Cave coopérative Huilerie-Confiserie de Clermont-l’Hérault : 100 ans d’existence

Publié le 29 septembre 2020

Visite de la présidente de Région, Carole Delga, au Moulin d’Augustin pour saluer le travail de la coopérative oléicole et l’assurer de son soutien (© F. Guilhem).

Pour saluer le travail de conseil et de formation des producteurs qu’assure la coopérative oléicole de Clermont-l’Hérault, la présidente de Région, Carole Delga, est venue rencontrer celles et ceux qui la font vivre, le 18 septembre dernier.

L'or vert de la Méditerranée aura connu bien des soubresauts avant que ses vertus ne soient reconnues dans les années 80, et que l’huile d’olive ne retrouve alors ses lettres de noblesse dans son usage culinaire. Un homme, pourtant, avait compris tout son intérêt et sa qualité bien avant, Augustin Pagès, le fondateur de la cave coopérative oléicole de Clermont-l’Hérault, à son retour de la Première Guerre mondiale. Il aura fallu la pugnacité et la profonde conviction de ce personnage pour récolter les fonds et convaincre les oléiculteurs de rejoindre la coopérative, dont les statuts ont été déposés en 1920. 

La cave coopérative assure aujourd’hui 40 % de la production départementale d’olives de table. Elle est la seule à avoir survécu après le gel de 1956, alors que les six autres coopératives de l’Hérault (Pignan, Lodève, Aniane, Saint-Chinian, Roquebrun et Claret) ont été contraintes de cesser leurs activités, faute de production. Plus d’un million d’oliviers ont été alors arrachés dans le département, l’État n’offrant des aides que pour la production d’olives de table, la lucques et la picholine. 

Ce ne sont que dans les années 80, avec le retour en grâce de l’huile d’olive, que des oliviers ont été de nouveau plantés, dont 200 ha à Clermont-l’Hérault avec des variétés locales (olivière, clermontaise, verdale de l’Hérault, amellau, la lucques et la picholine étaient, elles, déjà présentes). “Seule notre coopérative a assuré la pérennité de cette culture dans le département“, rappelle sa directrice, Hélène Pagès.

Une année difficile

Grâce à ses 1 200 apporteurs, dont beaucoup de petits producteurs qui complètent en fait leur retraite grâce à cette activité, la cave coopérative produit, par an, autour de 80 000 litres d’huile et entre 40 à 50 tonnes d’olives de table. Mais cette année, la récolte d’olives de table en lucques a été une véritable catastrophe (cf. notre édition du 18 septembre dernier). “Cette année, ces petits producteurs n’auront rien“, se lamente la directrice de la cave coopérative oléicole. “On va essayer de faire de la picholine pour compléter la production d’olives de table, mais ce sera loin d’être suffisant. Et nous aurons sans doute une petite production en olives à huile“, craint-elle. 

Entre les effets collatéraux du Covid-19 et la mauvaise récolte de cette année, la présidente de la Région, Carole Delga, a précisé que la collectivité territoriale, comme par le passé, serait présente à leurs côtés. “Quand Le Moulin Augustin s’est fédéré avec les coopératives de Villevieille et Beaucaire, dans le Gard, au sein d’un groupement d’employeurs Interfédé, pour apporter à leurs adhérents un conseil technique, la Région est venue en soutien, comme pour bâtir un projet de relance . À la suite de l’obtention de l’AOP pour la lucques, en 2017, chaque année, la Région accompagne la cave dans le cadre du dispositif Feader, par une subvention de 7 000 €, passée à 11 000 € en 2019, afin d’accroître la visibilité du produit. La même année, la coopérative a bénéficié d’un pass Agroviti. Et nous serons encore là dans les moments difficiles", assurait la présidente, lors de sa visite au Moulin Augustin, le 18 septembre dernier.

Le travail continue

Si les temps s’annoncent difficiles, au Moulin Augustin, site de production et de conditionnement bâti en 2006, les cinq salariés à temps plein s’affairent pour trier et préparer les olives de table et les conditionner. Ce n’est que fin octobre que les premières huiles seront produites à partir de deux chaînes, l’une pouvant traiter cinq tonnes par heure pour l’extraction d’huile, et l’autre une tonne par heure, dédiée aux particuliers. 

Nous avons investi dans ces deux chaînes, en 2012, à la fois pour pouvoir faire face à de grosses récoltes, mais aussi pour pouvoir obtenir une plus grande qualité du produit, car l’olive est un produit brut qu’il faut travailler rapidement pour avoir une bonne qualité“, rappelle Hélène Pagès. 

Un choix qui a porté ses fruits, puisque l’an dernier, au Salon international de l’agriculture, la cave coopérative a raflé quatre médailles d’or (huile de lucques, huile de bouteillan, huile traditionnelle et les picholines pasteurisées). Gageons qu’en dépit de ces temps difficiles, la persévérance et le qualité du travail des producteurs et salariés de la cave coopérative seront de nouveau récompensés. 

Florence Guilhem


Les petites mains ne chôment pas pour trier à la main les olives de lucques avant leur passage à la calibreuse (© F. Guilhem).

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