Boîte à idées pour le lancement d’un PAT dans le Gard

Publié le 16 février 2021

Si les pistes ne manquent pas, le PAT porté par Nîmes Métropole va devoir retenir des projets pertinents autour de l’alimentation et de l’agriculture, avant un plan d’actions pour 2023. © Ph. Douteau

Depuis mi-janvier, Nîmes Métropole s’est dotée de la marque ‘Projet alimentaire territorial’, reconnue par le ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation. Comme le prévoit la loi d’avenir pour l’agriculture, l’alimentation et la forêt du 13 octobre 2014, les porteurs de projets, qu’ils soient des organismes publics ou privés à but non lucratif, peuvent utiliser et se prévaloir de cette marque et du logo, au sein du réseau national des PAT.

Parmi les 41 PAT reconnus par le ministère, 12 sont identifiés en Occitanie. Ces dispositifs de reconnaissance affichent l'ambition "de fédérer les différents acteurs d'un territoire autour de la question de l'alimentation, contribuant ainsi à la prise en compte des dimensions sociales, environnementales, économiques et de santé de ce territoire".

La Communauté d'agglomération Nîmes Métropole va s'appuyer sur les diagnostics déjà établis par les partenaires du projet, notamment via l'expertise et l'appui technique et logistique de la Chambre d'agriculture du Gard. Un plan d'actions devrait voir le jour en 2023. 

Un projet en émergence 

Le président de la collectivité, Franck Proust, a confié la délégation de ce PAT à la maire de Redessan, Fabienne Richard-Trinquier, vice-présidente de la collectivité. L'élue tient à préciser qu'il ne devrait pas s'agir d'une couche supplémentaire au millefeuille de projets qui fleurissent déjà dans le département. "Il n'est pas question ici d'envisager un énième diagnostic", indique-t-elle. "Les Chambres d'agriculture ou de commerce ont déjà ces informations. Il s'agit donc de les récupérer", et, éventuellement, d'effectuer des diagnostics complémentaires, le cas échéant. "L'objectif est de co-construire ce PAT en faisant intervenir les spécialistes", indique la vice-présidente de Nîmes Métropole. Encore au stade des concertations, ce PAT va impliquer l'ensemble des acteurs du territoire (syndicats, associations, structures publiques), afin "d'identifier les besoins prioritaires". 

Avant de lancer un plan d'actions d'ici 2023, la boîte à idées en termes d'outils et de solutions agricoles et alimentaires est activée. Installation de jeunes, préservation des espaces agricoles, soutien aux circuits courts, gestion de l'eau... "Des idées, tout le monde en a", soutient Fabienne Richard-Trinquier. Encore faudra-t-il faire des choix. "Nîmes Métropole est un orchestrateur de ce projet", insiste Line-Marie Lafitte, chargée de mission 'agriculture et alimentation' à Nîmes Métropole. "Il existe déjà de nombreuses initiatives. Il s'agira donc de fédérer les acteurs et de les faire travailler ensemble, dans l'intérêt commun." 

Trouver un consensus

Dépasser les clivages et faire consensus, telle sera l'une des gageures de ce PAT. "Tant mieux, mais encore faut-il que cela débouche sur du concret", espère David Sève, président de la Fdsea du Gard, qui était convié au séminaire de lancement du projet, le 14 janvier. Depuis le début de la pandémie et le premier confinement, l'engouement pour les produits locaux a témoigné d'une prise de conscience chez les consommateurs. Un regain d'intérêt salutaire, "mais il ne faudrait pas que cela devienne un outil politique", estime David Sève. "Le local, c'est très bien, mais cela ne pourra pas absorber tous les besoins", nuance-t-il. Selon les ressources du teritoire, il conviendrait alors, selon lui, de trouver le juste équilibre entre les productions déficitaires, et celles qui suffisent largement à approvisionner le territoire, comme le vin. "Il faudra songer aux exportations. On ne peut pas boire tout le vin produit dans le Gard uniquement dans le département. Idem pour le bio, il faut que ce soit des projets complémentaires." Parmi les pistes à creuser, l'approvisionnement des cantines scolaires, déjà en place, est un bon levier. 

La Chambre d'agriculture en appui technique 

La restauration collective est d'ailleurs l'un des chevaux de bataille de la Chambre d'agriculture, "pour des produits spécifiques", indique Magali Saumade. "On peut faire produire en fonction des besoins, mais c'est complexe. C'est du cousu main à chaque projet, selon le secteur." La présidente de la Chambre espère aller plus loin, afin de fournir des établissements hospitaliers, des Ehpad, et de renforcer la présence des fruits et légumes du Gard dans les assiettes des collèges. 

Satisfaite que le Plan de relance "remette en lumière" ces PAT, Magali Saumade porte aussi un projet de reconquête des friches pour développer la filière céréales, et "créer une dynamique autour de la farine". Mais la structure est avant tout partenaire du PAT pour accompagner la collectivité, dans la mutualisation des outils de transition, par exemple. Sollicitée pour ses diagnostics, la Chambre pourra, par ailleurs, "creuser certains points s'il manque des diagnostics sur des problématiques ciblées", ajoute Lydia Picq, la directrice. Un prochain appel à projet sera lancé entre mars et avril 2021, pour intégrer des démarches innovantes au PAT, dans le cadre du Plan de relance. "Notre souhait serait que ce projet 'farine' puisse y être intégré." 

Les nombreux tours de table devront aboutir à des "projets intersectoriels", selon le souhait de Nîmes Métropole, qui devra trancher avant d'activer un plan d'ici deux ans. "C'est de l'argent public", souligne Fabienne Richard-Trinquier. "Ces actions sont vouées à perdurer." 

Philippe Douteau


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