L’UDM a bien géré l’exceptionnelle faiblesse de la récolte 2017

Publié le 07 février 2019

André Mercier, président de l’UDM, et Daniel Faure, directeur général, ont présenté le bilan de l’exercice 2017-2018, lors de l’assemblée générale du 25 janvier.

L’Union des distilleries de la Méditerranée (UDM) tenait, le 25 janvier, son assemblée générale à Palavas-les-Flots. En toile de fond cette année, la gestion bien négociée d’un exercice 2017-2018 marqué par une exceptionnelle faiblesse de la récolte.

Les récoltes se suivent sans se ressembler. Et lorsque des aléas affectent les volumes de raisins vendangés, les apports enregistrés dans les distilleries sont directement touchés. “Le millésime 2017 restera historique, au pire sens du terme”, décrit en préambule André Mercier, président de l’UDM. “Les aléas climatiques (gel, grêle, coulure…) et leurs conséquences ont considérablement pesé sur les volumes de production. La baisse inédite s’est répercutée logiquement sur notre activité.” Avec 37 millions d’hectolitres collectés sur l’exercice 2017-2018, la récolte française n’avait jamais été aussi basse depuis 1944. Ce déficit d’approvisionnement s’est particulièrement illustré dans les différents sites d’implantation de l’UDM, à l’exception du Beaujolais : 23 % de baisse pour le Gard, 20 % dans l’Hérault et l’Aude, 17 % en Ardèche. La distillerie du Beaujolais a pu tirer son épingle du jeu, et enregistrer une hausse de 9 %, la région ayant été peu marquée par les aléas climatiques. “Après dix ans, notre rapprochement stratégique avec la distillerie du Beaujolais a pris tout son sens en cette année critique. Ce partenariat a permis de dégager des marges additionnelles significatives, et d’alimenter le site de Vallon-Pont-d’Arc pour désengorger la distillerie du Beaujolais”, poursuit André Mercier. La collecte totale des marcs au sein de l’UDM s’est donc élevée à 88 980 tonnes lors de cette campagne, contre 115 163 tonnes en 2016-2017.

Baisse des volumes, hausse des prix…

Effet mécanique ou non, les niveaux de prix à la hausse ont permis de compenser pour partie cette large diminution des volumes. “L’année 2018 est clairement marquée par un affolement des marchés”, situe Daniel Faure, directeur d’UDM. “Les niveaux historiquement bas des récoltes en Europe ont créé une pénurie sans précédent.” Les produits commercialisés par l’UDM et ses filiales ont ainsi connu des hausses importantes, le cas du tartrate de calcium illustrant cette tendance de manière spectaculaire. Son cours a été très impacté par cette petite récolte 2017, avec une inflation galopante, qui a élevé son prix moyen à 3,28 € au cours de l’exercice contre 1,45 € l’année précédente. “La hausse du prix de ce produit, qui a été multiplié par deux sur l’exercice 2017-2018, est également causée par un retrait de la Chine par manque de produit”, précise Daniel Faure. Les prix du MCR (moût concentré rectifié) ont explosé, passant de 3,45 € à 5 € entre le début et la fin de l’exercice. Les alcools neutres, destinés aux vins doux naturels (VDN), se sont stabilisés à un niveau de prix élevé, tiré par une forte demande à l’export, et les eaux-de-vie ont suivi la même tendance haussière. Même sur des produits comme les polyphénols et les colorants, pour lesquels la demande ou les prix pouvaient apparaître en retrait ces dernières années, les résultats ont été satisfaisants. A noter également l’engouement certain pour les biocarburants de 1re génération, qui offrent une excellente perspective d’avenir, la France en produisant beaucoup moins que ce qui y est consommé.

…et hausse du chiffre d’affaires

“Grâce à notre stratégie commerciale pertinente et ces cours favorables, le groupe UDM a très largement compensé cette perte de volume importante”, se félicite Daniel Faure. Avec un montant de 22,18 M€, l’UDM atteint donc son chiffre d’affaires le plus élevé des cinq dernières années, pour un résultat de l’exercice positif à 177 000 €. Malgré la baisse de leur récolte, les adhérents peuvent même trouver une source de satisfaction dans ces bons résultats, qui leur offrent une redistribution de 3,2 M€ de rémunérations, entre autres grâce au versement de primes qualité pour la 6e année consécutive.

Olivier Bazalge


Viticulture/oenologieDistillerie Union des distilleries de la Méditerranée UDM alcool eaux-de-vie tartrate