Chasseurs et vignerons autour de la table

Publié le 27 février 2019

Chasseurs et vignerons souhaitent avancer de manière constructive sur le sujet des dégâts liés au gros gibier.

A l’initiative du syndicat des vignerons de l’Aude, une table ronde réunissant vignerons et chasseurs s’est tenue le 12 février, à Montgaillard, pour solutionner les problèmes dus aux gros gibiers sur les cultures.

Suite à une première rencontre le 12 novembre à Narbonne, une nouvelle table ronde entre représentants de la fédération départementale des chasseurs, des maires de communes rurales, la Chambre d’agriculture et le Syndicat des vignerons s’est tenue ce 12 février, à Montgaillard. Egalement présent lors de cette réunion, Alain Perea, député de la 2e circonscription de l’Aude, a été chargé par le Premier ministre de mener la mission liée à la problématique des dégâts du gros gibier sur les terres agricoles. Le député a procédé à des consultations auprès des acteurs de la chasse et de l’agriculture dans toutes les régions concernées, Grand Est et Paca notamment. Il remettra, mi-mars, un rapport proposant des solutions concrètes pour remédier efficacement au “fléau” que représente cette année le gros gibier. Les sangliers sont particulièrement visés, les dégâts qu’ils provoquent ayant, cette année, pris une telle ampleur que les acteurs en présence s’accordent unanimement pour les qualifier “d’incendie”.

Point de tension ‘agriculteurs-chasseurs’ au plan national

Alain Perea se félicite “de la tenue d’une telle rencontre au sein de notre département, le seul dans lequel tous les acteurs ont accepté de se rassembler autour de la même table”. Au cours de ses consultations dans les territoires concernés, il a pu constater avec dépit qu’ “à l’échelle nationale, le sujet des dégâts agricoles dus au gros gibier est devenu un point de tension très sensible entre agriculteurs et chasseurs. On ne pourra toutefois pas maîtriser cet “incendie sangliers” avec les grands principes traditionnels.”

Les rencontres effectuées sur le territoire national ont permis de dégager quatre pistes majeures de solutions pour répondre au problème. Raccourcir le délai d’action en permettant une intervention rapide lorsqu’un problème est signalé par un agriculteur figure au premier rang. Pour y arriver, les idées ne manquent pas, comme supprimer les consignes de tir jugées trop contraignantes, ou envisager le tir de nuit “à la lunette s’il le faut. Les salariés de la fédération départementale de chasse, formés et fins connaisseurs du terrain, sont qualifiés pour une telle mission”, souligne le député. Un autre axe de réflexion concerne la contribution financière aux dégâts de tous les territoires, qu’ils soient chassés ou pas. Le député envisagerait ainsi de faire “contribuer à l’effort de guerre” les propriétaires qui ne mettraient pas en œuvre de stratégies d’éloignement du gibier de leurs terrains, qui deviennent de fait des refuges.

Lorsqu’un sinistre est signalé, ce sont, pour l’heure, des experts indépendants mandatés par la fédération de chasse qui interviennent pour l’estimation des dégâts. Cela peut prendre du temps, et des doutes sont émis autour de la table quant aux méthodes d’évaluation employées. Le président de la Chambre d’agriculture, Philippe Vergnes, et les vignerons présents réclament donc “que la Chambre réalise ces expertises. Nous sommes un organisme public, impartial par définition, et nous réalisons déjà les expertises pour les dégâts naturels. Nos techniciens sont parfaitement formés et donc à même d’estimer l’ampleur des dégâts, en intervenant de surcroît très rapidement.” Alain Perea est favorable à une période d’essai de quelques mois de cette mesure pour en confirmer la pertinence. Ce sera au préfet de la valider.

Olivier Bazalge


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