Filière vin : Les fournisseurs s’adaptent pour maintenir la production

Publié le 05 mai 2020

À Céret, sur le site de Diam Bouchage toute une série de mesures sanitaires ont été mises en place pour permettre au personnel de respecter les règles de distanciation et les gestes barrières. Cela commence dès l’arrivée sur le parking.

Bois œnologiques, bouteilles de verre, bouchons..., la région compte différents sites de production de matières premières nécessaires à l’élaboration et au conditionnement des vins. Si la fermeture n’a pas été systématiquement nécessaire, l’adaptation de l’organisation et des pratiques reste le mot d’ordre.

À Mauguio, aux portes de Montpellier, la société Œnochêne produit annuellement 550 ton-nes de copeaux et morceaux de bois œnologiques destinés aux vinificateurs de différents pays. Le 17 mars, après l’annonce présidentielle de mise en place du confinement général de la population, la direction a suivi les consignes et procédé à la fermeture de l’unité de production.

Jusqu’au 6 avril, nous avons totalement stoppé l’activité de production et fermé le site. Nous avons fait une exception pour assurer la livraison des commandes disponibles sur nos stocks déjà produits”, indique ainsi Jérôme Baudin, le directeur d’Œnochêne. Étendu sur 2 000 m², le site de production ne regroupe que six opérateurs, ce qui a permis d’envisager une reprise d’activité après avoir établi un plan de sécurité pour le personnel.  “Nous ne sommes pas spécialisés dans la santé. Nous avons donc recueilli tout un ensemble d’informations sur les mesures sanitaires auprès de la Chambre des métiers, des services de la médecine du travail et de la Fédération des bois et scieries, dont nous sommes membre, et qui a fourni un ensemble de directives concernant la spécificité de nos métiers”, indique Jérôme Baudin.

Le personnel en poste au sein de l’outil de production des copeaux et morceaux de bois a dû adapter ses automatismes de travail aux exigences du plan de remise en route de l’activité de la société : masques, désinfection systématique des postes de travail et des parties communes, échelonnage des temps de pause, distanciation systématique et interdiction d’accès à l’intérieur pour les chauffeurs et livreurs.

Pas de contact de terrain avec les clients

Pour répondre au pic de demandes en bois œnologiques, qui se situe entre septembre et la fin de l’année, l’entreprise produit traditionnellement beaucoup au cours du premier semestre. “Nous devrons rattraper ce retard d’ici le début des vendanges, avec des rythmes de production plus soutenus”, reprend Jérôme Baudin. Il estime, par ailleurs, que la mise en pause commerciale générée par ce confinement sanitaire ne devrait pas affecter les volumes de vente annuels de la société, qui travaille avec un socle clientèle fidélisée et désireuse de maintenir une continuité technique dans les bois œnologiques utilisés. “Tous les employés qui n’entrent pas dans les opérations de production sont actifs en télétravail, mais cela reste plus compliqué pour l’équipe commerciale. Elle ne peut pas se déplacer sur le terrain, alors que le cœur de son action consiste justement à accompagner les clients dans leurs orientations en menant des essais et des dégustations auprès d’eux”, poursuit Jérôme Baudin, qui s’inquiète également des difficultés du travail de prospection et de déplacement chez les clients étrangers, lorsque la levée de confinement démarrera.

Au sein de structures de production de tailles plus importantes, l’activité de fabrication a été maintenue, au regard de contraintes différentes. Le verrier O-I, qui exploite deux sites régionaux, à Vergèze et Béziers, de fabrication de bouteilles, met ainsi en avant la complexité technique liée à l’arrêt total des fours. “Nous avons un four sur chacun des sites. Leur structure est composée de briques réfractaires. Un four peut être mis en veille, maintenu en chauffe, pour que les réfractaires ne se dégradent pas. Un arrêt de four à froid est très délicat, car le redémarrage est complexe et comprend des risques pouvant aller jusqu’à une reconstruction de four, qui représente un investissement considérable, de plusieurs millions d’euros”, détaille ainsi Florence Cailler, responsable communication chez O-I France.

Activité agroalimentaire essentielle

Des mesures de prévention de renforcement substantiel de la protection et de la sécurité des salariés ont été mises en œuvre pour poursuivre la production de bouteilles par le verrier. L’emballage en verre a, de plus, été reconnu comme partie intégrante de la chaîne d’approvisionnement de l’industrie agroalimentaire et pharmaceutique. “La capacité à fournir les aliments et boissons aux distributeurs et aux consommateurs devait donc être maintenue”, souligne Florence Cailler.

Chez Diam Bouchage, qui exploite le site de production de Céret, dans les Pyrénées-Orientales, l’intégration essentielle dans la chaîne d’approvisionnement agroalimentaire est également mise en avant. Son directeur général, Dominique Tourneix, présente ainsi des mesures drastiques de distanciation et de barrières sanitaires pour préserver le personnel de tout risque d’exposition au virus Covid-19. Là aussi, le télétravail a été largement déployé pour le personnel administratif et commercial, et un important travail de confiance et de communication est mené auprès des salariés des ateliers de production. “90 % de nos employés viennent travailler, même s’ils ont pu exprimer beaucoup de craintes au début. Ils se sont rendus compte que les mesures prises sont efficaces et les approuvent. Nous enregistrons cependant une légère baisse d’activité en ce mois d’avril. Mais nous arrivons à faire tourner nos ateliers sans souci particulier”, détaille Dominique Tourneix.

Olivier Bazalge


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