Flavescence dorée : la Fedon de l’Aude teste le drone

Publié le 10 septembre 2019

En quatre jours, le drone a survolé et acquis les images de 150 hectares de vignes dans quatre zones du département de l’Aude.

Grâce à un financement du Département, la Fedon de l’Aude a, cette année, fait appel aux services d’une société utilisant un drone équipé d’une caméra. En survolant les vignes ciblées, celui-ci recueille des images dont le traitement par intelligence artificielle identifie les zones atteintes par la flavescence dorée.

“Pour l’instant, cette méthode d’identification de la flavescence dorée n’est pas reconnue par la Draaf, mais dans notre objectif de suivi d’au moins 30 % du vignoble chaque année, l’utilisation du drone est un complément important de notre mode classique de prospection à pied”, explique d’emblée Jacques Serre, président de la Fédération départementale de défense contre les organismes nuisibles (Fedon) de l’Aude.

Dans sa mission, déléguée par l’Etat, de protection sanitaire du végétal, la Fedon de l’Aude dispose, en effet, d’un temps limité pour procéder à la campagne de prospection de la flavescence dorée dans les parcelles viticoles ciblées, chaque année, à l’échelle du département. C’est à l’approche des vendanges et avant la chute des feuilles, donc entre août et septembre, que les symptômes de la maladie sont le plus visibles sur les pieds atteints. “Nous travaillons en amont avec notre réseau de 23 GDON (Groupement de défense contre les organismes nuisibles) actifs qui maillent le territoire. Ils sont pour la plupart présidés par des viticulteurs. Nous sommes également en contact étroit avec les techniciens viticoles des caves coopératives. Ce travail en amont nous permet de cibler au mieux les parcelles à inspecter en priorité”, poursuit Naïs Marquet, l’animatrice-inspectrice de la Fedon de l’Aude. La perspective d’utilisation d’un outil d’identification efficace et rapide de la flavescence dorée intéresse donc au plus haut point la fédération de l’Aude.

Aide financière à l’innovation

Par l’entremise d’un financement pour l’innovation apporté par le Département, la Fedon de l’Aude a fait appel, pour cette campagne de détection 2019, à la société parisienne Chouette, spécialisée dans la surveillance automatisée de l’état de santé et de vigueur de la vigne. Grâce à un drone qui survole et photographie les vignes à 4 mètres de hauteur, la société Chouette détecte les symptômes de coloration et de recroquevillement du limbe. Un algorithme d’intelligence artificielle traite ensuite les données, une carte du vignoble survolé est ensuite établie en mettant en évidence les zones atteintes. “La carte permet de prospecter rapidement les parcelles pour se diriger directement vers les endroits suspects. Mais attention, elle n’empêche pas de se rendre sur les parcelles pour constater physiquement la présence de flavescence dorée. Pour l’heure, l’algorithme est fiable sur les cépages rouges, mais toujours en développement sur cépage blanc, où les symptômes sont plus durs à détecter à cause de la coloration moins systématique du limbe”, commente Johanna Albertis, ingénieure agronome de la société Chouette en charge de la mission opérée dans quatre secteurs de l’Aude pour la Fedon.

Risque de faux positifs

Accompagnée sur le terrain par un pilote-technicien qui s’assure que l’appareil couvre intégralement les zones pré-programmées, Johanna Albertis effectue en aval un travail de vérification des images analysées par l’intelligence artificielle. “Nous avons à ce jour des faux positifs liés à d’autres problématiques : rameaux abîmés, cicadelle bubale, enroulement, asphyxie racinaire et pourridiés. C’est pourquoi nous devons ensuite vérifier de manière aléatoire dix échantillons d’images sur chaque zone explorée pour détecter les faux positifs”, précise-t-elle.

Le drone de l’équipe de Chouette aura survolé en quatre jours 150 hectares de vignes. “Nous pouvons aisément imaginer le temps, mais surtout l’efficacité dans l’étape de prospection”, estime Naïs Marquet. De même, si l’essai se transforme en solution pérenne, Jacques Serre et Naïs Marquet projettent déjà combien l’outil serait également d’une grande aide au printemps, lorsqu’il faut aller contrôler les arrachages des pieds identifiés en phase de prospection.

Olivier Bazalge


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