Les pépiniéristes viticoles s’interrogent sur la marque Origine France

Publié le 16 janvier 2019

L’essentiel de l’assemblée générale était dédié à la marque Origine France, dont le nom définitif sera lancé en février.

Marque Origine France, avenir du service bois et plants de vigne de FranceAgriMer, plan dépérissement, cépages résistants… Les dossiers abordés ont été nombreux lors de l’assemblée générale des pépiniéristes viticoles d’Occitanie, le 19 décembre.

“2018 aura été une année compliquée, car les plantations ont été tardives pour les plants de vignes et les boutures greffables. Nous espérons que 2019 sera plus clémente au niveau de la météo”, a indiqué le président des pépiniéristes viticoles d’Occitanie, Éric Bourguet lors de l’assemblée générale qui s’est tenue à Lézignan-Corbières (Aude), fin décembre.

L’essentiel de l’assemblée générale était dédié à la marque Origine France, dont le nom définitif sera lancé en février : “C’est une force de communication, pour mutualiser nos compétences, qui doit permettre de renforcer la confiance. Elle a pour objectif de tirer vers le haut la pépinière viticole française. Ce signe de sécurité, de proximité et de services est un enjeu essentiel de notre compétitivité.”

La marque Origine France, un pari sur l’avenir

Pierre-Denis Tourette, secrétaire général de la Fédération française de la pépinière viticole (FFPV), a présenté les différents travaux liés à la mise en œuvre de la marque collective nationale Origine France. “Le congrès de Beaune a permis de lancer la marque Origine France, afin d’apporter une plus grande valorisation de notre métier”, a-t-il déclaré. “Nous comptons sur vous pour faire vivre cette nouvelle marque collective, ce gage de qualité.” Il est d’ailleurs prévu un programme de formations pour les pépiniéristes qui souhaitent entrer dans la démarche. “Nous avons réalisé un sondage auprès de 300 viticulteurs : ils sont 90 % à vouloir plus de sécurité sanitaire, 60 % sont sensibles à l’origine France, et 50 % sont prêts à payer plus pour des différences justifiées en matière de qualité et de sécurité sanitaire.” Cet outil commun offre une garantie sur le standard de production. “Le gros avantage, c’est que nous allons maîtriser notre cahier des charges, pour ne plus dépendre de directives européennes.”

La fédération espère recueillir des adhésions de pépiniéristes à la marque collective dès cette année pour pouvoir communiquer sur l’outil. “Nous aurons ainsi des greffons et porte-greffes sous marque dès 2019, pour avoir des plants en 2020. Il ne s’agit pas d’un deuxième contrôle au-dessus de celui de France-AgriMer. Un organisme de certification, Bureau Veritas, s’appuiera sur le contrôle de FranceAgriMer. À terme, il s’agira d’avoir une redevance au plant commercialisé sous marque.”

Dans la salle, les réactions ont fusé. “Sur le terrain, c’est le prix qui intéresse les vignerons, le coût de cette marque collective nationale est assez important... En Languedoc-Roussillon, nous avions lancé une marque “Pampréa”, mais cela n’a pas fonctionné”, déplore un pépiniériste.

Pierre-Denis Tourette souligne : “Il ne s’agit pas de créer une marque pour faire du prix, cela ne fonctionne pas. La réussite de cette marque passera par sa visibilité à court terme. Quel cahier des charges pour quels avantages ? Il s’agit d’apporter des garanties supplémentaires, car le vigneron investit sur une période longue. La base de départ de la création de la marque, c’est le plan national de dépérissement du vignoble.”

Loïc Breton, directeur général des pépinières VCR, rappelle : “Nous travaillons avec succès avec la démarche Entav-Inra. Si on met une autre marque sur le marché, cela va troubler les vignerons. Et si une maladie entre sur le territoire, tous les pépiniéristes seront atteints. C’est toute la difficulté d’une démarche de marque collective. Dans le cas de la marque Pampréa, nous avions un soutien fort, mais le viticulteur n’a pas suivi... Ce budget de communication serait plus intelligemment employé pour voir apparaître de nouvelles obtentions et créer de nouvelles variétés résistantes...” Pierre-Denis Tourette réagit : “Nous avons nos marques propres. Certains ont déjà un outil de veille sanitaire en marche. Cette marque est un pari sur l’avenir, notamment si FranceAgriMer se désengage des contrôles. Il faut évoluer, et nous allons pouvoir maîtriser notre propre cahier des charges et garantir une filière française fiable.”

Anne-Solveig Aschehoug


Viticulture/oenologie