Amandine Dusserre, duchesse d'Uzès

Publié le 12 juin 2019

Lors de l'opération Vin Côté Cours, la truffe blanche était à nouveau à l'honneur cette année, pour s'accorder avec les vins de l'appellation. Ici la directrice Amandine Dusserre, en séance de dégustation.

Appellation d'origine contrôlée depuis 2013, le vignoble du Duché d'Uzès est officiellement dirigé par Amandine Dusserre depuis fin mars. Mais en réalité, la jeune femme œuvre déjà au sein du syndicat des vignerons du Duché d'Uzès depuis plus longtemps. Explications et présentations.

• Vous êtes passée récemment du statut d'animatrice à directrice de l'AOC, c'est-à-dire ?

Amandine Dusserre : "Je travaille au syndicat depuis plus de quatre ans. J'y étais animatrice, mais cela représentait peu mes fonctions. Cela s'est formalisé lors du conseil d'administration du syndicat, le 25 mars, qui a permis de remettre à jour mon statut."

• Fille de vignerons, comment êtes-vous arrivée au syndicat ?

A.D. : "J'ai suivi mes études d'ingénieur agronome à l'Ensat (Ecole nationale supérieur agronomique de Toulouse), puis j'ai intégré la Chambre d'agriculture du Jura, avant celle du Gard, en tant qu'ingénieur agronome viti, de 2013 à 2014. C'est après que je suis arrivée au syndicat, en novembre 2014."

• Qu'a donné le millésime 2018 sur votre aire d'appellation ?

A.D. : "En volumes, nous sommes autour des 10 500 hl en gros. Chaque année, les volumes varient entre 10 500 et 11 000 hl. Quant au mildiou, nous nous en sommes bien sortis, vu que nous avons des petits rendements à l'hectare, de 34 hl/ha en moyenne (voir encadré). Nous avons été vigilants sur les vignes."

• Vous êtes plus présents sur les blancs que sur les rosés… Est-ce un positionnement stratégique ?

A.D. : "Notre production est avant tout axée sur le rouge, à 57 %. Vient ensuite le blanc, à 25 %, et le rosé à 18 %. Nous sommes l'appellation des AOC de la Vallée du Rhône qui a la plus grosse proportion de vins blancs. Ce sont ces vins qui sont le plus remarqués lors des salons, des dégustations... Notre rosé est plutôt un rosé de table, gastronomique, pas un gris pour l'apéritif. Notre marge de progression sur ce créneau n'est pas énorme. Nous avons surtout notre carte à jouer sur les blancs, après les rouges."

• L'Uzège est aussi le pays de la truffe. D'où les partenariats réguliers avec le syndicat des producteurs de truffes du Gard ?

A.D. : "Nous partageons les mêmes bureaux, donc cela aide ! Nous participons à la soirée vigneronne d'ouverture du week-end de la truffe en janvier, dans le cadre d'accords truffe et vins. Et depuis l'an dernier, on s'associe à la truffe blanche à l'occasion de Vin Côté cours (balade œno-gastronomique, ndlr), dont la 4e édition a eu lieu le 30 mai, à Blauzac. Chaque année, l'opération a lieu dans un village différent de l'appellation, car le Duché d'Uzès, ce n'est pas qu'Uzès !"

• Le fait d'être en sélection parcellaire peut-il entraver toute velléité de modifier le cahier des charges par exemple ?

A.D. : "L'appellation est en AOC seulement depuis 2013. On envisage des modifications, mais cela demande du temps. D'autant que l'Inao identifie encore actuellement des parcelles, à la demande des vignerons que nous accompagnons dans leur démarche. A terme, l'idée est de créer des îlots. On souhaite, pour cette année ou l'année prochaine, avoir des cartes officielles d'appellation déposées en mairie. En 2017, presque 2 000 ha étaient identifiés. L’AOP?est en cours de validation à Bruxelles."

Propos recueillis par Philippe Douteau


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