Costières : le loup abattu

Publié le 04 juin 2019

"Comme le loup est une espèce protégée, la chasse est 'exceptionnelle'. La règle, c'est la protection", a souligné le préfet du Gard Didier Lauga, avec Patrick Alimi et Cyrille Angrand.

A situation exceptionnelle, moyens idoines. Une semaine après la mobilisation des éleveurs gardois en proie aux attaques répétées du loup, qui sévissait sur les troupeaux d'ovins principalement, dans le secteur des Costières, la préfecture a déployé son plan d'urgence. A peine le Plan loup lancé, l'animal a finalement été neutralisé dans la nuit du 25 au 26 mai.

Mercredi 15 mai, alors que son troupeau venait d'être attaqué deux nuits d'affilée sur son exploitation du Mas d'Aptel (Générac), causant la mort de trois brebis, en blessant une vingtaine, dont une partie a dû être euthanasiée, Fanny Tamisier et d'autres éleveurs, avaient été reçus par le préfet Didier Lauga. La vice-présidente du syndicat des producteurs ovins et présidente du comité élevage de la Chambre d'agriculture du Gard, était à nouveau reçue à la préfecture, mercredi 22 mai, avec Anthony Bafoil (FDSEA du Gard) et Mathieu Manetti (Jeunes agriculteurs). Les demandes ont visiblement été entendues. Un "plan d'actions renforcées loup des Costières" avait été mis en œuvre, dès le vendredi 17. Au sortir de la réunion, l'éleveuse s'est déclarée "très satisfaite".

Des requêtes entendues par la préfecture

Saluant la réactivité des services préfectoraux après les attaques successives des 14 et 15 mai, Fanny Tamisier, Anthony Bafoil et Mathieu Manetti sont ressortis rassurés de leur entretien avec le préfet Didier Lauga. Comme réclamée, la brigade loup devait revenir quatre jours début juin, épaulée par les 11 lieutenants de louveterie, et du matériel de surveillance spécifique (caméras thermiques, torches, phare) sera mis à disposition des louvetiers. "Les moyens sont là", a reconnu l'éleveuse. La vice-présidente du syndicat des producteurs ovins du Gard a accueilli positivement l'intensification des interventions des agents de louveterie. Déplorant une cinquantaine de brebis attaquées depuis le début de l'année, "voire plus depuis les récentes attaques", Fanny Tamisier, comme l'ensemble des éleveurs des Costières, comptait sur ce renforcement du dispositif pour que les interventions s'avèrent efficaces.

Les louvetiers en "Opération commando"

"Espérons qu'on viendra à bout du loup." Le préfet du Gard ne mâchait pas ses mots lors de la présentation du "Plan d'actions renforcées loup des Costières". Didier Lauga en a profité pour dissiper toute confusion possible : "A priori, c'est un loup, et pas un hybride". L'individu était un loup jeune, solitaire. "Ce qui est surprenant dans ce secteur-là, qui n'est pas un territoire propice au loup." Confirmation du chef du service environnement et forêt de la DDTM du Gard : "Tous les indices confirment qu'il s'agit d'un loup".

A cet effet, les éleveurs ont le devoir de protéger leurs troupeaux, rappelle Cyrille Angrand. Par des clôtures électriques, les chiens... Autant de contraintes supplémentaires, mais nécessaires, sans oublier une démarche défensive via des tirs. "Les éleveurs ont déjà la possibilité de tirer, avec agrément de l'administration", fait savoir Didier Lauga. Seuls les agents de l'Etat habilités peuvent utiliser les moyens de visions nocturnes thermiques, précise Cyrille Angrand. En ce sens, une caméra thermique supplémentaire et un phare de prêt ont été alloués aux louvetiers. Le matériel servira toujours pour contrôler notamment les sangliers.

Philippe Douteau


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