FDSEA 34 : Un programme d’actions ambitieux pour 2020

Publié le 20 mars 2020

Sophie Nogues et Jean-Pascal Pelagatti ont été respectivement réélus au poste de présidente et de secrétaire général de la FDSEA 34. 

Le 5 mars, la FDSEA de l’Hérault organisait son assemblée générale statutaire, au centre des congrès du Cap d’Agde. Après un tour d’horizon complet des activités et actions menées en 2019, Sophie Nogues présentait son rapport d’orientation.

Entre les combats contre les Zones de non-traitement (ZNT), l’agribashing, les promotions illégales dans les GMS, le Plan loup, le dérèglement climatique, le stockage de l’eau, et les départs en interne au sein du syndicat, la FDSEA de l’Hérault a connu une année 2019 plus qu’agitée. “Tout cela n’a pas empêché notre syndicat, comme nous nous y étions engagés, d’organiser le congrès national de la Section nationale des fermiers et métayers, les 4 et 5 mars, grâce à Sophie, notre présidente infatigable, et à une équipe administrative réduite, mais ultra motivée”, déclare en préambule, Jean-Pascal Pelagatti, secrétaire général du syndicat.

Chargée, l’année 2019 l’a été en effet. Si les ZNT, la concurrence déloyale, l’agribashing, les retards de paiement de FranceAgriMer, entre autres, ont été à l’origine de deux manifestations organisées à la suite de l’appel de la FNSEA, en octobre dernier, “force est de constater que rien ne change, et pire, cela empire”, commente-t-il. Sans compter les réunions avec FranceAgriMer pour interpeller les services régionaux sur les dysfonctionnements des téléservices, et les échanges pour sensibiliser le ministre de l’Agriculture, lors de ces deux venues dans l’Hérault (juin 2019 et février 2020). Les élections MSA, en janvier dernier, ont également mobilisé le syndicat. “Elles ont été une réussite, avec 100 % de nos candidats élus. Mais la mobilisation n’est pas terminée. Nous comptons sur tous les candidats élus pour être présents à l’assemblée générale du 2 avril, à Méjeanne-les-Alès, lors de laquelle seront élus le conseil d’administration et le président de la MSA. Nous serons à tes côtés Cédric (Saur), pour te reconduire à la tête de cette belle institution qu’est notre MSA”, affirme le secrétaire général.

Victoires syndicales de 2019

Face aux épisodes climatiques à répétition, la FDSEA 34 s’est assurée que les agriculteurs les plus impactés bénéficient d’allègement de trésorerie. La mobilisation a payé, puisque, en juin 2019, une enveloppe de la MSA de 863 000 € a été dégagée pour le département de l’Hérault, pour la prise en charge des cotisations sociales. 567 exploitants en ont bénéficié, avec une moyenne de prise en charge autour de 1 500 € par personne. 77 % des bénéficiaires sont des viticulteurs, 10 % des éleveurs, 9 % des ostréiculteurs et 4 % des apiculteurs. Autre victoire : le remboursement partiel de la Taxe intérieure de consommation sur les volumes de gazole non routier, de fioul lourd, et de la Taxe intérieure de consommation sur le gaz naturel, a été renouvelé pour 2018. “Nous attendons les informations pour 2019, mais cette aide est remise en cause par la loi des finances à venir, et nous resterons vigilants et combatifs à ce sujet au niveau national”, assure Jean-Pascal Pelagatti. Par ailleurs, en septembre dernier, un report de paiement de la TFNB 2019 au 15 janvier et un dégrèvement pour les agriculteurs sinistrés ont été mis en place. Enfin, en décembre, une enveloppe complémentaire MSA de prise en charge de cotisations de 380 000 € a été débloquée. 

S’il y a un autre sujet qui a fortement mobilisé la FDSEA 34, et fait l’objet d’avancées, c’est bien celui des ZNT. Pour proposer une alternative, le syndicat s’est chargé de piloter les réunions de concertation pour décliner localement la Charte de bon voisinage de l’Hérault, co-signée en septembre par neuf présidents d’organismes agricoles, ruraux et collectivités. En raison de la parution du décret, le 27 décembre dernier, une remise à jour de la charte s’impose. “Il est inadmissible que ce décret ait pu voir le jour, alors que nous perdons déjà, par l’artificialisation des sols, de nombreux hectares de SAU chaque année, sans parler du fait que, techniquement, il est inconcevable de ne pas traiter 10 mètres sans augmenter le risque sanitaire. Nous ne lâcherons rien à ce sujet”, s’insurge le secrétaire général (voir encadré). Si les chantiers ne manqueront pas cette année, Sophie Nogues, la présidente de la FDSEA, réélue le jour de l’assemblée, souhaite néanmoins engager un programme d’actions ambitieux pour l’agriculture héraultaise pour 2020 et les années suivantes.

Pour une agriculture attractive et de progrès

Après avoir remercié les élus et les salariés de la fédération pour leur engagement de tous les instants, la passionnée de rugby a décidé d’engager son équipe dans la mêlée, figure rugbystique oblige. “Nous allons, comme toujours, œuvrer pour une agriculture attractive afin que celle-ci attire les jeunes et assure le renouvellement des générations”, déclare-t-elle d’entrée de jeu. Et, pour ce faire, un travail main dans la main sera poursuivi avec les JA. Pour apporter également une “agriculture de progrès”, la présidente propose de travailler le Contrat de solutions, lancé à l’initiative de la FNSEA, à partir des solutions concrètes élaborées pour la protection de toutes les cultures.

Face aux attentes sociétales en matière d’environnement, de changement climatique et d’alimentation, “nous devons œuvrer pour une agriculture contributive et positive. On y est obligés !”, insiste Sophie Nogues. Et ce, d’autant, que la FDSEA de l’Hérault n’est pas assez présente sur cette thématique, selon elle, même si “la force de notre réseau national nous a permis d’avancer tout de même, avec la démarche Epiterre”. Cette démarche permet la mise en place de contrats de prestations de services environnementaux, par lesquels un client (privé ou public) s’engage à rémunérer un agriculteur pour effectuer une prestation à but environnemental sur le territoire de son exploitation. “L’idée est que les agriculteurs fournissent des services tels que la préservation de la biodiversité, la plantation d’arbres, le stockage de carbone dans le sol, la lutte contre le réchauffement climatique, la protection de la ressource en eau, la lutte contre les inondations en contrepartie d’une rémunération”, détaille-t-elle.

Mais le sujet qui lui tient le plus à cœur est l’implication du syndicat pour “une agriculture de projets, afin d’assurer une dynamique agricole dans les territoires et lutter contre la consommation agricole”. Selon la DDTM de l’Hérault, entre 500 et 600 hectares agricoles seraient consommés par an dans notre département. Ce sujet sur l’artificialisation des terres, défendu au niveau national, régional et départemental, semble avoir été entendu par les politiques. La loi d’avenir agricole de juillet 2014 a inscrit dans le Code rural la nécessité pour certains projets de réaliser une étude préalable des effets négatifs et positifs sur l’économie agricole du territoire. Des mesures de compensation collective visant à consolider cette économie doivent être mises en œuvre. “Nous devons maintenant nous mobiliser pour faire appliquer ces nouvelles réglementations sur le terrain. Nous sommes, d’ailleurs, en train d’écrire une doctrine de politique foncière pour notre département. En 2020, vous l’aurez compris, ce sujet sera le sujet”, conclut-elle. Ne reste plus qu’à transformer l’essai... 

Florence Guilhem 


HéraultFDSEA 34 assemblée générale Sophie Nogues ZNT