Aude : Une fusion qui Evoc un plan stratégique

Publié le 22 mars 2019

A Arzens, un des bâtiments sera reconverti et dédié aux volumes destinés au marché conditionné et au bio.

Respectivement créées en 1947 et 1949, les caves du Razès à Routier et de la Malepère à Arzens ont entériné leur fusion à l’issue d’un vote en décembre. Baptisé Evoc, ce rapprochement aboutit à un plan stratégique ambitieux pour ancrer la nouvelle entité dans une dynamique d’avenir.

5 000 hectares de vignes, 320 à 330 000 hl de vin produit sur une année normale, les chiffres suffisent à situer le poids lourd de la viticulture régionale que viennent de créer les 400 associés-coopérateurs des caves d’Arzens et Routier en fusionnant. Reprenant pour l’heure le nom déjà existant d’Evoc (Entente viticole de l’Ouest Carcassonnais), le nouveau bébé sera peut-être rebaptisé par la suite. “Le projet de fusion est assez ancien sans avoir jamais abouti. Il a été relancé depuis deux ans avec la convergence des solutions envisagées de part et d’autre dans les plans stratégiques respectifs de nos deux structures. Sans cette fusion, nous nous serions retrouvés en concurrence directe sur bien des points”, expose en préambule Dominique Farail, président de l’entité naissante. C’est donc pour une structure unique qu’un plan stratégique a pu être mis en place, s’articulant autour de trois axes de développement essentiels : le vrac, les produits conditionnés, le service aux adhérents.

Une meilleure segmentation de l’offre vrac

Le vrac représente pour l’heure 98 % des volumes commercialisés, majoritairement en vins de Pays d’Oc, dont Evoc est un des plus gros producteurs languedociens. “Nous souhaitons tendre vers une segmentation claire de notre gamme vrac, en allant du vin de France à l’AOP premium, tout en restant un producteur important de vins de Pays d’Oc, qui concentre encore l’essentiel de nos marchés. Une ambition de notre plan stratégique est donc de parvenir à valoriser la variété des terroirs, sols et vignes dont nous disposons sur notre aire de production”, avance Olivier Ambry, directeur d’Evoc, auparavant en charge de la cave de Routier. Sur ce marché particulier du vrac, 60 % des vins sont destinés à Vinadeis, dont Evoc est actionnaire à 22 %. La réussite de la stratégie de segmentation de la gamme vrac passera par des efforts qualitatifs supplémentaires, en particulier sur les cépages, cœur de métier de la cave. “Nous devons rester en adéquation des marchés existants et les renforcer”, poursuit Olivier Ambry. “En vins de Pays d’Oc, il nous faut non seulement augmenter le niveau qualitatif général, mais surtout maintenir une régularité indépendante du millésime ou du terroir.” Quel que soit le segment de vin produit sur une parcelle, Dominique Farail, entend “tendre, en l’état du marché, vers une rémunération de 6 000 €/ha pour les adhérents”. Outre les vins de Pays d’Oc, le modèle de rentabilité des vins de France doit être développé. La cave a ainsi répondu à un appel à projet de l’Anivin. Elle a été retenue, en partenariat avec Vinadeis et Arterris, pour un projet d’implantation de vignoble innovant écoresponsable, dans un mode de conduite technique, performant et économique. Un bloc de 30 ha sera planté en 2019 sur le site expérimental d’Arterris dans le Lauragais, pour démontrer la rentabilité du modèle des cépages en vins de France. Le sujet transversal de la conversion en bio du vignoble est également considéré dans la stratégie d’Evoc, “l’objectif est établi à 15 % du vignoble converti d’ici 2025, mais cela reste un minimum”, estime Dominique Farail. “Nous mettons en place un accompagnement technique indispensable à cette évolution des pratiques. Mais tous nos viticulteurs sont sensibilisés à ces démarches environnementales. Nous avons ainsi 800 ha engagés en mesure agroenvironnementale sur l’aire de captage de Maquens.”

Augmenter la part du conditionné

Le développement de l’offre en vins conditionnés constitue certainement l’objectif le plus ambitieux de cette nouvelle stratégie. “Nous travaillons à multiplier par quatre d’ici 2025 le chiffre d’affaires généré par nos marchés bouteilles, actuellement de 1,5 million d’euros. Nous devons encore développer ces segments où nous sommes compétitifs grâce à notre potentiel de production qui va de l’AOP Cabardès à l’AOP Malepère”, détaille Olivier Ambry. Un responsable du conditionné est déjà en place sur le site de Routier et un responsable commercial va être recruté.

Olivier Bazalge


La fusion des caves d’Arzens et Routier va permettre d’optimiser les outils de production déjà existants sur les deux sites.

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