Belle récolte pour l’AOP Huile d’olive de Nîmes

Publié le 10 décembre 2021

La Fête de l’Huile de l’Avent lance la saison de l’AOP Huile d’olive de Nîmes. Le président du syndicat prévoit plus de 50 tonnes produites. © AOP Olive et Huile d’olive de Nîmes

Après les vins primeurs et autres Beaujolais nouveaux, voici venu le temps de l’Huile de l’Avent. Les nouvelles cuvées de l’AOP Huile d’olive de Nîmes sont à découvrir aux moulins et à la vente durant tout le mois de décembre. À l’approche des fêtes, la récolte s’annonce déjà généreuse, selon le syndicat des appellations Olive et Huile d’olive nîmoises.

Entre la récolte qui touche à sa fin au domaine Pierredon à Estézargues, et les rentrées d'olives à façon des apporteurs, les moulins "sont chargés", se satisfait le chef d'exploitation. Également président du syndicat des AOP Olive et Huile d'olive de Nîmes depuis 2019, Gilles Granier a démarré sa récolte le 6 octobre, qui augure "une belle année", après une campagne 2020 marquée par de faibles volumes. 

Au moins 50 tonnes attendues

Alors que décembre est le mois de la fête de l'Huile de l'Avent, les producteurs de neuf moulins proposent, jusqu'au dimanche de l'épiphanie, leurs cuvées nouvelles d'huiles "fraîchement extraites", à retrouver lors des portes ouvertes ce 4 décembre, et jusqu'à la fin de l'année à la vente. Ornées d'un sticker rouge spécialement apposé sur les bouteilles, on ne peut se tromper. Si la quantité de ces huiles aux reflets verts et à l'ardence reconnaissables est difficile à évaluer pour l'instant, le président des AOP prévoit un millésime "honorable", là où les olives comme l'huile ont manqué l'an dernier. Ce sera "une belle récolte, où tout est bon", assure Gilles Granier qui table sur "une fourchette haute", aux alentours des 50 tonnes, "voire plus", espère-t-il. 

Sans une grosse pression de la mouche, même chez les amateurs qui n'ont pas traité, et ceux qui ont utilisé l'argile, et le gel qui a épargné la picholine dans le secteur d'Aramon et de Tavel, l'huile de Nîmes cru 2021 devrait tenir toutes ses promesses. "La picholine est plus tardive, elle n'a donc pas été concernée par le gel. Quant aux variétés plus précoces, les oliviers n'ont pas gelé, contrairement à certaines de mes vignes", explique l'oléiculteur. Sur le canton, les dégâts du gel ont été bien moindres que dans d'autres secteurs du Gard. 

Raison de plus, pour le président des AOP, d'inciter à se rendre aux moulins de l'appellation et de privilégier le circuit court. "On s'est fait dévaliser pendant le confinement, alors qu'il y avait moins d'huile. Continuons à acheter local plutôt qu'en supermarché", recommande Gilles Granier. 

Arômes retrouvés 

Une semaine avant l'ouverture des moulins de l'appellation au public, l'Huilerie coopérative de Beaucaire organisait déjà sa 'Rand'Olive', en marge de la Fête de l'olive, à Bellegarde, du 26 au 28 novembre. "On en fera même une petite cuvée", annonce Jean-Marie Étienne, président de la coopérative, qui proposera aussi des dégustations ce samedi. 

D'après les premiers retours de professionnels, les huiles devraient apporter leur lot de satisfaction aux palais connaisseurs. Une amélioration gustative notamment due aux investissements entrepris par l'huilerie. Équipée de six nouvelles cuves en inox, d'un nouveau malaxeur sans air, évitant l'ajout d'oxydation sur la pâte, et d'un nouveau décanteur écologique qui "sort une huile bien meilleure", atteste Jean-Marie Étienne, la coopérative réalise une économie "de 150 l d'eau par tonne d'huile d'olive". Sur la picholine, mais aussi sur toutes les autres variétés, le président et ceux qui y ont goûté retrouvent là "des arômes qu'on avait perdus, avec des notes d'artichaut, d'ananas. Toute une complexité aromatique".  

Si les prévisions de récolte d'huile seront moindres à la coopérative, d'environ un cinquième, le président envisage des volumes dépassant les 200 t, voire 220 t. Mais avec un produit représentant "6 % de notre consommation", la commercialisation d'huiles locales n'est pas un problème. D'autant que depuis le premier confinement, les ventes sur Internet ont été "multipliées par quatre". Une tendance qui s'est encore poursuivie en 2021. Site remarquable du goût, et reconnue 'Patrimoine culturel immatériel en France' à l'Unesco en octobre 2020, les AOP Olive et Huile d'olive de Nîmes ne cessent de gagner en notoriété. "La pandémie aura permis d'ouvrir les yeux des gens sur la qualité française. Je ne suis pas inquiet", observe Jean-Marie Étienne.

Philippe Douteau


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