France Olive prépare l’oléiculture de demain

Publié le 07 juillet 2020

Laurent Belorgey a souligné l’importance d’une production plus régulière aux côtés de son prédécesseur Olivier Nasles (à gauche) et du directeur de France Olive, Yves Guillaumin.

Adieu Afidol, bonjour France Olive, et place à l’oléiculture de demain ! Tel pourrait être le mot d’ordre présenté par l’interprofession oléicole à l’occasion de l’assemblée générale qu’elle a tenue à Montpellier. Une plus grande productivité, ainsi qu’une meilleure régularité dans la production sont les objectifs à atteindre dans les années à venir.

Depuis deux ans, l’interprofession dédiée à l’olive avance dans sa transition. Après avoir, en 2018, élu un nouveau président, Laurent Belorgey, et intronisé un nouveau directeur, Yves Guillaumin, l’association interprofessionnelle de l’olive Afidol a choisi l’année de ses 20 ans, en 2019, pour se trouver un nouveau nom de scène : France Olive.

Ce nom est vite apparu comme une évidence : simple et fort de l’identité profonde de la filière. L’olive comme la matière première et la France comme l’origine qui nous est chère”, indique Alexandra Paris, directrice de la communication. Un nouveau logo a accompagné cette nouvelle dénomination de l’interprofession.

Par ailleurs, l’organisation interne a été totalement revue et restructurée, avec la création de pôles spécifiques, dédiés aux missions fondamentales au service des professionnels. Agronomie, conservation & recherche, valorisation & qualité des produits, process & olives de table, communication & économie, chaque pôle mène des actions de formation, de conseil, d’audit, de vulgarisation ou de communication.

La lutte contre la mouche de l’olive Batrocera olae reste une priorité pour les pôles techniques agronomie et conservation & recherche. Le réseau ‘mouche’ permet au CTO (Centre technique de l’olivier) et France Olive de suivre la dynamique du vol de la mouche de l’olive sur l’ensemble du territoire français. La pression des populations de mouches en 2019 a été la plus forte de ces quatre dernières années, en Paca comme en Occitanie, malgré les fortes températures estivales, qui ne semblent donc pas avoir l’effet escompté de mortalité sur les populations de mouches. France Olive poursuit donc et appuie les démonstrations publiques de lutte contre la mouche dans les vergers de référence et dans les vergers livres, mais aussi les séances d’information pour détailler les techniques à disposition des oléiculteurs. À travers le bulletin Infolive, professionnels comme amateurs peuvent se tenir informés des préconisations en fonction des résultats de piégeages enregistrés.

Net recul de la production

Côté production, si la campagne 2018-2019 (5 860 tonnes d’huile d’olives) s’est placée un peu en deçà de la très belle récolte 2017-2018 (6 430 tonnes), un net recul est en revanche enregistré dans tous les bassins oléicoles pour la campagne 2019-2020. “Cela entraînera une diminution des stocks. Après deux belles années, cette baisse était à prévoir, compte tenu de l’alternance naturelle de l’olivier. Mais son importance s’explique par une série de facteurs météorologiques défavorables à l’olive : un printemps froid provoquant une floraison tardive, une sécheresse estivale qui limite la bonne lipogénèse, un manque de chaleur pendant la période de développement de l’olive, une récolte précoce sur les territoires touchés par la mouche et, enfin, de fortes pluies automnales qui ont fait baisser le rendement”, développe Laurent Belorgey, le président de France Olive.

Dans cette conjoncture, la suppression de la taxe spéciale sur les huiles destinées à l’alimentation humaine, obtenue en début d’année 2020 après 30 ans d’actions aux côtés de la Fédération nationale des corps gras, est plutôt bienvenue. “Cette suppression corrige une incongruité de taille : cette taxe venait abonder le budget de la Sécurité sociale alors que l’huile d’olives est bénéfique pour la santé !”, réagit Laurent Belorgey. Les bonnes années de production, ce seront donc plus d’un million d’euros qui seront restitués aux metteurs en marché, principalement aux moulins.

Outre cette suppression de taxe et l’exceptionnel épisode Covid-19, 2020 restera une année-clé pour la filière, “grâce à la signature de l’accord interprofessionnel triennal, fondement de notre organisation, et la construction des actions du prochain programme Olea, triennal lui aussi, et financé par le budget européen, soit 30 % du budget de France Olive“, dévoile le président de France Olive.

Plus de régularité de production

Ce programme permet de mettre en œuvre toutes les opérations de soutien technique aux oléiculteurs : accompagnement, formation, communication et diffusion de l’information en vue d’améliorer les techniques de production.

Car, pour Laurent Belorgey, comme pour son prédécesseur Olivier Nasles, une plus grande régularité dans la production est indispensable pour la filière. “Je ne me résoudrai jamais à considérer une petite récolte comme une solution pour résorber des stocks trop importants. La rentabilité d’un verger dépend de sa productivité et celle d’un atelier de transformation dépend de son activité”, martèle ainsi Laurent Belorgey.

Le président insiste donc sur la nécessité d’améliorer la productivité globale en amenant les oléiculteurs à produire plus, mais surtout plus régulièrement, France Olive mettant ses moyens au service de cet objectif tant la survie et le développement de la filière en dépendent. “L’ensemble de la production nationale étant transformée en France, toutes les actions menées auprès des oléiculteurs pour tendre vers cet objectif profitent à l’ensemble de la filière”, souligne encore Laurent Belorgey. 

Olivier Bazalge


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