Comment valoriser au mieux les productions gardoises

Publié le 30 avril 2019

Les Matinales d'OpenNîmes Métropole étaient consacrées à la production agricole locale, de l'approvisionnement à la distribution, le 17 avril. Avec Lionel Senpau (restauration collective à Manduel), Laurent Claude Dœrflinger (LIDL), Jean-Paul Robert

Organisées par OpenNîmes Métropole, dans le cadre des Matinales, deux tables rondes ont réuni des acteurs de la chaîne de production locale pour débattre et réfléchir à un meilleur approvisionnement, une meilleure circulation et une vitrine digne de ce nom pour accompagner le circuit des produits locaux dans le Gard. C'est le Mas des agriculteurs qui sera prochainement cet espace dédié au local, au circuit court et au savoir-faire des producteurs, bio ou non.

La Matinale d'OpenNîmes, la marque territoriale de Nîmes Métropole, était consacrée à l'agriculture locale, mercredi 17 avril. Au cours des deux tables rondes animées par Jacques Prévost, le directeur de la communication de la métropole gardoise, des acteurs stratégiques de la chaîne de production locale, ont échangé pour tenter de répondre à une forte demande du consommateur et des collectivités, pour mieux approvisionner les circuits de distributions du département, et proposer le meilleur et le plus local possible. De la logistique du ravitaillement à l'importance des synergies de réseaux, la valorisation des produits passe par tous les canaux.

Eviter une agriculture à deux vitesses

"Il n'y a pas de bons ou de mauvais produits." En lançant l'aphorisme, le responsable des achats France pour les fruits et les légumes chez LIDL ne se mouille pas trop en louant une amélioration qualitative globale des produits made in France. "On a que des bons produits" a même assuré Laurent Claude Dœrflinger. En surfant sur la garantie d'un "meilleur rapport qualité prix", l'enseigne mise sur l'origine France depuis cinq ans, "et non plus dans le hard discount", en se fournissant auprès de producteurs, le plus possible issus du paysage local. Avec 110 références de fruits et légumes, LIDL annonce vouloir "accompagner la production dans 20 ans, pour le bio comme le conventionnel". Alors que l'agriculture française serait unanimement "reconnue", Laurent Claude Dœrflinger pointe "l'importance de ne pas avancer sur une agriculture à deux vitesses". La proportion de volumes bio qui progressent serait alors "problématique au niveau des prix" pour les clients de l'enseigne. Attention toutefois à ne pas "mettre en concurrence les productions bio et conventionnelles", alerte Nordine Arfaoui. S'il est "facile à vendre", le bio reste compliqué à produire, indique le directeur de la coopérative Uni-vert (bio et commerce équitable), qui rappelle cependant que le marché conventionnel traditionnel est nécessaire pour soutenir la filière bio. Mais qui dit bio, ne dit pas forcément "circuit court", pointe Stéphane Allard, directeur de la FDSEA du Gard. Alors que "95 % des agriculteurs suivent les cahiers des charges d'agriculture raisonnée, il ne faut pas résumer l'apport local au bio !", prévient-il.

Le juste prix, à quel prix ?

Pour structurer au mieux l'offre et la demande, et répondre aux besoins de la RHD (restauration hors domicile), grossistes, cuisiniers, restauration collective, tous prennent part au circuit permettant de sensibiliser et valoriser la production locale. Par la diffusion de fiches produits, ou la formation aux Min de Toulouse et Montpellier, les grossistes ont leur rôle à jouer dans l'approvisionnement de la vente en fruits et légumes, fait savoir Camille Donadio, chargée de mission à la Fédération des fruits et légumes d'Occitanie. En région, 900 000 tonnes de fruits et légumes sont produites, et les coûts de main d'œuvre sont "importants", toutes les initiatives sont bonnes à prendre. Cela passe notamment par la formation d'apprentis, de cuisiniers notamment, pour les "sensibiliser à la transformation des produits locaux", appuie Philippe Marchelek du Cluster CCI du Gard. Pour l'association nationale Un plus bio, c'est par l'éducation aux produits de saison que l'on conduira les consommateurs "à mieux acheter", estime le directeur Stéphane Veyrat.

Philippe Douteau

 


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