De l’intérêt pour le poulet Label

Publié le 26 octobre 2021

Pascal Gaiani et Sébastien Ponferrada (à g.) ont misé sur une installation où l’équipement technologique est au service d’une production respectueuse du bien-être animal dans le cadre du cahier des charges Label rouge. © O. Bazalge

La coopérative Arterris veut consolider et développer sa filière avicole. A travers l’exemple de l’élevage de la Privade, à Airoux, dans l’Aude, le groupe coopératif a voulu mettre en avant l’intérêt de ce type d’élevage dans une perspective de diversification et de complément de revenus.

La diversification, telle pourrait être la valeur refuge vers laquelle Arterris a choisi de se développer depuis plusieurs années. La filière avicole fait partie de ces orientations, avec notamment la présence d’une Organisation de producteurs (OP) volailles Label chez Arterris pour structurer le fonctionnement de l’activité et renforcer les garanties pour les producteurs. “Nous prospectons pour la création d’ateliers poulets Label depuis dix ans maintenant, avec un développement qui s’est accéléré ces quatre dernières années. Nous avons ainsi enregistré la construction de 9 bâtiments en 2020, et 4 autres en 2021. La constitution de cette OP présente un avantage conséquent pour les producteurs, qui se voient ainsi offrir un prix indexé sur le prix de l’aliment”, défend Didier Rieu, président de l’OP volailles Label chez Arterris. Le revenu de l’exploitant augmente donc avec le prix de l’aliment, cas de figure qui se produit depuis le printemps avec l’augmentation continue du coût des matières premières mondiales.

Sachant qu’en France, la consommation de volailles représentait, en 2020, 27,7 kg/hab/an, dont 19,9 kg de poulets (en constante augmentation depuis 2009, source Agreste), le groupe Arterris y voit un levier de croissance incontournable pour la production agricole.

“Le poulet, c’est 73 % de la consommation totale de volaille. 34,2 % de la viande de volaille consommée est importée. Nous produisons 472 000 poulets Label par an au sein de l’OP avec nos 24 éleveurs, et cherchons à étendre notre réseau dans les départements d’Occitanie”, appuie encore Florence Noyrigat, cheffe de marché avicole chez Arterris.

Modèle d’installation calibré

Avec 2 bâtiments de 400m², le modèle de projet d’installation table sur la production de 28 600 poulets par an, avec une marge brute évaluée à 1,04 €/poulet sorti. “C’est un revenu brut de presque 30 000 €/an, soit 8 826 €/an de revenu net, déduction faite des charges variables et structurelles. La diversification d’une exploitation vers l’aviculture est idéale pour un complément de revenu : conjoint, jeune agriculteur en cours d’installation...”, précise la cheffe de marché.

C’est au sein d’un des ateliers livrés cette année que le groupe Arterris a souhaité montrer par l’exemple les possibilités offertes par ce choix de filière. à Airoux, Pascal Gaiani et Sébastien Ponferrada se sont associés dans cette aventure qu’ils ont démarrée en 2018.

“Nous sommes salariés chacun de notre côté, et après avoir goûté à l’élevage de volailles de manière confidentielle et un peu artisanale, nous avons souhaité monter notre propre structure pour constituer un complément de revenus”, explique Pascal Gaiani, à l’heure de présenter la SCEA La Privade.

Deux premiers bâtiments ont été construits en 2019 pour accueillir les premières bandes de poussins et, depuis juin 2021, deux nouveaux bâtiments permettent d’accueillir deux bandes de poussins supplémentaires.

Les deux associés ont donc choisi de doubler le modèle type d’installation de deux bâtiments proposé par Arterris. Suivant le cahier des charges Label rouge piloté par le syndicat Malvoisine, cet élevage se compose de 4 400 poussins nés, élevés et abattus en Occitanie, sur une surface totale de 400 m². Le respect du cahier des charges Label nécessite, en outre, que l’éleveur mette en place un parcours extérieur de 8 800 m2 par bâtiment, avec respectivement 36 arbres par parcours, contribuant ainsi au bien-être des animaux l’été.

La technologie pour le confort de travail

Les deux associés passent donc le matin, puis le soir, avant et après leur journée de travail salariée, pour s’occuper de leur élevage dans leur exploitation équipée à la pointe de la technologie.

La livraison des deux derniers bâtiments en juin dernier a en effet été accompagnée de la mise en service de nouveaux outils. Le suivi en direct de la courbe de croissance des animaux via l’automatisation du pesage, mais aussi la distribution d’aliments et d’eau sont totalement contrôlés en direct grâce à l’interface Labelbox®. “Cette installation est conçue pour optimiser la consommation énergétique et améliorer le bien-être animal. Il nous est donc possible de contrôler à distance l’éclairage de nuit, ou encore nous alerter sur le téléphone en cas de variations anormales de températures dans le bâtiment”, valident en chœur les deux éleveurs. Ces technologies, qui permettent à l’éleveur un gain de temps conséquent dans la gestion de son exploitation, sont également parfaitement en phase avec les exigences du cahier des charges Label rouge.

La production des deux exploitants est ensuite principalement commercialisée à travers les circuits de distribution d’Arterris, localement dans les boucheries traditionnelles, ainsi que dans les boutiques de la coopérative (Les Fermiers Occitans, Larroque, MO Marche Occitan et Gamm Vert).

Olivier Bazalge


OPA - Serv. publicsArterris Label rouge filière avicole