Aude : premier bilan après les fortes pluies de Gloria

Publié le 04 février 2020

La Chambre d’agriculture, les JA, les VI, Coop de France et le Syndicat des Vignerons de l’Aude ont souhaité rassurer les agriculteurs, et mettre en avant la force du collectif et la solidarité qui caractérisent le peuple agricole audois.

Avec les fortes précipitations enregistrées les 22 et 23 janvier, à cause de la tempête Gloria, les cours d’eau audois sont sortis de leur lit. Si aucun mort n’est à déplorer, des dégâts sur les cultures et les élevages sont à nouveau enregistrés dans le département.

Les 22 et 23 janvier derniers, les fortes pluies et les crues provoquées par le passage de la tempête Gloria ont pu réveiller de mauvais souvenirs chez beaucoup de monde. Heureusement, aucune vie humaine n’a été emportée, mais les débordements des cours d’eau, bien au-delà de leur lit, ont causé des dégâts matériels dans des exploitations du département. En marge de la présentation de ses vœux à la presse, Philippe Vergnes, président de la Chambre d’agriculture départementale, accompagné de Marie-Hélène Forest, directrice générale, a donc souhaité dresser un premier bilan de l’impact de ces inondations sur les cultures et les élevages audois.

À nouveau, la filière viticole a été impactée, mais les secteurs céréaliers déplorent des pertes conséquentes alors que beaucoup de semis viennent d’être effectués entre décembre et janvier. “Les retours enregistrés sur le terrain sont encore partiels mais, s’ils sont d’une intensité aussi considérable qu’en 2018, les dégâts sont restreints à des surfaces bien moins importantes. Je veux donc en priorité rassurer nos agriculteurs”, annonce Philippe Vergnes. Des réunions sont d’ores et déjà programmées entre les services de la Chambre et les agriculteurs dans différents secteurs allant de Carcassonne à Limoux. Philippe Vergnes a ajouté ensuite que, de son côté, la DDTM va diligenter une mission d’enquête au terme de laquelle les agriculteurs devraient pouvoir prétendre au fonds de calamité agricole.

Etablir une “photographie” des dégâts occasionnés

Des expertises seront ensuite effectuées sur le terrain par les agents de la DDTM ou ceux de la Chambre d’agriculture, selon l’ampleur des surfaces concernées, mais Philippe Vergnes prévient, “les agriculteurs voulant déjà intervenir pour réparer les dégâts peuvent le faire, mais qu’ils prennent bien la peine de photographier l’état de leurs installations au préalable”.

Frédéric Rouanet, président du Syndicat des vignerons de l’Aude, a tenu à marquer de sa présence ce premier bilan pour manifester le soutien de l’ensemble de la profession viticole aux exploitants agricoles sinistrés. De la même manière, Fabien Mariscal, co-président des Jeunes agriculteurs audois, Vincent Pech, représentant la Fédération des Vignerons indépendants, et Ludovic Roux pour Coop de France, ont exprimé la solidarité de la profession agricole envers ses sinistrés.

“Malheureusement pour nous, nous commençons à avoir un savoir-faire face à ce genre de situation. En collaboration avec la Chambre, nous remettrons en place des journées de solidarité pour venir en aide. Comme toujours, la solidarité prime, et nous jouerons encore une fois la carte du collectif pour ne laisser personne sur la touche”, a ainsi souligné Frédéric Rouanet. L’association des agriculteurs sinistrés audois ne sera toutefois pas réactivée et l’appel à la solidarité se fera dans les limites du département, avec toutefois la possibilité d’aller prêter main forte aux collègues des Pyrénées-Orientales. “Ces journées de solidarité se feront au plus tôt à la fin du mois de février, en fonction des besoins du terrain. Attendons la cartographie précise de la Chambre et les expertises de terrain. Il faut, de plus, laisser sécher les parcelles”, ajoute Frédéric Rouanet.

L’entretien des cours d’eau pose toujours question

Au niveau viticole, les secteurs du Limouxin et du Razès semblent les plus touchés, entre 60 et 100 ha, ainsi que l’Ouest carcassonnais et le Cabardès, ou encore la plaine de Capendu. Les cumuls de pluie enregistrés ont été très variables et ont atteint 200 mm dans la haute vallée de l’Aude, le Razès et le Limouxin. En zones céréalières touchées (Hers, Vixiège, Piège, Sillon), les cultures de céréales à paille sont inondées avec d’importantes pertes de pieds et de rendement. Les semis de blé effectués entre décembre et janvier ne lèveront certainement pas. Il faudra re-semer sous peine d’avoir des irrégularités de levées très pénalisantes.

Partout, les dégâts constatés vont des déchets et gravats charriés dans les parcelles aux fossés bouchés, talus érodés, des buses de pont bouchées, des digues endommagées, ravinements, coulées de boues. De même, quantités d’arbres coupés qui étaient restés dans les lits des ruisseaux ont été transportés sur les parcelles proches, occasionnant des dégâts sur les palissages de vignes ou installations maraîchères. La question de l’entretien des cours d’eau se pose une nouvelle fois chez les agriculteurs. Des éleveurs ont signalé des veaux et des porcs emportés par les eaux, mais rien n’a été précisément chiffré.

Les techniciens de la Chambre d’agriculture vont poursuivre les relevés sur le terrain pour arriver au plus tôt à une “photographie” précise des dégâts occasionnés dans les exploitations.

Les agriculteurs sinistrés sont invités à contacter le numéro d’urgence mis en place par la Chambre pour déclarer leur situation : 04 68 11 79 81.

Olivier Bazalge


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