Une nouvelle bergerie pour le Mas d’Aussel

Publié le 05 octobre 2018

Le 17 septembre, Lucas Mialane recevait sur son exploitation Jérôme Despey, président de la Chambre d’agriculture, et Brigitte Singla, présidente du syndicat des éleveurs de l’Hérault.

A la tête du Mas d’Aussel, Lucas Mialane élève des ovins de race Lacaune pour la viande, et vient de construire une nouvelle bergerie au Caylar. Il a été victime d’une attaque de loup en mai dernier.

A 29 ans, Lucas Mialane est jeune éleveur d’ovins viande sur la commune du Caylar, au Mas d’Aussel, et fait de l’agnelage. Installé depuis avril 2017, il vient de refaire entièrement sa bergerie. “J’ai entamé la réfection des bâtiments il y a peu, et installé mes brebis en février dernier.” Le nouveau bâtiment s’étend ainsi sur 630 m2 pour la bergerie, et il bénéficie de 400 m2 de bâti pour le stockage du fourrage à proximité. Auparavant, le terrain était utilisé par un berger transhumant. C’est une exploitation familiale. “J’ai repris la ferme de mon grand-père”, raconte Lucas. Celui-ci a arrêté l’élevage en 1985, et vendait son foin au berger transhumant, qui a bénéficié des anciens bâtiments pendant près de dix ans. Son cheptel compte environ 300 brebis et agneaux de race Lacaune. 

Une exploitation de 330 ha de landes et parcours

“Je vends mes agneaux en Label rouge, 100 jours sous la mère. Je réalise deux agnelages par an : en mars-avril, et en mai-juin, ce qui me permet de proposer deux lots d’agneaux par an à la vente.” Son exploitation s’étend sur 370 hectares, avec 40 hectares de champs cultivables pour le foin et les céréales. Les 330 ha restants sont des landes et parcours pour nourrir les bêtes. “J’ai clôturé tout mon parc pour protéger le troupeau des attaques de loups, car j’ai été victime d’une attaque en mai dernier”, explique Lucas. “C’était en pleine journée. J’étais à côté et j’ai perdu une brebis. C’est mon chien qui a réussi à le faire partir.” Par chance, deux gardes étaient présents dans les environs pour une attaque similaire sur une exploitation avoisinante. Ils ont pu constater les dégâts de suite. Lucas a pu faire une demande d’aide pour acheter un chiot patou. Il a ainsi obtenu 240 euros. Mais à fin septembre, il n’avait encore reçu aucune indemnisation suite à cette attaque.
Sur l’exploitation, Lucas travaille seul, mais il fait encore appel à son grand-père pour sortir les bêtes au petit matin et lors du dernier agnelage en juillet, il a embauché sa femme pour l’aider.
Il a fait ses armes en tant qu’ouvrier agricole dans plusieurs exploitations de la région, dans une ferme de brebis laitières notamment, près de Clapiers, avant de s’installer sur l’ancienne propriété familiale. Son parcours : un BEP et un bac pro au lycée agricole de Saint-Affrique (dans l’Aveyron), et un BTS à Albi pour se perfectionner dans les systèmes d’exploitation.

Bientôt un croisement avec des races plus bouchères

Pour parfaire son élevage, Lucas a prévu, dès le printemps prochain, de croiser ses brebis de race Lacaune en utilisant l’insémination artificielle. “Je garderai des agnelles de pure race Lacaune, car elles sont plus résistantes sur les landes et parcours et mieux adaptées au terrain. Pour les agneaux destinés à la viande, je croiserai avec des races plus bouchères.” En effet, “la race Lacaune a un gros défaut, les agneaux ne sont pas très dégourdis à la naissance”. Cela lui permettra d’avoir des agneaux mieux conformés de race bouchère. “Car les agneaux sont achetés en fonction de leur morphologie, et les races du Sud sont moins conformées.”
Pour la vente, il destine au moins 75 % de ses agneaux à la Sica 2G, une coopérative basée à Valence-d’Albigeois (Tarn), estampillés Label rouge ‘Lou Paillol’. Il souhaite développer la vente directe en parallèle. La Sica 2G vient chercher les agneaux le lundi sur plusieurs exploitations environnantes. Ils sont ensuite transportés vers l’abattoir de Castres et abattus le lendemain. “Pour les brebis, cela m’arrive de réformer. Cette année, je devrais en avoir plusieurs à renouveler,” détaille Lucas.
Pour monter sa nouvelle bergerie, Lucas a bénéficié d’une aide à l’investissement PCAE (plan de compétitivité et d’adaptation des exploitations) financée à 50 % par la Région, d’un montant de 50 000 euros.

Anne-Solveig Aschehoug

 

Lég : Le 17 septembre, Lucas Mialane recevait sur son exploitation Jérôme Despey, président de la Chambre d’agriculture, et Brigitte Singla, présidente du syndicat des éleveurs de l’Hérault.


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