SVG : Perpétuer une certaine tradition syndicale

Publié le 31 janvier 2019

Fort de "plus de 500 adhérents, dont 19 caves coopératives", précise Xavier Fabre, au centre, le SVG est encore trop jeune pour présenter une liste aux élections Chambre. "Il faut cinq ans d'ancienneté syndicale", précise le porte-parole. Âgé de "seu

Le 17 janvier, les vignerons du SVG ont fait leur rentrée, pour réaffirmer leurs positions et les combats en faveur de la viticulture locale. Avant de donner rendez-vous aux adhérents pour l'assemblée générale du syndicat, le 1er février à Remoulins.

La lutte syndicale en héritage. C'est sous le signe du combat viticole régional, et surtout gardois, que le SVG compte placer sa prochaine assemblée générale, le vendredi 1er février, à 15 h 30, à la Maison des associations de Remoulins. La défense de la viticulture et la transmission d'une certaine idée de la lutte en région, tels étaient et sont les buts affichés par le Syndicat des vignerons gardois. A cette occasion, un film, "Le Midi viticole" (de Yannick Seguier) sera projeté, avant d'évoquer les grandes luttes viticoles marquantes du siècle dernier. Les crises, malgré des contextes différents, perdurent. Et en dépit d’une population viticole moindre et une mobilisation logiquement moins massive, "on se bat toujours", a annoncé Xavier Fabre, le porte-parole.

Fraudes : la lutte syndicale en héritage

En 2019, les fraudes et autres tromperies au consommateur seront encore malheureusement à l'ordre du jour, à en croire les plaintes et les affaires en cours. Trois plaintes avec constitution de partie civile ont été déposées, et sept signalements transmis aux services des fraudes. Dans le cadre d'une plainte déposée contre Intermarché de Caissargues, l'audience a été repoussée du 18 décembre au 26 juin... Un report mal compris par le syndicat. Quant aux 10 millions de bouteilles de rosé maquillées en vin français, "on ne sait pas où ça en est", fait savoir Nicolas Boudon. Le SVG a d'ailleurs déposé une nouvelle plainte après le repérage d'une bouteille de gris vendue à Leader Price, mis en bouteille par les Vignerons de Cabrié, à Teyran (Hérault). Or, sur la contre-étiquette, il est indiqué que le vin est issu de la Communauté européenne. Si la démarche est "borderline", estime Xavier Fabre, c'est la mention "vin de France" (VDF) qui apparaît sur le ticket de caisse, avant celle de la CE, qui est suivie de la mention “Produit de France”.

Du côté des rayonnages, "les enseignes ont joué le jeu, c'est plus clair", admet le vigneron. Certains responsables de magasins ont même reconnu que leurs chiffres de vente aux rayons vins avaient augmenté, indique le syndicat, grâce à une meilleure visibilité pour les acheteurs. Mais le combat continue, notamment grâce à la veille des adhérents et des neuf référents de secteurs que compte le SVG, qui se chargent de faire remonter aux fraudes de la Région toutes les anomalies repérées en caisses.

Pas d'accompagnement pour sortir des phytos

Pour mettre un terme à une situation "absurde" suite au vote à l'Assemblée nationale, le 28 décembre, de la taxe RPD (Redevance pour pollution diffuse) dans le cadre de la loi de finances 2019, des membres du SVG ont rencontré ce 17 janvier les fournisseurs de produits phytosanitaires agricoles du Gard. "Depuis cinq mois, on entend tout et son contraire", a expliqué Xavier Fabre. "La redevance servirait à financer l'Agence de l'eau, qui doit ensuite financer les pratiques dites de verdissement. Mais on a du mal à tracer l'argent", critique le vigneron. D'autant que les taux plafonds de certains produits phytosanitaires varient désormais de 0,9 € à 9 €/kg, alors qu'ils étaient jusque-là plafonnés à 5,10 €/kg. Les distributeurs concernés n'ont eu la liste de ces nouvelles taxes "que depuis le 15 janvier, alors que le texte était valable depuis le 1er janvier", s'interroge Xavier Fabre au sujet d'une philosophie vantant le retrait des phytos, mais sans réel accompagnement. "Le gouvernement matraque !" Le SVG compte ainsi mener des "actions communes" avec les distributeurs du département. D'ici là, peut-être que Xavier Fabre aura réussi à rencontrer Carole Delga pour évoquer avec la présidente de la Région Occitanie le sujet des producteurs labellisés Sud de France, peu regardants sur la provenance de certains vins, notamment ibériques... "Il y a du ménage à faire."

Philippe Douteau


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