Des projets pour pallier la perte de l’ICHN dans la Piège

Publié le 05 octobre 2022

Dans la Piège, l’éleveur de cochons, Yvan Teyssandier à Cazalrenoux, fait partie des agriculteurs qui ont perdu l’ICHN, avec la révision des espaces en zones défavorisées. © J. Bonnery

La préfecture de l’Aude, la Chambre d’agriculture de l’Aude et la Communauté de communes Piège Lauragais Malepère ont présenté, le 26 septembre au soir, à Fanjeaux, un projet de propositions pour pallier la perte de l’ICHN (Indemnité compensatoire de handicaps naturels) pour les éleveurs de 24 communes de la Piège. 

Lundi soir, à la salle polyvalente Fanjuvéenne, le préfet de l’Aude, Thierry Bonnier, le président de la Communauté de communes Piège Lauragais Malepère, André Viola, le directeur de la DDTM, Vincent Clignez, et le président de la Chambre d’agriculture de l’Aude, Philippe Vergnes, des élus et agriculteurs des 24 communes concernées par la perte de l’Indemnité compensatoire de handicaps naturels (ICHN) se sont réunis. Pour rappel : la Piège et le Razès faisaient partie des zones défavorisées depuis 1976, et la révision du découpage des zones défavorisées en 2018 a eu pour effet d’exclure 24 communes du territoire (55 éleveurs concernés) de la cartographie présentée à la Commission européenne. Réunis au travers du collectif ‘Pour que vive la Piège’, les agriculteurs ont été convoqués pour découvrir les différentes propositions. “Quand je suis arrivée l’année dernière, j’ai bien compris qu’il y avait un fort sentiment d’injustice ressenti par les éleveurs de la Piège. Même le président de la République l’avait reconnu. Le problème, c’est qu’en 2021, il n’était pas possible de revenir en arrière sur cette évolution du zonage. Même si je n’ai pas de baguette magique, je me suis engagé à tout faire pour trouver des moyens pour compenser autant que possible la perte de cette ICHN”, témoigne le préfet, Thierry Bonnier, qui a également écrit aux deux derniers ministres de l’Agriculture. Un travail a ainsi été mené entre le collectif, la préfecture et la Communauté de communes, afin de trouver des solutions, mais le préfet a tenu à prévenir que le dispositif ne pourrait compenser tout le monde et dans les sommes d’auparavant. “Nous avons profité de la nouvelle Pac 2023-2027 pour mettre en place un PAEC sur le territoire de la Piège et à destination de ceux qui ont perdu l’ICHN.” La démarche devra être volontaire pour chaque éleveur, le plafond de l’ensemble des mesures sera à 7 500 € et comportera certaines contraintes. Le PAEC, qui est une réponse à un appel à projet de l’État, sera porté par la Communauté de communes Piège Lauragais Malepère, appuyé par la Chambre d’agriculture de l’Aude et déposé à la Draaf ce vendredi. “On ne travaille actuellement que sur le volet État, car le Conseil régional n’a pas encore fait d’appel à projets.” La présentation complexe et technique de cette proposition, par le chargé de mission productions fourragères, effluents, Certiphyto, Jean-Luc Pull, avait également pour but de susciter des candidatures. “Il y a de nombreuses conditions et les agriculteurs peuvent compter sur Jean-Luc Pull, qui maîtrise le sujet sur le bout des doigts. Il y aura un diagnostic au cas par cas, afin de trouver la mesure la plus intéressante pour l’exploitant. Je suis satisfait, d’où on partait, où on est arrivé.” Et Loïc Albert, membre du collectif et éleveur à Saint-Julien-de-Briola d’ajouter : “Nous sommes contents parce que la Chambre d’agriculture et le préfet ont tenu compte de nos remarques, c’est-à-dire de donner la priorité à ceux qui ont perdu l’ICHN. Ce qui nous chagrine, c’est qu’encore une fois, pas 100 % des éleveurs pourront y avoir accès. C’est ce à quoi on s’attendait, mais cela ne remplacera pas tout ce qu’on a perdu.”

4e salon de l’agriculture défavorisée

Afin de faire connaître l’agriculture du terroir de la Piège, “se réunir et expliquer aux gens du territoire ou non, nos actions”, le collectif organise pour la 4e édition : le salon de l’agriculture défavorisée. Si les années précédentes, le salon s’ouvrait à Fanjeaux, l’ambition est de changer de lieu et de saison chaque année : ce sera donc ce dimanche 2 octobre à Orsans. Tous les bénéfices de cette journée serviront à financer les frais de justice du collectif, qui a fait appel du jugement du Tribunal administratif de Montpellier. 

Justine Bonnery


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