela redonnerait confiance au consommateur, mais aussi aux jeunes qui peuvent être frileux à l’idée de s’installer dans notre profession, vu les contraintes rencontrées ces dernières années”, appuie encore Patrice Lafont. L’Etat apparaît en tout cas soucieux d’apporter des solutions aux exploitants locaux.

Olivier Bazalge


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