Des volumes compensés chez Anne de Joyeuse

Publié le 23 octobre 2021

Jérôme Boyé, président de la cave Anne de Joyeuse, à Limoux. © DR

Elu cette année à la présidence de la cave limouxine Anne de Joyeuse, Jérôme Boyé se dit rassuré par la situation géographique du vignoble de la cave, qui a permis de ne pas connaître les effets de la sécheresse rencontrés dans d’autres secteurs du département.

“Cela peut présenter quelquefois des inconvénients, mais nous ressentons cette année les bénéfices de nous trouver dans une zone qui ne manque pas d’eau. Il n’y a pas eu plus de pluies que d’habitude mais, suite au gel, l’apport d’eau a permis de gonfler les baies, si bien que nos pertes volumiques ne sont pas excessives”, présente-t-il.

Si la plupart des zones précoces du département ont à présent terminé ou sont en train d’achever la récolte, comme sur le littoral ou les zones de plaine et les zones bénéficiant de l’irrigation, “une grande partie des caves de l’ouest du Carcassonnais, du Razès et du Limouxin vient tout juste de commencer les rouges”, explique le consultant de l’ICV, Laurent Joussain.

Chez Anne de Joyeuse, on espère pouvoir terminer la récolte autour du 10 octobre, mais les merlots et cots devraient être tous rentrés en cave avec la fin de cette semaine. “Cela a été compliqué sur les cépages noirs, avec des degrés qui ont eu du mal à monter. Nous n’aurons que très peu de vins rouges de syrah ou cot, car nous avons été contraints de les rentrer plus tôt et en faire du rosé. Seuls les merlots ont pu monter un peu plus en degré, autour de 13°, avec le retour du vent de nord-ouest ces derniers jours”, poursuit Jérôme Boyé.

Attendre quand c’est possible 

Dans l’ensemble, les volumes de la cave ont été à peu près maintenus. “Nous avons été plus qu’agréablement surpris de voir que nous avions moins de 10 % de pertes en chardonnay, et 15 à 20 % sur les sauvignons. Nous avions tablé sur des pertes totales s’élevant à 30 % des volumes, mais nous devrions finalement arriver dans des proportions quasi habituelles, même s’il a fallu composer avec les maturités et basculer des rouges en rosés”, situe encore le président d’Anne de Joyeuse.

Même les pinots noirs touchés, pour lesquels la cave s’attendait à des volumes très atteints, ont tiré leur épingle du jeu, avec des profils certes moins concentrés, mais exprimant tout de même un joli fruit.

Outre l’effet positif contre l’expression des côtés herbacés, l’atelier de thermo-vinification a également permis d’accélérer le rythme des apports lorsqu’il a fallu avancer vite sur les cépages noirs fragilisés.

Après avoir démarré les vendanges le 1er sep-tembre, la cave espère à présent pouvoir aller aussi loin que possible dans la maturité des cabernets-sauvignons. Comme le souligne Jérôme Boyé, “le pilotage se fera au regard de l’état sanitaire, mais nous devrions avoir terminé avant le 15 octobre”.

Dans les secteurs tardifs audois, le tableau reste contrasté sur les possibilités d’attente des cépages noirs. “Cela va être difficile d’attendre les mourvèdres, dont les pellicules sont assez fragilisées”, ajuste Laurent Joussain. “Il reste encore quelques carignans dehors, pour lesquels cela peut être bon d’attendre si les conditions le permettent. Pour tous les cépages, au moindre dérapage de l’état sanitaire, il faut être prêt à déclencher la récolte.” Les degrés tardent néanmoins à monter, alors que les pluies n’ont pas nécessairement apporté l’effet positif escompté. 

Olivier Bazalge


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