Coop de France Occitanie : produire juste, et vendre au prix du marché

Publié le 05 novembre 2019

Francis Terral (Coop de France Midi-Pyrénées), Guillaume Ribes (Jeunes vignerons coopérateurs), Ludovic Roux (Vignerons coopérateurs d'Occitanie), et Valérie Bastoul (directrice générale section viticole de Coop de France Occitanie).

Parmi les 204 caves du réseau Coop de France Occitanie, 80 coopératives étaient représentées le 28 octobre à la CCI de l'Aude, à Narbonne, lors de la réunion de conjoncture des présidents et directeurs des caves de la région à l'occasion d'un point vendanges 2019. Les grandes lignes d'action convergent vers l'assurance de prix stabilisés.

Sous la houlette du président régional, Boris Calmette, et de Ludovic Roux, président des Vignerons coopérateurs d'Occitanie, la réunion annuelle a permis d'informer les coopérateurs quant à la campagne écoulée et les actions menées. Avec, à l'appui, des chiffres et estimations regroupés avec les interprofessions (CIVL, CIVR, Inter'Oc), et les Vignerons indépendants.

Estimées à 11,8 M hl (pour l'ex Languedoc-Roussillon), les sorties laissent présager un équilibre structurel, ce qui permettra de “garder une régularité avec le négoce, et d'éviter l'effet yo-yo sur les prix”, assure Ludovic Roux, à l'issue de la réunion de conjoncture annuelle des caves coopératives d'Occitanie.

Les AOP rouges... dans le rouge

La tendance n'est pas seulement pro­pre à l'Occitanie, mais les AOP, comme les entrées de gamme, en rouge, con­naissent une zone de turbulences. Une difficulté à relativiser, précise Ludovic Roux, d'une part, grâce aux familles des IGP, ‘exception’ française, et d'autre part, car, sur les 11,8 Mhl, les pertes en AOP rouges, entrées de gamme, sont évaluées à 138 000 hl, voire 200 000 hl, en cumulant sur deux à trois ans. Reste, pour la coopération, à “maintenir un cours normal de ces vins dans ces catégories”. Et s'ils ne présentent plus les qualités attendues par le marché, aux producteurs de s'adapter ! “On voit le consommateur s'éloigner de ces produits, alors que les jeunes se tournent vers les vins de cépage et les rosés… Même Bordeaux a perdu des marchés sur ces créneaux d’entrée de gamme rouge”, constate le président des Vignerons coopérateurs d'Occitanie, en référence à la concurrence chilienne, notamment, grâce à des accords commerciaux avec l'UE, les états-Unis ou la Chine.

Rosé : retour à des stocks équilibrés

Pour compenser ce petit désamour, la carte du rosé est déjà jouée, soutenue par “des prix plus compétitifs par rapport à certaines régions”, pour ne pas citer la Provence. “On est la première région productrice au monde", clame Ludovic Roux. Si le stock a grossi, en AOP, le marché reste porteur, malgré une stagnation de la consommation de vins rosés, en raison des fortes chaleurs qui bénéficient plutôt aux brasseurs. Côté export, une “légère augmentation” perdure.

En raison d'une récolte 2019 plus modeste, “on devrait être dans l'équilibre”, prévoit Ludovic Roux, là où celle de 2018 fut abondante, ouvrant la voie à de multiples segments en rosés, du 'piscine' au ‘bobo’. En 2020, le retour à des stocks habituels est attendu.

Une stabilité des prix souhaitée

Et pour contrecarrer cette baisse, le choix se porte sur la montée en gamme des AOP, comme Corbières, Minervois ou Fitou, et de vendre “au prix du marché”, sachant qu'en moins de deux ans, les stocks de rouges en AOP ont augmenté de plus de 50 %.

Hors AOP (rouge), l'activité est “globalement stable” sur les prix, malgré une légère tendance baissière. Les blancs ont perdu entre 2 à 3 €, là où les rou­ges ont peu perdu, soit 1 € d'écart. Les rosés, eux, connaissent “une légère baisse”, entre les deux, estime Ludovic Roux, qui “recommande” une stabilité des prix. Sur les blancs, le retour aux prix de la campagne précédente est également souhaitée par Coop de France Occitanie, alors que des efforts  en matière d'investissements et d'équi­pements au chai (macération à froid, pressurage) sont nécessaires pour “don­ner du souffle à l'amont” dans le développement de la production. En­tre 0 à 5 €/hl d'augmentation, “ça serait déjà bien”, estime Ludovic Roux. Une stabilité des prix “a minima” est la garantie, pour le négoce comme la production, de revenus corrects. S'ils sont “juste bons” comparés à ceux pratiqués dans d'autres filières, selon le président, ils sont encore loin de pouvoir assurer et soutenir l'installation des jeunes et la reprise d'exploitations.

Philippe Douteau


OPA - Service publicCoopération Coop de France Occitanie vendanges