Des doutes sur les rendements du tournesol

Publié le 17 septembre 2019

Dans l’Aude, le tournesol n’a pas nécessairement souffert du manque d’eau, mais plutôt des fortes chaleurs de fin juin et juillet.

Les perspectives de qualité des céréales entrevues en juillet se confirment. La récolte du tournesol, qui a débuté depuis quelques jours dans le département, semble dévoiler quelques inquiétudes concernant les rendements.

Comme nous l’indiquions au début du mois d’août, la récolte de blé dur s’est révélée de grande qualité cette année, avec un taux de protéines observé dans le département parmi les plus hauts du bassin Sud-Ouest. Entre 2018 et 2019, la surface de blé dur cultivé dans l’Aude est pourtant passée de 29 000 à 23 000 hectares, suite au niveau de rémunération trop faible l’an passé. Une tendance qui a pu profiter au blé tendre (8 300 ha en 2019, contre un peu plus de 5 000 ha l’an dernier), ainsi qu’à l’orge et au sorgho (respectivement 5 400 ha et 2 100 ha en 2019), selon les chiffres relevés par le service grandes cultures de la Cham-bre d’agriculture.

“L’aire de répartition géographique en grandes cultures céréalières se situe à 90 % dans une zone grossièrement délimitée entre Carcassonne et Villefranche-de-Lauragais”, confirme Gilles Terres, chargé de mission grandes cultures à la Chambre d’agriculture de l’Aude. Sur le plan qualitatif, le bon constat enregistré en blé dur cette année s’est globalement vérifié sur l’ensemble des grandes cultures de céréales récoltées au cours de l’été.

Des doutes sur le tournesol

Malgré une légère baisse des surfaces plantées par rapport à l’an dernier, le tournesol reste, avec 18 500 ha enregistrés en 2019 à l’échelle du département, la deuxième grande culture audoise hors vigne. Cette culture de printemps non irriguée n’a pas nécessairement souffert du manque d’eau, mais plutôt des fortes chaleurs de fin juin et juillet. “La floraison s’étale généralement sur 30 à 40 jours entre mi-juillet et début août. Cette année, nous sommes certainement plus proches des 30 jours à cause de l’épisode caniculaire de fin juin”, reprend Gilles Terres. L’activité des abeilles, dont l’intensité de pollinisation contribue au niveau des rendements du tournesol, a pu être impactée par cette fenêtre d’intervention réduite.

Mais même avec un système racinaire bien implanté, la température des épisodes caniculaires provoque d’autres inquiétudes quant aux rendements du tournesol. “La culture est adaptée aux conditions sèches, mais les parties aériennes ont subi un stress important à deux stades physiologiques importants. En juin, au stade ‘six paires de feuilles’, se joue la mise en place des graines puis, en juillet, au stade début floraison, c’est le poids des graines qui a pu être impacté. La perturbation de ces deux étapes a des effets concrets sur les rendements de la plante”, analyse Gilles Terres.

Forte proportion de tournesol oléique

Les constatations sur les premières parcelles récoltées dévoilent une tendance contrastée. “C’est très hétérogène, et il faut attendre d’avoir passé le gros des volumes pour se prononcer définitivement, mais les quantités semblent plutôt moyennes. La qualité est en revanche bonne”, ajoute Gilles Terres.

En réponse aux prix du marché, une forte proportion de tournesol oléique est enregistrée dans le département cette année. Il se négocie aux alentours de 350 €/tonne, alors que le tournesol classique (linoléique) navigue plutôt dans les 290 €/tonne. “Au-delà d’une différence de 50 €/tonne, les exploitants basculent massivement vers le tournesol oléique”, valide Gilles Terres.

Olivier Bazalge


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