Pépinière viticole : Plein phare sur notre savoir-faire !”

Publié le 09 novembre 2018

En 2018, 232 millions de plants ont été mis en œuvre au total sur la campagne. Nouvelle Aquitaine et Paca sont les deux régions qui produisent le plus de plants (24% et 23 %).

Le 16e congrès de la Fédération française de la pépinière viticole s’est tenu à Beaune, les 24 et 25 octobre. Pour les 250 professionnels présents, l’enjeu est de créer de la compétitivité et de la communication pour pérenniser leur filière.

“Ce congrès s’inscrit dans la compétitivité, thème central sur lequel nous avions lancé, il y a deux ans, la professionnalisation de notre métier, et pour laquelle nous bâtissons différents outils”, annonçait, le 24 oc­tobre dernier à Beaune, David Amblevert, président de la FFPV, Fédération française de la pépinière viticole, devant ses pairs et des représentants de la filière ‘vin’. Pour rappel, le plan de compétitivité sur cinq ans, avec plus de 6 millions d’euros d’investissement attribués dans les régions, permet d’investir dans du matériel réduisant la pénibilité et d’optimiser les coûts de production. Car, avec 232 millions de plants mis en œuvre, la France entend conserver sa place de leader mondial de producteur de plants de vigne, dont 93?% sont issus de sélection clonale. “Cette sélection offre une sécurité sanitaire qui garantit notre potentiel de production. Nous sommes la minorité silencieuse : grâce à cette sélection, nous pouvons affirmer qu’il y aura encore du vin dans ce pays”, déclare David Amblevert.

Inquiétudes

Mais pour le président, la compétitivité revêt plusieurs visages. Elle est aussi réglementaire, et le président s’inquiète de l’évolution du nouveau passeport phytosanitaire européen (PPE). “Correspond-il encore aujourd’hui à nos exigences ?”, interroge-il. “Nous avons un an devant nous pour être force de proposition devant le ministère de l’Agriculture, car il y a aujourd’hui un problème d’interlocuteur”, prévient le président.
Autre point d’inquiétude : la suppression de la taxe de redevance au con­trôle des bois et plants de vigne. “Demain, FranceAgriMer sera-t-il capable de maintenir ce contrôle en France ? Nous avions négocié une prospection de 750?ha, quid de sa pérennité ?”, interroge le président, qui estime l’expertise terrain indispensable pour renforcer la garantie sanitaire. À l’heure du lancement de la marque collective, l’enjeu est donc de la conserver. “Nous en appelons au soutien de toutes les instances viticoles pour maintenir, ou évoluer, vers un contrôle privé.”
Par ailleurs, toujours sur le plan de la compétitivité, la profession reste vigilante quant à l’évolution de sa fiscalité, qui pèse sur le coût de la main-d’œu­vre. “Nous avons été très préoccupés par la possible suppression de la TODE”, reconnaît Pierre Denis, trésorier de la FFPV, qui revient sur les dernières actions de la fédération. “Cela nous impacterait à hauteur de 10?centimes le plant, et 7 à 8 centimes le porte-greffe. Finalement, nous apprenons que le dispositif sera maintenu à 115 % du Smic, au lieu de 125 %, en revanche, ce n’est pas une mesure incitative en faveur de l’emploi des saisonniers, ni de leur fidélisation”.

La marque collective est en marche

Enfin et surtout, la compétitivité sera construite grâce à la marque collective : à ce titre, la pépinière viticole s’engage pour plus de sécurité, en lien avec ses clients viticulteurs. L’association, tout juste créée pour la gérer et dont le nom sera dévoilé dans quelques semaines, intègre pour cela quatre viticulteurs au sein de son conseil d’administration. “C’est une véritable évolution?!”, reconnaît Marie-Catherine Dufour, chargée de mission IFV pour la marque. Les sélectionneurs français font aussi partie du conseil d’administration. “La nouvelle marque s’appuiera sur une marque forte, Entav-Inra. Nous connaissons le sérieux de la sélection et de la création variétale française”, déclare-t-elle.
Le bureau de l’association a été présenté aux congressistes : le président est Giovanni Varelli, le secrétaire Christophe Raucaz et le trésorier Jean-Michel Dumont. Les adhésions seront validées par vote du CA. L’association loi 1901 a créé son site internet :  www. lmcpvf.ovh, où sont communiqués les tarifs. Pour les pépiniéristes, le montant sera plafonné et fonction du nombre de plants mis en œuvre. Pour les producteurs de porte-greffes et greffons, il sera forfaitaire, afin d’encourager leur adhésion. Le modèle économique, voulu indépendant des subventions, fonctionnera à condition que l’adhésion soit massive. Si la situation économique de la filière bois et plants de vigne apparaît favorable, “c’est lorsque la situation financière est bonne qu’il faut investir”, conseille Bernard Artigue, président de la Chambre d’agriculture de Gironde et vice-président de l’APCA, aux personnes qui hésiteraient à adhérer à la marque collective.

Miser sur l’environnement, la communication, la formation…

 À l’occasion de ce 16e congrès et en avant-première, un film de promotion a été diffusé à destination des futurs adhérents. La préoccupation environnementale est d’ailleurs un des premiers éléments clés de communication apparaissant à l’image. “L’axe envi­- ronnemental est primordial pour demain”, confirmera par la suite Giovanni Varelli. “Nous menons de nombreux essais depuis cinq ans, pour améliorer la qualité de nos plants, mais également réduire notre impact environnemental. Un grand projet de revalorisation de nos déchets est étudié, au travers de différents débouchés, tels l’ensilage, l’emploi en combustible pour les hauts fourneaux, l’utilisation comme agent de biocontrôle…” La prochaine journée technique du 27 juin 2019, à l’Inra de Colmar, sera l’occasion de rendre compte des résultats des essais conduits. “L’objectif est d’intégrer dans le cahier des charges de la marque, déjà disponible, ces nouvelles données, au fur et à mesure de leur obtention.” En 2019, le travail sera axé sur le rayonnement de la marque, puis en 2020, les premiers gros volumes de plants seront disponibles à la commercialisation. La valorisation attendue est de 3 à 5 % sur le prix du plant.
“Nous sommes en carence de communication ! Cette marque valorisera le savoir-faire existant, mais plus que cela, elle augmentera nos connaissances en matière de prospection. C’est surtout plus de transparence par rapport aux viticulteurs, donc une meilleure communication entre nos deux métiers”,
déclare Pierre-Marie Guillaume, directeur des pépinières éponymes. “La certification validera notre transparence”, résume Giovanni Varelli.

 

Cécile Poulain

 

 

 

 

 


Viticulture/oenologiePépinière ; vigne-mères; pépiniéristes ; marque