Les Domaines Auriol : l'engagement vers le bio

Publié le 12 octobre 2018

Le négoce des Domaines d’Auriol propose d’accompagner ses fournisseurs dans la démarche de conversion bio, d’un point de vue technique, juridique et financier.

Partis du postulat que consommer un vin en conversion bio pouvait être un acte citoyen, les Domaines Auriol, situés à Lézignan-Corbières, se sont fixé le défi d'accompagner leurs partenaires dans la transition vers l’agriculture biologique et la biodynamie. Le tout, formalisé par un contrat, présenté à la presse le 27 septembre au Bistrot La Nautique à Narbonne.

Le savoir-faire en vins bio est historique et ancré dans l’ADN de la famille Vialade. La démarche bio a été initiée par le père, Jean, dès les années 1970. Leader charismatique du mouvement viticole du Midi, président de la cave de Ribaute et directeur du château de Pech-Latt, il a fait de Ribaute, le 1er village européen 100 % bio. C’est depuis le fief familial des Corbières, que Claude Vialade, sa fille, a fondé la SAS les Domaines Auriol, en 2000. "Dans un souci de répondre à la demande des marchés, et afin de rester leader dans le segment bio, et de ne pas abandonner la place au profit de pays concurrents, - comme notre région a malheureusement su le faire pour le marché des vins de table ou des vins allégés en alcool -, les Domaines Auriol ont toujours œuvré pour une viticulture de demain, respectueuse de l'environnement." Ils proposent une large gamme de crus, de vins biologiques, biodynamiques, et de vins sans soufre ajouté. "Notre maison participe activement à la transition écologique, avec pour objectif de consacrer la région Occitanie, comme première région européenne de vin bio," explique la présidente, Claude Vialade, qui propose d’accompagner ses fournisseurs, en réinventant ce qu’elle appelle "l’artisanat industriel". "Nous apportons notre expertise pour aider à la compréhension du processus de la conversion, par un accompagnement technique et commercial, sur cinq ans." Thomas Verdeil est directeur achat vins et production : "Si à l'origine, les vins bio étaient demandés en Allemagne et dans les pays scandinaves, le mouvement s'est généralisé. En France, les chiffres de demande sur le bio, enregistrent une progression à deux chiffres. Les Pays-Bas et le Royaume-Uni s'y sont mis également. On observe une augmentation de la demande et un déficit de la récolte : il faut donc accélérer le rythme des conversions."

La transition vers la certification AB

L'engagement des Domaines Auriol s'effectue à plusieurs niveaux : des conseils techniques, réglementaires et juridiques, un soutien financier (en prenant en charge une partie des frais de conversion), un suivi régulier par les œnologues, une commercialisation et une garantie de prix sur 5 ans. "Un œnologue est dédié à cette mission, ainsi qu’une assistante viticole sur les problématiques administratives. Plusieurs visites techniques sont planifiées avec le vigneron. C’est un accompagnement conjoint œnologue/ingénieur agronome de Sudvinbio. Durant les deux premières années de conversion, la charge financière de cette mission de conseil sur le terrain est prise en charge par les Domaines Auriol à hauteur de 50 %. Nous proposons un contrat sur cinq campagnes. La particularité réside dans le fait d’une rémunération garantie dès la 2e année de conversion," explique Thomas Verdeil. "Mis au point par la filière AB, le nouveau label CAB identifiera les vins en deuxième et troisième année de conversion bio. Pour utiliser ce label, le vigneron doit adhérer à un organisme de certification bio, en appliquer les principes et les règles, notamment en fournissant des analyses exemptes de résidus phytos, respecter la charte interprofessionnelle Sudvinbio, être basé en Occitanie, et adhérer à l'interprofession," précise Claude Vialade. Les vignerons inscrits dans cette démarche présenteront aux consommateurs une identification visuelle des vins en conversion, une parfaite traçabilité et un message : "en achetant ce vin en conversion, vous aidez un vigneron à la transition vers le bio, vous accomplissez un acte citoyen". Pour les vignerons, cet accompagnement fait l'unanimité, à l'image de Patrick Mazzoleni, du château Moujan, de l’appellation la Clape : "Je me suis installé, il y a 8 ans. Je suis un passionné de vignes, mais la commercialisation, ce n'est pas mon truc ! Je donne toute la responsabilité commerciale de mon exploitation aux domaines Auriol, pour me consacrer à l’expérimentation en biodynamie et cépages résistants de mon vignoble." Même satisfaction du côté de Thierry Guibal, vigneron au domaine de Bannières à Castries : "On attend ce contrat avec Auriol, qui nous permettra de continuer d'accroître le domaine, de me décharger de la partie commerciale et de me focaliser sur l'agriculture en biodynamie. La commercialisation, c'est un temps plein ; surtout que ces trois dernières années, nos rendements ont été fortement réduits, en raison de la grêle, de la sécheresse et du mildiou cette année." Emmanuelle Alias, est chargée de mission adhérents à Sudvinbio : "Cette démarche défend les intérêts de la filière viticole. Il faut palier le manque de vins bio, et développer des marchés nationaux et internationaux. Nous menons une réflexion commune avec les metteurs en marche."

Ciceron, jardin des vignes rares

"J'avais en tête de créer le vignoble de l'avenir, prenant en compte une économie durable, le réchauffement du climat, et la défense de la planète avec la raréfaction de l'eau", indique Claude Vialade, en évoquant son terrain d’expérimentation grandeur nature de 10 hectares.  Depuis 2010, sous son impulsion, le château Ciceron est devenu un domaine expérimental, associé avec l'Inra du domaine Pech-Rouge à Gruissan. "En adaptant les clones, les porte-greffes et les cépages à chaque typologie de sol, nous amenons les grappes à une pleine maturité avec une dose homéopathique d’eau, apportée au printemps, au moment du passage de la fleur au fruit. Nous œuvrons pour une viticulture de demain, dynamique, garante de croissance harmonieuse, inscrite dans la beauté des paysages, apte à sédentariser, en milieu rural, nos populations et à y développer tourisme et œnotourisme de qualité."
En parallèle, Claude Vialade lance So Light, une collection de vins de cépages allégés en alcool, et moins caloriques, pour satisfaire les consommateurs aspirant à une hygiène de vie plus saine et un mode de vie équilibré. Les dernières innovations des Domaines Auriol portent sur une gamme de vins vegans et de vins nature, sans soufre ajouté. Une collection est en cours d'élaboration sur les cépages résistants, sur les cépages endémiques locaux et les métis. La 4e génération des Domaines Auriol se profile avec l’arrivée de Jordi Salvagnac, l’un des fils jumeaux de Claude, qui a intégré l’entreprise, il y a deux ans. Il est en charge des ressources humaines et du marketing. L'une des dernières innovations des domaines est de développer des bag-in-box de 2,25 litres, ainsi qu'une collection en plastique recyclable.

Laurence Durand

 


AudeAgriculture biologique ; biodynamie ; négoce