Aude : les Vignerons indépendants font leurs réunions de secteur

Publié le 21 janvier 2020

A l’occasion des six réunions de secteur à travers le territoire, les membres du bureau de la fédération des VI de l’Aude vont à la rencontre des adhérents pour échanger sur les sujets économiques, techniques ou réglementaires.

La tenue des traditionnelles réunions de secteur marquent, comme chaque année, le coup d’envoi de l’activité des Vignerons indépendants de l’Aude. Véritable courroie de transmission de l’information entre la base et les dirigeants, ces réunions constituent un moment d’échange privilégié dans la vie de la fédération départementale.

Du 13 au 22 janvier, les membres du bureau de la fédération des Vignerons indépendants (VI) de l’Aude se déplacent dans le départementl pour tenir les traditionnelles réunions de secteur. De Narbonne à Limoux, en passant par La Palme, Lézignan-Corbières, Trèbes et St-Laurent de la Cabrerisse, ces rencontres constituent le rendez-vous incontournable de la fédération à travers le territoire. Les adhérents sont, à cette occasion, informés de l’activité viticole et des dossiers en cours, pour également engager un dialogue nécessaire autour des actions syndicales et économiques entamées en 2019 par la fédération. Un balayage de l’ensemble des actions prévues par les VI aux échelles nationale et européenne durant le premier trimestre 2020 est également mis en lumière.

Les chiffres de récolte, les prix enregistrés et les attentes des opérateurs, sur le marché intérieur comme à l’export, sont soigneusement présentés et analysés, afin que chacun puisse se positionner sur ses marchés au regard de la conjoncture économique et commerciale. “Et cette année, il y a de quoi faire”, ne plaisante pas Alexandre They, président de la fédération des VI audois.

Menaces commerciales outre-Atlantique et outre-Manche

Côté marché intérieur, “nous l’avons vu venir tout au long de l’année, la baisse des sorties en grande distribution est bien ancrée”, dévoile tout de suite Alexandre They. Mais le gros du dossier reste évidemment lié au contexte international et aux menaces de plus en plus prégnantes liées à l’exportation vers le Royaume-Uni ou les Etats-Unis.

“Donald Trump brandit maintenant la menace de passer la taxe d’importation des produits alimentaires européens de 25 à 100 %. On nous annonce cela pour courant janvier. Pour nous ça a été le vin, et le fromage pour les Italiens. Qui sait ce qu’il va nous réserver ce coup-ci ? C’est intenable et là encore totalement injuste, puisque c’est en réponse à l’instauration de la taxe sur les géants du numérique”, se désole Alexandre They.

Outre-Manche, l’obtention de la majorité par Boris Johnson et l’approbation par sa majorité du déclenchement du Brexit font également craindre un scénario catastrophe. En 2018, le marché britannique était établi à 1,3 Md€ pour les vins et spiritueux français. “à partir du 31 janvier, et la mise en route de la sortie du Royaume-Uni de l’Europe, nous allons vivre une année d’incertitudes identiques à ce que nous connaissons maintenant”, reprend Alexandre They.

Des enjeux locaux

A l’échelle locale, les sujets de discussion entre les adhérents et les membres du bureau ne manquent pas : charte de bon voisinage, loi anti-gaspillage, ZNT (zones de non-traitement) ou avancée vers la certification HVE sont au centre des échanges. Les techniciens employés de la fédération abordent, en outre, les évolutions réglementaires et techniques, aves rappel des points clés et des échéances à venir.

Enfin, au terme d’un travail de fond de trois ans, les Vignerons indépendants avaient obtenu l’adoption, dans la loi de finances 2019, de l’épargne de précaution. Cette épargne, sous forme de stocks de vin, avait été demandée dans l’objectif de pouvoir assurer la continuité des marchés en cas de coup dur, en substitution à de l’épargne strictement numéraire. “Bercy avait retenu l’option d’un plafond forfaitaire à 150 000 €, quelle que soit la taille de l’exploitation, alors que nous avions demandé et espérions une évolution vers un plafond indexé au chiffre d’affaires. Rien ne bougera prochainement sur ce sujet, car Bercy attend de voir les effets de la mesure adoptée avant d’envisager un changement”, explique Alexandre They.

Olivier Bazalge


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