Vœux de pérennité pour l'agriculture

Publié le 16 janvier 2019

Le président, Jérôme Despey, entouré d'élus de la Chambre d'agriculture de l'Hérault, lors de la cérémonie des vœux le 4 janvier.

Le président de la Chambre d'agriculture, Jérôme Despey, présentait le 4 janvier ses vœux pour l'année 2019, avec le souci de répondre aux enjeux de l'agriculture de demain.

La période de vœux se mêle cette année à la préparation du scrutin de renouvellement des membres de la Chambre d'agriculture, qui se tiendra fin janvier. Jérôme Despey, son président, a donc profité de cette cérémonie pour bien sûr présenter ses vœux, mais également mettre en avant son action en six années de présidence de la Chambre héraultaise. Après avoir chaleureusement salué et remercié les élus et collaborateurs qui ont évolué à ses côtés au cours de son mandat, Jérôme Despey a souhaité démarrer son intervention par un soutien particulier "à la filière viande, de l'éleveur au boucher, attaquée par des campagnes médiatiques en référence aux actions conduites par les pro-vegan". Outre ces actions chocs, l'année 2018 aura par ailleurs été marquée par les intempéries - neige, sécheresse, fortes pluies – subies par la profession agricole. "La Chambre d'agriculture s'est mobilisée dans la gestion de crise aux côtés des agriculteurs sinistrés, sans oublier la filière conchylicole, qui a encore payé un lourd tribut suite à un nouvel épisode de malaïgue", a rappelé Jérôme Despey, ajoutant "une pensée toute particulière pour les agriculteurs de l'Aude et de l'Ouest de notre département, fortement touchés par les violentes pluies". Les dégâts dus au gibier inquiètent également le président, qui annonce "rester vigilant quant à l'application du protocole d'accord signé en 2018 avec le président de la Fédération des chasseurs". Jérôme Despey a ensuite exposé l'état des lieux du secteur agricole dans le département. Le Projet agricole départemental Hérault (PADH) 2020, lancé en 2013, est un axe fondamental de sa politique depuis le début de sa présidence. Ce projet, qui visait à "consolider le potentiel de production de la ferme Hérault à travers 6 000 entreprises agricoles responsables et créatrices de valeur", a livré en décembre des indicateurs qui ont conforté le président de la Chambre quant à la pertinence de sa mise en œuvre. "Depuis cinq ans, les surfaces agricoles et le nombre d'exploitations professionnelles sont stables. L'emploi salarié dans la production augmente. De 2015 à 2017, le nombre d'installations est en progression, à hauteur de 300 par an. Ce qui place l'Hérault au-dessus de la moyenne nationale. C'est un indicateur crucial de la vitalité économique agricole.”

Quatre enjeux cruciaux pour l'agriculture de demain

L'avenir reste toutefois teinté d'incertitudes pour les agriculteurs. Aussi, Jérôme Despey met en avant quatre enjeux majeurs pour l'avenir de l'agriculture, au premier rang desquels le critère économique. "La création de valeur pour l'exploitation doit être le nerf d'une politique agricole", souligne-t-il, rappelant ensuite "l'importance du prix dans la rémunération d'un producteur. Les ordonnances en cours de la loi EGA, relatives à la construction du prix d'achat, doivent donc aller jusqu'au bout.” Mais peu de perspectives peuvent se dessiner pour l'agriculture sans la préservation du foncier agricole. Jérôme Despey fait de ce sujet son deuxième enjeu, en particulier pour les terres à fort potentiel et irrigables. Face à l'urbanisation, maintenir le potentiel de production et préserver les possibilités d'installation sont les défis pour lesquels il s'engage sur une ligne ferme. "Je défendrai l'agriculture et ses agriculteurs. Mais pour réduire la consommation du foncier agricole, l'appui de l'Etat est crucial", déclare-t-il, faisant référence à la loi de 2014, obligeant les aménageurs à éviter, réduire ou compenser les impacts. Et d'ajouter que le dispositif des compensations agricoles devra être mobilisé pour recréer du potentiel de production, avec au passage, un tacle pour "les compensations environnementales au profit desquelles nous ne pouvons tout accepter.

Olivier Bazalge


HéraultVœux Chambre d'agriculture Jérôme Despey