Concours des vins de Nîmes : une édition coûte que coûte

Publié le 06 avril 2021

La matinée du premier jour du concours était dédiée à la dégustation des blancs. Le mercredi soir, le jury de professionnels a décerné trois prix pour chaque couleur, en bouteille. © Ph. Douteau

Après une année blanche en 2020, les Jeunes agriculteurs du Gard ne se sont pas résignés à faire une croix sur cette 42e édition de leur concours. Adaptée aux mesures sanitaires, la formule s’est étalée sur deux jours, pour récompenser, à l’issue des dégustations, trois cuvées ‘Coup de cœur’.

Ce fut une 42e édition certes particulière, mais qui aura eu le mérite d’être maintenue par ses organisateurs. Le Concours des vins de Nîmes, rendez-vous incontournable des caves coopératives et particulières et des dégustateurs amateurs et professionnels, avait fait défaut l’an dernier. S’il fut question, un temps, de le reporter en fin d’été ou à l’automne, le calendrier n’était plus propice à la disponibilité de tous, en plein milieu ou juste après les vendanges. 

Habituellement, le concours se tient dans la grande salle du stade des Costières, le temps d’une matinée, mais, Covid-19 oblige, des précautions ont été nécessaires quant à l’organisation. Ainsi, mardi 23 et mercredi 24 mars, 112 dégustateurs ont défilé dans la salle dédiée au Domaine de Donadille du campus de Nîmes-Rodilhan, pour goûter près de 600 échantillons, en bouteille et en vrac. Au bout de deux jours, le jury de professionnels a décerné un prix pour chaque couleur distinguée d’une médaille d’or, en bouteille. Une première. 

Près de 600 échantillons 

Le bon temps des tablées de sept ou huit dégustateurs dans l’enceinte du stade des Costières n’est plus, pour l’heure, à l’ordre du jour. Le syndicat des Jeunes agriculteurs a dû trouver la parade pour que se tienne malgré tout le concours, en tenant compte des conditions sanitaires strictes. Gel hydroalcoolique en rentrant dans la salle de dégustation, masque obligatoire (sauf pour déguster !), quatre personnes maximum par rangée, espacées de deux mètres de distance, et servies par un même membre des JA. 

Ce mardi matin, pour le lancement des hostilités, l’animatrice Éléonore Anger rappelait à chaque session les règles d’usage à adopter, quand l’ancien président Benjamin Sant prêtait main forte aux élèves du lycée pour aménager l’espace de dégustation, et assurer le service.
38 tables sur deux jours, 6 verres par tête, 7 créneaux par jour, 8 dégustateurs à chaque fois... Voilà pour les chiffres. Mais les vins restent au cœur de l’événement. Après une première session consacrée aux AOP Duché d’Uzès, que les dégustateurs ont trouvé “très aromatiques” dans l’ensemble, place aux IGP, toujours en blanc. Parmi les appelés ayant répondu présents, des vignerons, des amateurs, comme le président de la FDSEA du Gard, David Sève, mais aussi la responsable commerciale de la cave de Pazac, Anna-May Yates, ou encore l’œnologue des vignerons d’Aramon-Théziers, Richard Oms. Tous deux ont repris place pour la deuxième salve de blancs, cette fois en IGP. 

Les blancs en débat

Le système de notation, lui, ne change pas. Nez, bouche, visuel, appréciation d’ensemble, chaque échantillon est scruté minutieusement. Après dégustation des 13 blancs (IGP Pays d’Oc et Céven-nes), les huit dégustateurs sont invités à descendre au chai pour délibérer, divisés en deux groupes. Place au débat et à l’attribution de médailles, pas plus d’un tiers des cuvées. Entre des “acidités très marquées”, un “nez fleuri et fruité”, un “manque de caractère en fin de bouche”, l’une des deux tablées s’accorde globalement sur les notes. Parfois, la typicité du sauvignon, malgré une acidité (ou un caractère vif, selon les palais) ou un nez trop prononcé sur les agrumes, peut prêter à discussion, mais les quatre s’accordent sur le premier pour lui décerner une médaille d’or. Sur les deux séries d’IGP proposées, cette table retiendra deux médailles d’or et deux d’argent. 

Un jury pour 13 médailles d’or

Au final, à l’issue des deux jours de concours, 13 médailles d’or (bouteille) sont allées sur des rouges, 10 en rosé et 15 en blanc. Côté vrac, 35 d’or, 50 d’argent et 14 de bronze ont été remises. Comme le veut la tradition, le jury a départagé les cuvées ‘or’, en bouteille. Cette année, il était composé exclusivement d’œnologues et de sommeliers issus de caves coopératives, de domaines et du lycée de Rodilhan. La sélection des membres se voulait “plus ciblée pour les professionnels”, justifie Ludivine Verlaguet, présidente des Jeunes agriculteurs du Gard. “Il y a deux ans, les blancs et les rosés avaient récolté beaucoup de médailles, c’était plus compliqué pour les œnologues d’attribuer un seul coup de cœur”, explique-t-elle. “Mais cette année, comme le nombre de médaillés était équitable, on a scindé le jury en deux, soit 4 personnes pour récompenser les blancs et les rosés. Puis, le jury entier a rendu son verdict sur les médaillés d’or en rouge.” 

Une fois n’est pas coutume, pas de ‘Félicitation du jury’, mais trois prix ‘Coup de cœur’. À année spéciale, règles spéciales. 

Philippe Douteau


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