Encourager les installations dans le Gard

Publié le 20 juillet 2021

Le 6 juillet, Magali Saumade, présidente de la Chambre d’agriculture du Gard, remettait trois trophées à des jeunes récemment installés et accompagnés, grâce au PAI et au dispositif RDI. Avec le vigneron Julien Sefraoui (Vauvert). © Ph. Douteau

À l’issue d’une session et d’une table ronde consacrée au foncier et au maintien des activités agricoles pérennes, la Chambre d’agriculture du Gard a remis trois trophées à des jeunes nouvellement installés.

Après un bilan sur les actions conduites par les services de la Chambre d’agriculture, à l’encontre notamment des exploitations sinistrées par les dégâts climatiques, la session du 6 juillet a fait la part belle à la maîtrise du foncier, capitale pour aider des jeunes à s’installer et à faire perdurer leurs structures. Invitée à participer à la réunion, la préfète Marie-Françoise Lecaillon a salué la démarche d’accompagnement de la Chambre, via le pôle ‘installation’, “sur des concepts différents de ce que l’on a connu précédemment”. Une démarche qui, selon elle, “réjouit” les élus locaux de voir des jeunes agriculteurs investir le territoire. 

Mise en contact entre retraités et repreneurs 

Chaque année, le Point accueil installation (PAI) gère en moyenne 500 candidatures dans le Gard, aboutissant au traitement de “45 dossiers d’installation avec la DJA (Dotation jeunes agriculteurs) et l’accompagnement d’une quinzaine hors DJA par an, jusqu’au business plan”, déclare Hubert Raynaud. Le responsable du pôle ‘installation’ à la Chambre d’agriculture gère le suivi de “200 personnes par an, pour 90 installations” soutenues par le service. 

Par le biais du RDI (Répertoire départemental à l’installation), le lien entre exploitants sur le point de mettre un terme à leur activité et des jeunes repreneurs peut assurer une installation mieux encadrée. “Dix-huit mois avant un départ en retraite, les agriculteurs sont invités à contacter la Chambre en l’absence de repreneurs”, explique Hubert Raynaud. Du conseil à de l’accompagnement personnalisé, l’outil national, décliné dans chaque département, est un atout pour les jeunes souhaitant se rapprocher de cédants en quête de successeurs. Cette année, trois installations ont été rendues possibles grâce au RDI, qui a permis de trouver un foncier adéquat, sur une vingtaine d’offres proposées. 

Petites et moyennes surfaces pour grands espoirs 

Ingénieur nucléaire reconverti dans le commerce avant de passer un BTS viti-œnologie, Julien Sefraoui a fait de sa “passion pour le vin”, une réalité rendue possible “grâce au RDI”. Installé en AB sur 8 hectares en zone des Sables, depuis janvier 2021 à Vauvert, le jeune vigneron veut “produire un grand vin blanc du Sud de la France”. Pour mener à bien son ambitieux projet, il a planté du macabeu et du carignan blanc en vue de son millésime 2022.

Par un accompagnement technique individuel, Aurélien Dufresne a posé ses valises côté garrigues, à Combas, grâce à un fermage sur les vignes d’un viticulteur coopérateur. Suivant ses origines viticoles, Aurélien s’est pourtant installé hors cadre familial depuis deux ans, sur 20 ha. “Je l’ai connu tout petit”, a lancé la présidente de la Chambre d’agriculture, Magali Saumade, en lui remettant son prix. 

D’abord cotisant solidaire, Vincent Griveau-Sellier est “monté en puissance progressivement en valorisant le circuit court”, l’a félicité Hubert Raynaud. Ce géographe, arrivé à Congénies après une carrière à La Réunion, a investi seul des friches, mais s’est appuyé sur l’expertise de la Chambre et le parcours Jeune agriculteur. Sur 3 ha en plein champ et 800 m2 de serres, le maraîcher produit plusieurs tonnes de légumes, épaulé par son épouse, qui s’est lancée cette année dans l’élevage de poules pondeuses et de vente d’œufs. “C’est une bonne synergie”, estime l’agriculteur, pour qui les 100 000 œufs vendus restent “toujours une sécurité” en cas de coups durs, malgré “la concurrence étrangère et locale”. Vincent a alerté sur les besoins en eau, et surtout sur l’indispensable aide aux “petits plutôt qu’aux gros qui peuvent saturer le marché”, sans compter les difficultés à s’étoffer. “Je travaille depuis quatre ans sous un barnum, mais on ne peut pas développer nos outils, comme des petits hangars. On nous bloque.”  

Message passé, visiblement. “C’est vrai que les permis de construire sont un frein aujourd’hui”, a reconnu Magali Saumade, qui n’a pas manqué d’encourager les trois jeunes agriculteurs. “Longue vie sur vos exploitations !”

Philippe Douteau

 


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