DDTM du Gard : premier bilan du gel

Publié le 27 avril 2021

Une mission d’enquête s’est déplacée dans le secteur Vistre-Vidourle, le 15 avril, une semaine après les dégâts du gel, en vue de déclencher la procédure des calamités agricoles. © JA 30

Tout comme les organisations professionnelles agricoles et les agriculteurs lésés, la DDTM du Gard est dans l’expectative quant à la mise en œuvre des mesures prévues par le gouvernement. Une semaine après la vague de gel, une première mission d’enquête était diligentée au sud de Nîmes.

La procession reste tristement la même. Après chaque épisode climatique de forte intensité, une mission d'enquête de la Direction départementale des territoires et de la mer du Gard (DDTM) est dépêchée en vue de déclencher la procédure de reconnaissance des calamités agricoles. Mais à année exceptionnelle, des dispositifs adéquats sont espérés. 

Pilotée par le service, la visite de terrain réunit un représentant de la Chambre d'agriculture et deux agriculteurs "non concernés par les sinistres", comme le rappelle Éric Boulze, chef d'unité en charge des calamités agricoles au service 'Économie agricole' de la DDTM. Les pertes provoquées par le gel doivent être recensées, évaluées... Mais selon quelles modalités ? C'est encore l'inconnue pour les services. Le détail des modalités des mesures d'aides gouvernementales devrait être précisé dans les jours à venir. 

Déterminer les pertes de récolte, de fonds 

D'abord, recenser les pertes. Comme toujours après des aléas à la portée conséquente, une mission d'enquête s'est rendue au sud de Nîmes, dans le secteur d'Aimargues, pour constater les pertes sur récoltes en arboriculture, et certaines potentielles pertes sur plantiers de l'année. Si "quelques-uns s'en relèveront, il faudra attendre quelques jours" pour évaluer le taux de pertes, annonce Éric Boulze. Le temps d'évaluer, pour l'heure, le taux de pertes, qu'elles soient "très visibles ou à l'ouverture des fruits, qui risquent de mourir dans les prochains jours". 

La délégation, composée de représentants des Jeunes agriculteurs et de la FDSEA du Gard, est allée à la rencontre de quatre exploitants. Un arboriculteur, producteur d'amandes, d'abricots, de pêches, de cerisiers et de prunes, un producteur de figues et de raisins de table, un viticulteur présentant des stigmates de pertes de fonds et un maraîcher. Chez ce dernier, les dégâts sur courgettes sont variables, d'après les constats d'Éric Boulze. "Les jeunes plants ont plutôt mieux résisté que ceux qui ont été plantés quelques jours auparavant." Sur fraisiers et melons, les effets du gel s'avèrent moins conséquents. 

Un soutien exceptionnel aux viticulteurs à préciser 

Alors que les prochains retours sur d'autres secteurs du département sont prévus d'ici trois semaines, pour affiner les évaluations des dégâts, la mission d'enquête devra réitérer les visites d'exploitations, pour mieux évaluer les pertes de fonds. "À ce jour, la difficulté repose surtout sur la procédure classique des calamités agricoles, dont le prochain comité national se tiendra fin juin." Mais au vu de la situation particulièrement tendue, des évolutions sont à prévoir, "peut-être des avances avant la fin du traitement du dossier", avance, sans certitude, Gérard Chevalier, chef du service 'Économie agricole' à la DDTM. L'heure est encore aux recensements et à une évaluation plus précise des dommages. 

Si les mesures présentées par le Premier ministre, Jean Castex, rassurent sur le papier, leur mise en application est encore à préciser. Par exemple, concernant le taux d'indemnisation au titre des calamités agricoles jusqu'à 40 %, au lieu de la tranche habituellement prévue (entre 20 et 35 %) pour l’arboriculture, "on ne connaît pas encore les conditions, ni le seuil des pertes", indique Gérard Chevalier. Idem pour le soutien exceptionnel aux viticulteurs non assurés et les enveloppes allouées aux préfectures. En attendant, les services se tiennent prêts.

 Philippe Douteau

 


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