Vignerons indépendants de l'Aude : tous les signaux sont au vert

Publié le 15 novembre 2018

Jean-Luc Fabry, directeur de la fédération audoise des Vignerons indépendants, Jean-Marie Fabre, président, et Alexandre They, vice-président AOP au CIVL, dressent le bilan de la récolte 2018 : le millésime s'annonce quantitativement et qualitativeme

La fédération audoise des Vignerons indépendants a fait le point à l'issue de la récolte 2018, le 7 novembre dernier, au Palais du vin de Narbonne. En dépit d'une fin de campagne marquée par des inondations meurtrières, son président est très optimiste : la quantité et la qualité sont au rendez-vous.

"Nous sommes dans une production moyenne", indique Alexandre They, vice-président AOP au CIVL. "Malgré la grêle qui a sévi dans le Limouxin, les Hautes-Corbières, et l'attaque du mildiou, les vignerons ont su faire face, grâce à leur professionnalisme. Le millésime sur l'ensemble du département répond aux volumes attendus. Et qualitativement, c'est un millésime avec beaucoup de finesse et un bel équilibre, que ce soit en IGP ou en appellation. Il se positionne comme un des meilleurs depuis ces cinq dernières années." Un bilan partagé avec enthousiasme par le président de la fédération, Jean-Marie Fabre : "Nous avons déjà une belle visibilité sur ce millésime, avec une production moyenne pour la région (11, 30, 34 et 66) de 12,5 millions d'hectolitres contre 10,8 millions l'an dernier. Dans l'Aude, nous sommes dans un seuil de production entre 3,6 et 3,8 millions d'hectolitres, l'an dernier, nous étions à 3 millions d'hecto."

Une campagne prometteuse

"Nous attaquons le début de la campagne commerciale avec un œil très optimiste, dans le contexte d'un marché mondial porteur. Tous les éléments structurants sont positifs. La disponibilité (stock et récolte) est identique à 2017. Cette année a été marquée par la reconnaissance de l'IGP territoriale Terres du Midi, par l'INAO. Elle a été constituée dans un segment qui nous faisait défaut, et a vocation à répondre aux aspirations des acteurs économiques, avec un million d'hectolitres de potentiel pour les années à venir. Le président de l'ODG Terres du Midi, Ludovic Roux, a rencontré les représentants du négoce, qui se disent favorables à sa mise en marché. Tous les voyants sont au vert, allez-y, engagez-vous dans la mise en œuvre de vos contrats : il n'y a pas de raison d'être pessimiste !" Jean-Marie Fabre insiste sur la phase de croissance que connaît la production du vin en Languedoc, avec une image positive auprès du consommateur. Mais il appelle a être plus ambitieux encore : "Avec toutes ces planètes alignées, une nouvelle équipe au CIVL, c'est le moment de mettre en place un plan de communication à la hauteur de nos enjeux. Le Languedoc a mis 15 ans pour faire émerger son image, il faut désormais transformer cet essai. Nous avons besoin de chacun pour magnifier l'ensemble des vins du Languedoc, consolider notre image et garantir une notoriété."

Adaptation de la fiscalité

Conscient que, depuis quelques années, les aléas climatiques sont de plus en plus réguliers, le président des vignerons indépendants rappelle que la fédération milite depuis quelque temps pour une adaptation de la fiscalité. "Il faut que l'on soit capable de continuer à commercialiser nos vins, tout en bloquant une petite partie de notre stock, pendant un moment, en cas de coup dur. Sauf que ce stock est soumis à la pression fiscale. Nous avons donc pensé à une sorte d'épargne de précaution en nature. Nous avons demandé que ce stock soit défiscalisé l'année de sa constitution, et fiscalisé lors de sa commercialisation. Fin octobre, cet amendement a été entériné dans le projet de loi de finance agricole. Nous sommes fiers de voir aboutir un travail mené depuis trois ans, et cautionné par toutes les OPA (coopératives comprises).

Solidarité toujours active

Les inondations du 15 octobre ont frappé de nombreuses exploitations à Trèbes, mais pas seulement, comme l'indique Jean-Luc Fabry, directeur de la fédération audoise. "La vallée du Lauquet a subi de gros dégâts, mais aussi Villegailhenc, Villalier et le Narbonnais. Nous avons été contactés par toutes les fédérations de Vignerons indépendants, pour nous dire que l'on pouvait compter sur elles. Nous pouvons être fiers de la réaction de la filière viticole, de cet élan collectif digne, cela fait chaud au cœur." Pour Jean-Marie Fabre, "il faut profiter du projecteur braqué sur le département pour essayer de faire cohabiter le monde agricole et les protecteurs de l'environnement, souvent en opposition."

Laurence Durand


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