Chasse : manif chez le Premier ministre

Publié le 21 septembre 2020

En manifestant devant la sous-préfecture et la mairie de Prades, les chasseurs d’une dizaine de département ont exprimé leur inquiétude de voir interdire la totalité des pratiques de chasse à moyen terme (photo : FDC 84).

Les syndicats agricoles et vignerons audois et catalans se sont joints à la manifestation initiée par les chasseurs le samedi 12 septembre, à Prades, la commune du Premier ministre Jean Castex. En point de mire, une proposition de loi faisant planer la perspective d’un arrêt pur et simple de la chasse et la crainte des agriculteurs pour la régulation des populations de sangliers.

Les communiqués annonçant des manifestations à Prades chez le Premier ministre, le 12 septembre sont tombés de toutes parts. Fédération nationale des chasseurs, fédérations départementales, FDSEA 66, JA 66, syndicats des vignerons de l’Aude et des Pyrénées-Orientales, et même la Confédération paysanne des P-O, mais pour une raison différente des autres, y sont allés de leur appel à manifester devant la sous-préfecture et la mairie de Prades. C’est entre autres Éric Camoin, le président de l’association nationale de défense des chasses traditionnelles à la grive, ou Eddie Puyjalon, qui préside le Mouvement de la Ruralité, qui ont appelé à la mobilisation de tous les chasseurs, et pas uniquement les pratiquants de méthodes de chasses traditionnelles, “car si la chasse à la glu est aujourd›hui en cause, la proposition de loi qui va être examinée le 8 octobre concerne toutes les chasses. Car en interdisant la chasse à courre, ce sont toutes les chasses qui vont être impactées“, insiste ainsi Éric Camoin.

En cause, donc, cette proposition de loi “relative à de premières mesures d’interdiction de certaines pratiques génératrices de souffrances chez les animaux et d’amélioration des conditions de vie de ces derniers“, qui vient d’être déposée récemment à l’Assemblée nationale. Elle fait suite à l’interdiction de la pratique de la chasse à la glu pour les grives et les merles par Emmanuel Macron, mais uniquement pour la saison de chasse à venir, et contient des éléments qui font craindre aux chasseurs l’interdiction totale de toutes les pratiques de chasse à l’avenir.

Les battues indispensables à la protection des récoltes

Le président de la Fédération nationale des chasseurs (FNC), Willy Schraen, a quant à lui écrit aux présidents de fédérations départementales pour les mobiliser. “Nos valeurs rurales sont violemment attaquées par les anti-tout“, soutient-il, en arguant que même temporaire, cette interdiction ouvre la voie à d’autres décisions sur la tourterelle, l’ortolan et les oies.

Les manifestants, dont le nombre varie de 1 000 à 1 500 selon les sources, sont ainsi arrivés d’une dizaine de départements, essentiellement d’Occitanie et de Paca, pour se regrouper symboliquement dans la ville dont Jean Castex est encore premier adjoint.

Si la Confédération paysanne des P-O avait également lancé un appel à la mobilisation de ses membres, mais sur la place de l’église de Prades, pour “rappeler aux chasseurs l’urgence de chasser le grand gibier qui occasionne l’augmentation des dégâts et pertes de récolte“, le syndicat des vignerons de l’Aude s’est, quant à lui, joint au cortège des chasseurs, pour préserver cette activité de chasse indispensable au maintien des récoltes.

C’est dans un contexte quasi-quotidien d’attaques contre la ruralité que nous avons pris connaissance, non sans stupeur, du contenu de ce projet de loi relatif. En prévoyant l’interdiction de la chasse à courre et [des] pratiques de chasse équivalentes, ainsi que des chasses dites traditionnelles, cet article met en danger les pratiques de chasse au chien courant et, par conséquent, celles des chasses en battue“, s’inquiète Frédéric Rouanet, le président du Syndicat des vignerons de l’Aude. Il souligne combien une interdiction de cette chasse mettrait en danger des exploitations viticoles déjà fragilisées par les crises successives auxquelles elles ont fait face et qu’elles rencontreront encore à l’avenir. “Par la combinaison du piégeage, du tir de nuit et de la chasse en battue, les populations de sangliers peuvent être maintenues à un niveau correct. Cette chasse au grand gibier permet bien souvent de sauver une récolte !“, reprend Frédéric Rouanet.

D’ici octobre, et l’examen de cette proposition de loi, gageons que les tractations vont se poursuivre en coulisses pour que l’article relatif aux méthodes de chasse soit dénué de toute ambiguïté vis-à-vis des différentes méthodes de chasse concernées par une interdiction potentielle. 

Olivier Bazalge


Chasse à courre battue glu