Aude : baisse des rendements confirmée pour le tournesol

Publié le 08 octobre 2019

Dans l’Aude, la récolte du tournesol se termine et confirme quelques inquiétudes concernant les rendements.

La récolte du tournesol se termine dans le département. Les craintes émises en début de campagne autour d’une possible baisse de rendement sont à présent confirmées avec la fin des chantiers. La qualité reste, par ailleurs, très satisfaisante.

Les constatations effectuées en début de récolte sur les premières parcelles avaient laissé présager une tendance contrastée. Les quantités moyennes récoltées par parcelle et l’hétérogénéité des rendements tempéraient une qualité pourtant au rendez-vous, à l’image de l’ensemble des céréales cette année.

Depuis, les chantiers de récolte sont arrivés au bout de la campagne, malgré un épisode pluvieux autour du 21 septembre qui a décalé quelques fins d’activité. Le retrait des rendements est enregistré dans tout le département. “Le recul est à présent suffisant sur l’ensemble des parcelles récoltées pour situer les rendements moyens entre 15 et 18 quintaux/hectare (q/ha). C’est bien inférieur à la moyenne quinquennale, qui s’étalonne entre 18 et 22 q/ha”, relate Gilles Terres, chargé de mission grandes cultures à la Chambre d’agriculture de l’Aude.

3 à 4 q/ha de baisse moyenne

Sur une fourchette s’étalant globalement de 10 à 25 q/ha, le technicien a pu relever, à travers le territoire audois, des minimums très bas sur les plus mauvaises parcelles, pouvant descendre jusqu’à 7-8 q/ha. En parallèle, les meilleures parcelles n’ont jamais produit au-delà de 25 à 28 q/ha, assez loin donc des 30 à 35 q/ha enregistrés l’an dernier. “Nous constatons une perte de 10 q/ha sur les meilleures parcelles, ce qui est considérable, et cela tourne plutôt entre 3 et 4 q/ha pour la moyenne. Cela s’explique grandement par les fortes chaleurs subies par les cultures à des stades physiologiques charnières du développement du tournesol. La canicule de juin est arrivée tôt dans le cycle, sur des plantes jeunes. La réponse de celles-ci à ce stress précoce a été un blocage physiologique, une sorte de mise en veille, qui a entraîné un retard dans tout le cycle de développement. La plante s’est ensuite remise à pousser normalement, mais les épisodes caniculaires se sont enchaînés”, reprend Gilles Terres.

Comme il avait pu le décrire en début de campagne, le chargé de mission précise que si le manque d’eau a pu contribuer à cette baisse de rendements, il n’en constitue pas pour autant la raison principale. Gilles Terres estime ainsi l’enchaînement des épisodes caniculaires bien plus impactants sur le développement du tournesol. “La culture est adaptée aux conditions sèches, mais les parties aériennes ont subi un stress important à deux stades physiologiques primordiaux. En juin, au stade ‘six paires de feuilles’, se joue la mise en place des graines, puis, en juillet, au stade début floraison, c’est le poids des graines qui a pu être impacté. La perturbation de ces deux étapes a des effets concrets sur les rendements de la plante”, reprend-il. La fin de la floraison a également pu être affectée par les chaleurs de début août.

Bon précédent cultural

En réponse aux prix du marché, une forte proportion de tournesol oléique a été enregistrée dans l’Aude cette année. Il se négocie aux alentours de 350 €/t, alors que le tournesol classique (linoléique) navigue plutôt dans les 290 €/t. “Au-delà d’une différence de 50 €/t, les exploitants basculent massivement vers le tournesol oléique”, valide Gilles Terres.

Malgré une légère baisse des surfaces plantées par rapport à l’an dernier, le tournesol reste, avec 18 500 ha enregistrés en 2019 à l’échelle du département, la deuxième grande culture audoise hors vigne. Cette culture de printemps non irriguée n’a pas nécessairement souffert du manque d’eau, “même si la présence de l’irrigation a pu faire perdre un peu moins de rendements”, ajoute Gilles Terres.

Olivier Bazalge


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